‹ De l'industrie françoiseChapitre 114 sur 138 · CHAPITRE II. 2o · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 2o

'fVlans les terres sèches et peu profondes, où les coupes se font tous les huit ou diK ai:is , ne produisent, par arpent, que 7 à 8 francs par an. D'ailleurs l'estimation sur laquelle je fonde mon calcul, s'accorde avec le produit qu'a obtenu la régie, pendant vingt-cinq ans, sur ;a, 393,500 hectares dont elle avoit Tadministration. Ces 2,393,5oo hectares ont fourni , année commune, 45 millions bruts.

Comme ces 2,393,5oo arpens forment à peu près le tiers des forêts de la France, notre évaluation est conforme au produit qu'une administration éclairée a obtenu pendant vingt-cinq ans , et paroît mériter toute confiance. Elle se rapproche encore beaucoup de l'état présenté en 1816 , par la direction actuelle : il lui reste ,1,171,238 hectar^^ de forêts qui ont produit 1 9,988,503 fr. f cette quantité représente, à peu de choses près, le sixième de la totalité des bois que possède la France : ainsi , en supposant que les coupes annuelles se vendent en proportion , dans toute l'étendue de la France , le produit seroit de 1 19,931,018 , au lieu de i4i millions qui est le résultat de notre évaluation ; mais il faut observer que, dans le nombre d'hectares de bois qui ont été mis en vente par

ao4 i>E l'industrie Françoise.

l'administration forestière en 1816, il est resté 2,464 hectares, et 6,400 arbres invendus j d'où il résulte que, si la yen te avoit été entière, le produit se seroit élevé , d'après le prix moyen des ventes faites, à a 1,448,7 54 francs , au lieu de dix-neuf.

On ne peut qu'être étonnés d'après cela y qu'Arthur Young ait estimé le produit annuel de nos bois à 817,600,000 francs dans '^^ÊÊ un temps où le combustible étoit bien moins cher qu'aujourd'hui : M; Lavoisier ^ avoit porté à une valeur de 120 millions

la consommation de bois qui avoit eu lieu en 1789 ; et , comme le prix a augmenté depuis cette époque , il ne paroi tra pas étonnant Ijp'on l'évalue aujourd'hui à i4ï544o>ooo fr. La coupe des bois de futaie présente, par arpent, un produit bien plus considérable; mais si l'on considère que ces coupes n'ont lieu, que tous les cent ans , terme moyen , et qu'on a payé les impositions du sol chaque année , on verra que le revenu annuel équivaut tout au plus à celui d'un bois taillis.

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