‹ De l'industrie françoiseChapitre 18 sur 138 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

et linons , nos serges , nos toiles et notre draperie fine, nos cuirs apprêtés , nos eauxde-vie, ont été successivement recherchés ; les soieries, l'horlogerie, les bronzes dorés ont eu le même sutcès ; mais la domination de l'Angleterre , et les habitudes contractées depuis un siècle, n'ont pas permis que notre commerce prît en Portugal une grande importance ; et il lui a été constamment impossible d'y établir des relations durables et de se lier , comme on dit , par des affaires suivies.

Comme Ids vins du Portugal forment la principale production de son sol , le gouvernement anglois les reçoit dans ses ports , moyennant un droit qui n'est pas la moitié de celui que payent les vins de France ; de sorte que la presque totalité passe en Angleterre où l'on donne en échange des produits fabriqués. Cettedifférencedansles droits établis sur l'importation des vins en Angleterre, a dû exclure tous nos vins ordinaires qui auroient pu y entrer sans cela en concurrence avec ceux du Portugal; le privilège accordé à ces derniers en assure la consommation d'une manière presque exclusive , en même temps qu'il force le commerce portugais à

aO DE l'industrie FRANÇOISE.

extraire de la Grande-Bretagne les produits de son industrie pour se payer de ses vins.

Cet état de choses doit exister tant que l'Angleterre continuera à imposer nos vins au-dessus de ceux du Portugal ; et dans cette position nous ne pourrons jamais fournie à la Grande-Bretagne que quelques qualités supérieures qui n'appartiennent qu'à notre sol, ce qui n'est rien en comparaison de ce qu'on pourroit y porter. Ce système du gouvernement anglois , produit un double effet également nuisible à notre commerce :

le* premier, de fermer un débouché à la principale production de notre territoire ; le second, d'empêcher que nos relations commerciales avec le Portugal deviennent aussi étendues qu'elles pourroient l'être.

Malgré les entraves que les liaisons de l'Angleterre avec le Portugal mettent à notre commerce , l'intérêt des deux pays est tellement lié, qu'on a pu réduire nos relations commerciales, mais non les anéantir.

En 1787 nos exportations pour le Portugal se sont élevées à une valeur de 3,935,200 fr., qui se composoit de 1,306,900 francs en blé, 70,000 francs en thé, io8,5oo francs en légumes , 46,000 francs en goudron et

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