CHAPITRE Ht. ÎI
base le prix des journées ; car, enfin, le père de famille qui travaille toute l'année, fournit à tous ses besoins par le seul produit de ses journées. Or le prix moyen des journée^ dans les campagnes est de i fr. 25 cent. , ce qui fait 3^5 fr. pour 3oo jours de travail :
d'oii il résulte qu'on peut évaluer la nourriture des trois millions de familles , vivant sur leurs domaines , à 1,1^5,000,000 fr. (i)
On m'objectera, peut-être, que cette évaluation n'est pas assez forte ; mais je prie d'observer, 1*^. que ce prix de journée suffit pour les familles qui souvent habitent les villes, où elles payent un loyer , 1^ bois , et l'octroi sur le vin et la viande ; ce qui n'a pas lieu dans les campagnes. 2°. Que dans les départemens où la presque totalité de la nourriture consiste en châtaignes, sarrasin, orge, seigle, maïs , ou en laitage, pommes déterre et légumes, cette somme, quelque modique qu'elle paroisse, est au-dessus delà
(i) Je n'at pas dû comprendre dans cette évaluation la dépense de la nourriture des hommes qui travaillent temporairement , parce que je Tai déjà estimée en parlant des frais qu'occasionnent les récoltes du vin , des grains et des fourrages.
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dépense réelle. 3**. Que dans ces familles , il y a une moitié d'enfans.
On peut ajouter à toutes ces observations, que, dans presque toutes les campagnes, on* exerce quelque autre genre d'industrie pendant que les travaux de l'agriculture sont suspendus. Ici, on file le chanWe, le lin, la laine ou le coton ; là , on tisse des étoffes. L'agriculteur profite souvent de cette interruption, dans lest travaux, pour employer ses chevaux aux transports pour le compte d'autrui; il porte ses blés, ses fourrages, à des marchés souvent éloignés, et augmente la valeur quenous avons fixée à ces denrées.
Tous ces bénéfices , qu'on ne peut pas comprendre dans les produits de l'agriculture , ajoutent néanmoins aux moyens d'existence de l'agriculteur ; et il peut, dès lors, augmenter sa dépense alimentaire, sans prendre, sur la valeur de ses productions agricoles, une somme plus forte que celle que nous avons établie.
On peut appliquer les mêmes observationSi à l'ouvrier qui travaille à journées, si la femme et les enfans se livrent, de leur côté , à quelque occupation lucrative.
Pour connoître la valeur de l'avoine et des fourrages qui servent à la nourriture de*