‹ De l'industrie françoiseChapitre 21 sur 138 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

grossière destinée principalement à nos manufactures, à nos savonneries, et à nos teintures en coton. Le chanvre, le riz, le blé, les fruits secs et verts formoient ensuite les objets les plus importans.

A l'exception de quelques tissus de soie et de velours, pour lesquels la fabrique de Gênes a conservé ,son ancienne réputation , nous ne tirions que très-peti de produits de son industrie.

En 1787, Gênes a importé en France pour une valeur de 10,7 16,800 fr. ; en 1 788 , pour 8,974>4oo fr. ; en 1789, pour 8,986,300 fr.

Nos principaux articles d'exportation pour Gênes étoient nos vins , qui formoient un objet d'un million à 12 cent raille francs ; le café, le sucre, les tabacs, les bois de teinture , les étoffes de drap , les drogues , les produits chimiques, etc. Mais il s en falloit de beaucoup que nos exportations pour Gênes balançassent, il y a trente ans, ses importations en France : elles ont été

En 1787 de 6,291 ,5oo fr.

1788^ .... de 5,766,400

1789 de 5,504)000

Il est à craindre que la réunion de Gênes au Piémont ne lui ôte aujourd'hui une partie

3o »E l'industrie PRA.lfÇOISE.

des avantages qu'elle tiroit de son état d'indépendance et de son ancienne organisation.

Gênes avoit , avant cette époque , une administration paternelle qui protégeoit son comnierce,une population hardieet industrieuse, fière encore de la gloire de ses ancêtres ; elle jouissoit de cette heureuse liberté qui rend capable des plus grands efforts , et anime tout un peuple du même esprit, du même zèle, du même intérêt; aujourd'hui, réunie à un royaume dont les habitans lui sont étrangers par les mœurs et les habitudes , elle sera obligée d'aUer implorer au loin une protection qu'elle trouvoit chez elle , tt elle recevra la loi commune, tandis que ses intérêts sont séparés de ceux du reste de la nation : je doute fort que ce nouveau régime puisse la soutenir au degré de splendeur où elle étoit parvenue.

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