‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 89 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Un ouvrier fabrique , eu général , deux souliers et un quart de soulier par jour; il exister Paris 3 1,000 cordonniers inscrits au bureau déplacement, ce qui supposeroit une fabrication de 34,876 paires de souliers par jour, et par conséquent une valeur de main d'œuvre, pour les ouvriers, de 69,760 fr., et pareille somme pour les cordonniers entrepreneurs, en payant huit fr. la paire de souliers. Ces valeurs restent les mêmes , soit qu'on travaille des souliers ou des bottes.

Mais comme on ne peut pas supposer que les 3j,ooo cordonniers soient tous en activité, par rapport aux maladies, à l'inaction quelquefois forcée , ou aux dérangemens , on peut borner le travail à celui de a 5, 000 ouvriers, ce qui réduit la fabrication à 28,125 paires de souliers , la main d'oeuvre des ouvriers à 56,25o fr. , et les bénéfices des entrepreneurs à pareille somme.

28,125 paires de souliers, à 8 fr., font, par jour, un produit de 225,000 fr. ; et, pour 3oo jours de travail, 67,500,000 fr., dont moitié représente la valeur de la matière première, et l'autre moitié celle de la main d'œuvre et des bénéfices , y compris le^

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Ôn chamoUe aussi des peaux de moutou , d'agneau et de chevreau qui servent à (aiie des gants qui se lavent ; c*est ce qu^on oonnoit sous les noms de gants retiUiiUés od castors.

I^s peaux d'agneau et de chevreau qu'on emploie à la mégisserie , se tirent de France et d'Italie, principalement des états de Toscane , de Rome et de Naples : on en importe aussi du Piémont , qui sont très-eslimées; mais la sortie en est prohibée , et l'on s'en procure difficilement.

La seule mégisserie de Grenoble travaille 45 à 5o mille douzaines de peaux d'agneaux ou de chevreaux; celle de Milhau, eaRouergue, fait plus que le double; celles du Chaylard et d'Annonay, dans TArdèche , jouissent d'une grande réputation surtout pour la blancheur qu'elles donnent aux peaux.

La parcheminerie , la maroquinerie , la chagrinerie, font subir aux peaux des opérations qui , en les appropriant à des usages particuliers, leurs donnent une nouvelle valeur ; et , diaprés les états qui nous ont été fournis, on peut porter le produit de tous ces arts réunis à une somme de i a,ooo^ooo francs.

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ARTICLE XIV

Des Teintures et Fernis.

Pour connoitre toute l'importance de Tart de la teinture, et apprécier, avec autant d'exactitude qu'il est possible d'en mettre dans ces sortes de matières , la somme d'argent qu'il produit , j'ai cru devoir né^ gliger les renseignemens fournis par l'ad^ ministratioh , et suivre une marche qui me paroî^ devoir mener plus directement au but.

En conséquence, j'ai pris la moyenne de la valeur des drogues tinctoriales qu'on importe annuellement , et j'ai calculé celle des productions de notre sol et de notre industrie destinées à la teinture ; j'ai déduit, de ce premier résultat, le montant de celles qui sont exportées en nature , et il m'est resté une somme de 2$, 11 7,960 fr. , dont l'indigo, la cochenille, l'alun , la garance , les bois de teinture , la couperose , forment plus des deux tiers.

En évaluant ensuite les dépenses en combustible , main d'œuvrc , location , etc. , auxquelles donnent lieu les opérations de tein-

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