CHAPITRE II. II
résine, 797,500 francs en étofïes et bonneterie , et le reste en objets divers de notre industrie.
Les importations en France ont été , dans la même année, de la valeur de 9,207,600 fr. ; elles consistoient en vins, fruits, cacao, poivre, cannelle, girofle, laine, soie, filoselle, cuirs , bois de teinture , huile de poisson et coton. Ce dernier article y figure pour la somme de 2,410,400 francs.
En 1788, les exportations de France pour le Portugal présentent un résultat de 4,21 3,600 francs, dans lequel les blés sont compris pour 1,6949^00 francs, les cuirs apprêtés pour 100,000 francs, les toiles de lin pour 4469 100 fr. , les draps potir 27,300 fr. , les tabacs pour 27,800 francs.
Les importations faites en France dans la même année, sont un objet de 9,1 53, 106 francs , et présentent tes mêmes articles qu'en 1787.
En 1789, il y a eu pour 3,107,000 francs d'exportations de France pour le Portugal , presque tout ea objets de fabrique, tels que toilerie, rubannerie de soie, bonneterie^ tissus de soie , de laine , etc. ■
Les importations en France ont été à peu
la DE L INDUSTRIE FRANÇOISE.
près les mêmes que dans les années précédentes.
Quoique nos exportations ne balancent pas les importations dont elles forment à peine le tiers , le commerce de la France avec le Portugal nous étoit très-utile en ce qu'il consistoit principalement dans l'échange de quelques objets de notre industrie contre des matières premières ; et il pourroit devenir très -étendu, si jamais cette nation se dégageoit des liens qui l'asservissent à l'Angleterre.
Les porcelaines, la bijouterie, les meubles, la passementerie , les toiles , les draps , les cuirs travaillés avoient obtenu, en Portugal , une grande faveur dans un temps où notre industrie étoit encore loin de la perfection où elle est arrivée; et je ne doute pas que noYis ne parvinssions à y établir aujourd'hui des relations solides et durables , quand je considère que la France lui présente un jdéboiiché plus étendu pour ses denrées coloniales que ne peut faire l'Angleterre qui a, dans ses possessions, une grande surabondance de la plupart de ces objets.
La translation du siège du gouvernement portugais à Rio-Janeiro a déplacé les intérêts
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commerciaux de l'Europe avec le Portugal :
c'est vers les riches contrées du Brésil qu'il faut les diriger aujourd'hui. Toutes les nations seront admises sans doute à y porter leurs marchandises pour en extraire les productions du sol ; la concurrence dans les ventes et dans les achats sera toute à l'avantage de ses habitans; et ce pays doit parvenir à un grand degré de prospérité par la nature et la qualité de ses denrées, pourvu que le commerce y reste libre.
Dans ce nouvel état de choses, le commerçant portugais qui a ses comptoirs , ses habitudes et d'anciennes liaisons au Brésil, doit y trouver des avantages sur ceux des autres nations de l'Europe ; et son gouvernement , en lui accordant ces faveurs légères dont tous les souverains font jouir leur propre pavillon , peut lui conserver un commerce étendu et prospère, (i).
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(i) Je nourrissois ma pensée de cet espoir consolant pour notre cozun:ierce avec le Brésil; je croyois k; moment arrivé où le souverain de ce3 états alloit ouvrir
ses ports à toutes les nations, et établir une concurrence utile à ses peuples ; vaine illusion ! le commerce anjgloisa obtenu, par l'ordonnance du iSjuin 1814, un avantage jle, neuf pour cent sur les marchandises
S6 DE L^INDUSTRIE FRAÎ^ÇOISE.
No» exportations pour le Piémont consistoient en vins, eaux-de-vie, liqueurs , huile d'olive , sel , poissons de toutes sortes , café , sucre, coton, laine,. cire, cuirs apprêtés, cochenille , indigo, verdet, fil et objets manufacturés de toute espèce. «
Eh 1788V ces exportations se sont élevées à la valeur de 19,206,600 francs , les produits mapiufacturés y sont coxppris pour la somme de 9,070,900 francs.
En 1788, l'exportation a été de 18,863,700 francs, dans laquelle somnie les tissus sont compris pour 3,670,900 fr. , et la verrerie, la mercerie , la quincaillerie , la bijouterie , l'horlogerie , les dorures , les cuirs apprêtés , pour €elle de 2,324,800 francs.
En 1789, l'exportation a donné un total de 18,874,000 francs , y compris les étoffes pour 9,562,000 francs.
On voit, d'après ce tableau, que les exportations sont à peu près dans la propor* tion des trois quarts avec les importations : mais quoique le Piémont paroisse avoir l'avantage de la balance , son commerce étoit très-profitable à la France ; car, indépendamment de nos produits manufacturés et autres objets d'industrie dont le Piémont
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consommoit pour 12 à i3 millioris par an, nous en tirions des matières premicres qui, élaborées dans nos ateliers , acquéroient entre nos mains une valeur triple: i5 millions de soie extraite du Piémont, présentent une valeur de 3o à 4o,ooo,ooo fr., dès qu'on Ta convertie en tissus.
Les événemens qui sont survenus depuis trente ans, doivent apporter quelques changemens dans nos relations commerciales avec le Piémont : les sels qu'il tiroit de chez nous lui arrivent aujourd'hui de Sardaigne; la réunion du territoire de Gênes lui donnera l'huile d'olive que la France fournissoit en grande partie ; la perte de Saint-Domingue et de rile-de-France ne nous permettra plus de l'approvisionner en denrées coloniales :
mais le commerce entre les deux nations peut être encore très - considérable , parce que la contîguité des deux pays et la nature de leurs productions établissent des rapports naturels d'intérêt que les événemens ne peuvent entièrement changer.
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