CHAPITRE
que M. de Morainville , qui a entrepris la filature du liu avec succès.
Le tissage des étoffes ne devoit pas faire les mêmes progrès, parce qu'il étoit déjà plus parfait que les autres opérations ; cependant l'adoption de la navette volante, qui accélère le travail , qui fatigue moins le tisserand , et économise la main d'œuvre d'un homme dans la fabrication des tissus larges, formera époque dans les annales du progrès des arts.
L'industrie françoise a porté §es améliorations jusque dans les plus petits détails de la fabrication des étoffes : nous étions tributaires de l'étranger pour ces cartons lustrés, dont on se sert pour mettre les draps sous ' la presse , avant que MM. Gentil , de Vienne , en Dauphiné, et Doulzals , de Montauban»
en eussent enrichi leur pays.
On dégraissoit autrefois les draps par le moyen de la terre argileuse , aujourd'hui on emploie l'urine et la potasse , et, par ce moyen , on abrège l'opération de plusieurs jours; les couleurs s'avivent par ce nouveau procédé, et on n'a plus Tinconvénient de trouver de la terre dans l'étoffe, ce qui arrivoit souvent.
DE LINlIIISTniË FRANÇOISE.
Les nouveaux tissus de hiine qui se fabry queat en France, depuis trente ans, sont 1^ suivans :
r Casimirs ,
Draps légers de fantaisie ,
Draps mélangés de pinne-marine ,
Ribbs ,
Pattend-cord ,
Duvet de cygne,
Sati-vigogne ,
Etoffes dont la chaîne est en coton et la trame en laine,
Tissus croisés pour robes et pour schals , \ en laine de mérinos ;
Les mêmes, en laine de cachemire;
Draps-tricots.
Chacun de ces tissus offre une variété infinie dans les qualités et les prix, et présente au consommateur tout ce qui peut satisfaire son goût , ses facilités ou ses caprices. Quelques-uns appartiennent exclusivement à notre industrie , tels que les sati ■ vigognes que M. Ternaux a été le premier à fabriquer, à Sedan, avec des laines de France ; et ces beaux tissus de mérinos pour schals, robes et gilets, dont la fabrication s'est tellement étendue et perfectionnée que ses produits