‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 97 sur 203 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

intérêts, ne doit avoir pour but que de favoriser la production ; sa richesse est en raison de la matière imposable, et cette dernière ne s'accroît que par une protection éclairée. C'est moins la quotité de l'impôt qui pèse sur une nation que la manière dont il est établi ; lorsqu'on taxe la matière de l'industrie , ou qu'on enlève à l'agriculteur tout le fruit de son travail , on tarit la source de la reproduction , et , alors , ni l'étendue du territoire, ni l'industrieuse activité des habitans ne peuvent former la prospérité publique.'

Le gouvernement doit être convaincu d'une vérité consacrée par l'expérience , c'est que les sacrifices qu'il fait pour encourager l'agriculture , le commerce et l'industrie rentrent dans le trésor ^vec usure; les droits de consommation , les transports, les transactions doublent ses revenus; et les impôts ne sont plus perçus sur les premiers besoins de l'habitant, mais sur Texôédant et le superflu.

Protéger la propriété , faciliter les approvisionnemens de l'industrie, favoriser la production , là se borne l'action du gottrernement S'il veut s'immiscer dans les moyens

arS DE LiffDUsrHiE Françoise.

de fabrication, influer sur les achats etj«8 ventes, régler les transactions, il ne peut qu'entraver l'industrie et nuire à ses intérêts ; le .système des réglemens de fabrication a suspendu, pendant uu siècle , les progrès de nos manufactures : les Anglois, qui se sont affranchis tie cette servitude, nous ont devancés dans la carrière , et se sont emparés peu à peu de tous les débouchés, eu offrant des produits qu'il nous étoit^défendu d'imiter: quelques exemples suffiront pour établir cette vérité.

La fabrique d'Amiens avoit un grand débouché de ses produits en Espagne et eri Portugiil ; les réglemens prcscrivoicnt vingt- Irois pouces de largeur à leurs étoffes. Les Anglois varièrent les dimensions d'après le goût et le besoin du consommateur, el obtinrent la préférence.

Les sempiternes .formoient un objet conr sidérable de notre commerce dans les po^ sessions portugaises et espagnoles : les réglemens avoient voulu qu'il y eût iSao fils à la chaîne; les Anglois réduisirent le nombre à l'iGo et même à laoo, offrirent à plus bas prix, et nous fermèrent ces débouchés.

Dans le Forez, des villages entiers étoient

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