‹ De l'industrie françoiseChapitre 137 sur 138 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de ralimcnt, il faut que restomac puisse en tirer la quantité de matière nutritive nécessaire pour réparer les forces et maintenir l'existence de IHndividu qui s'en nourrit.

En partant de cette idée-mère, le célèbre Lagrange a comparé les différens degrés de vertu nutritive que possèdent les végétaux employés comme alimens , et il a déterminé, de la manière la plus ingénieuse, la proportion du principe nutritif entre ces diverses substances et le blé; il a fait la même opération pour toutes les matières animales qu'il a réduites , par ce moyen , à la viande dé boucherie ; et il a déduit , de ses comparaisons , le résultat suivant : C'est qu^il faut l'équivalent de s56 kil. de blé et de 73 kil. de viande, par an, pour nourri» un homme.

Ainsi , quels que soient les alimens consommés par l'habitant des campagnes , il faut qu'ils fournissent, en matière nutritive, la même quantité que celle existant dans les poids de blé et de viande ci-dessus spécifiés , la seule différence est donc dans le poids , plus ou moins considérable, selon la proportion qui existe entre le principe essentielle, ment nutritif et les autres matières qui entrent dans la composition de l'aliment.

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Mais ces principes ne peuvent pas s'appliquer à Testimation de la valeur que pré sentent les divers alimens, parce que le prix vénal n'est pas proportionné à la qfuantité du principe nutritif qu'ils contiennent. Les châtaignes , par exemple, nourrissent , presqu'à l'égal du blé , sous le même poids; et la différence dans le prix est énorme : il en est presque de* même pour le sarrasin , le maïs et les pommes de terre.

Les mêmes objections se reproduisent contre ceux qui ont voulu déterminer la valeur de la consommation en alimens par la quantité de blé nécessaire pour nourrir un* individu, et qui ont multiplié la moyenne de la consommation par le nombre connu iJ'babitans. Cette évaluation pourroit être exacte, si tous se nourrissoient de blé; mais la France comprend plusieurs départemens où la châtaigne est presque le seul aliment de l'habitant; il en est d'autres, où c'est le maïs ; d'autres , où c'est le sarrasin, et enfin un grand nombre où le pain de seigle ou d'orge est la principale nourriture.

Il me paroi t qu'on peut arriver à une détermination plus précise en prenant pour

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