‹ De l'industrie françoiseChapitre 22 sur 138 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Du Commerce de la France avec le Milanès

et la Toscane.

liE Milanès et la Toscane sont deux pays trèsriches paF la fertilité iiu sol ; les productions agricoles sont la base de leurs échanges commerciaux. L'industrie y a fait peu de progrès ; les fabriques travaillent pour la consommation des habitans,et on.en compte très-peu qui exportent leurs produits.

La France en a retiré constamment du blé, des huiles, du chanvre, des fromages, de la soie, du suif, des fers, des noix de galle, quelques tissus de soie, des toiles, de la bonneterie, des ouvrages en paille, des peaux , etc. Ces divers objets formoient les principaux articles de commerce ; le résultat s'est à peine élevé à 3 ou 4 millions à% valeur par an.

La France fournissoit , en échange , des vins , des fruits , des draps , des toiles , des i^oieries, de la bonneterie, de la quincaillerie , de la mercerie , des peaux apprêtées ^t des denrées coloniales.

La réunion du Milanès et de la Toscane

3a DE l'industrie FRANÇOISE.

à la France avoit établi un commerce considérable entre ces nations. Les importations se sont élevées, plusieurs années de suite, à 40,000,000 fr., et nos exportations à plus de 5o,ooo,ooo £r. ; mais cet état étoit forcé ; lltalie ne pouvoit alors commercer qu'avec nous ; elle n'avoit pas même la libre disposition de ses soies que nous ne pouvions pas employer en totalité; le système continental pesoit alors sur tous les pays asservis : aus^i je cite cette époque, bien moins pour en tirer des conséquences en faveur d'jin commerce libre et réglé, que pour faire connoître les ressources en productions agricoles de ces belles parties de l'Italie. Je ne serois pas étonné cepeïldant si cet état de contrainte , qui a duré dix ou douze ans , avoit des suites heureuses pour notre commerce ; on a pu y apprécier nos produits , en prendre le goût, en contracter presque l'habitude ; les relations y ont été de bonne foi et amicales de part et d'autre ; et je suis convaincu que , si nos communications avec l'Italie sont favorisées par les gouvernemens respectifs, nous devons y trouver aujourd'hui plus de ressources qu'au- , trefois.

Page 1