CHAPITRE I. 2 I
bestiaux bien soignés, etc. Une partie des profits qu'il parvient à réaliser, chaque année, est employée en améliorations pour ses cultures, tandis que l'autre est versée dans les ateliers de l'industrie : de là vient que, quoique l'industrie ait triplé ses produits, et que leur exportation ait diminué, la consommation en est toujours assurée.
Le bien-être du paysan forme le véritable luxe d'une nation ; car celui-ci, loin de borner l'industrie à quelques objets futiles , vivifie tous les canaux de la prospérité publique.
II ne suffît pas au gouvernement d'encourager l'agriculture et de faciliter les approvisionnemens nécessaires à l'industrie, îl faut encore qu'il protège la propriété au dehors et dans l'intérieur du royaume.
Vers la fin du seizième siècle, et surtout dans le dix-septième, lorsque nos relations commerciales ont reçu une grande extension, on a cru devoir nommer des agens pour faire respecter les propriétés du commerce partout où notre pavillon avoit pu pénétrer : on a fait construire des forts sur quelques points , pour s'y mettre à l'abri du pillage et des insultes. Le commerce étoit
ai4 i>E l'industrie frinçoise.
tellement pénétré du besoin d'être protégé, que celui de Marseille voulut salarier les consuls françois, dans les échelles du Levant , pour avoir plus de droit à leur protection.
On a vu le commerce s'exiler successivement de l'Afrique, de l'Arabie, de la Perse et de l'Asie mineure , autrefois couvertes de villes florissantes, parce qu'il n'y avoitplus de sûreté. M. Poivre, qui avoit beaùcoap voyagé et très-bien observé , assure qu'il n a vu de pays véritablement prospères que ceux où la liberté et la sûreté se trouvent réunis. Smith n'hésite pas à dire que la certitude que chacun a , en Angleterre^ de jouir des fruits de son industrie et de son commerce, et Tim possibilité où est le gouvernement d'attenter à la propriété de qui que ce »oit , ont fait plus de bien au pays que toutes les fausses mesures de l'administration n'ont pu lui faire de mal.
Mais la garantie de la propriété ne se borne pas à punir des vols, à faire respecter les transactions, à assurer une justice prompte pour tous les délits; elle n'existe que là où la liberté de l'industrie est conisacréç , où le manufacturier peut fabriquer
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comme il veut et ce qu'il veut, et disposer à son gré du produit de son travail (i).
La propriété n'est garantie que là où Iç gouvernement se montre esclave de la foi promise ; les entreprises ne se forment que d'après l'état de la législation existante où les promesses de l'administration ; changer la première ou ne pas tenir la parole donnée, c'est compromettre la fortune de Tentrepreneur, tromper sa confiance, et éteindre toute, émulation.
La propriété n'est garantie qu'autant que la législation est stable : un gouvernement ne peut élever ou abaisser ses droits de douanes qu'au préjudice de l'un et à l'avantage de l'autre. La versatilité déjoue toutes les combinaisons de l'industrie , et produit la défiance et le découragemeilt ; mieux vaudroit peut-être une législation imparfaite mais stable > que celle qui varie, chaque jour, selon les caprices de l'autorité ou les besoins du trésor; le commerce et l'industrie sauroient au moins à quoi s'en tenir. On se rappelle avec effroi ces temps malheureux où la
(i ) Vojez l'excellent Traité d* Économie poUiiquo 4fi J« 6. Say.
Si6 i>c L'r^DcsnjE rRATÇoiSE.
légnlatioa Tarioît cTapr» le seul intérêt it la politique ; les opérations industrielles et ooflunerciales n*étoîeot alors c|a*oii jea de
Legooremement doit être coiiTaiiicn que tons ses actes influent plus oa moins directement sur la prospérité de Tindoslne : ctosr là même qui t parussent les plus étrangers peuTcnt la compromettre : la révocation de redit de ]!f antes nous eu fournit un exemple déploiable : à cette époque, les artistesont cm deiroir s*eûler d^une patrie qui ne garantissoitpas la plus sacrée de toutes les propriétés , la conscience. Une colonie îles ouTiicrs de Lyon a porté l'industrie de la soierie en Angleterre ; des Cibricans d^acier et de fierblanc se sont établis dans le Xord; des manu£aicturiers de chapeaux , de serges , de bonneterie, etc., se sont réfutés sur les bords du Rhin : les établissemens d'^Miérrerie et d^horloe^rie , la culture du tabac et des bons légumes datent, en Prusse, de cette époque. En un instant on a tu dispgtfoître ou partager au moins, ayec des nations Toisines, tout ce que Colbertavoit réuni de prospérité industrielle en France.
Un gouToncment qui connoit ses Trais