CHAPITRE IX
Du Commerce de la France avec la Russie.
La différence que la nature a établie entre les productions du nord et celles du midi , et le caractère particulier que le climat imprime , dans les deux pays , à celles qui sont de la même espèce, suffiroient seuls pour déterminer de grandes relations commerciales entre la France et la Russie. Ces deux nations, ne fissent-elles qu'échanger les produits de leur sol respectif, pourroient entretenir un immense commerce.
De tout temps , le gouvernement françois a senti cette vérité, et tous ses efforts ont tendu constamment à ouvrir des débouchés dans le nord, à notre commerce.
Le cardinal de Richelieu essaya , un des
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premiers, d'établir des relations commerciales avec la Russie , par un traité qui fut conclu avec le czar Michel.
Colbert créa, en 1669, une compagnie pour exploiter le commerce du nord pendant vingt ans ; mais les Anglois qui s'étoient frayés une route par le port d'Archangel , vers le milieu du seizième siècle , se trouvoient déjà en possession du commerce russe , et les efforts des François échouèrent contre les habitudes et le crédit que les Anglois s'étoient déjà acquis dans le pays.
Le régent profita du séjour de Pierre-le- Grand àParis pour lier les deux nations par le commerce : la mort de ce grand monarque ne permit pas de réaliser les projets qu'ils avoient arrêtés.
L'avènement d'Elisabeth au trône de Russie parut favorable pour renouer des négociations : les dispositions amicales qu'elle montroit pour la France paroissoient être d'un heureux présage ; mais le projet échoua, et la France fut sacrifiée à l'Angleterre.
Peu de temps après , Woronsoff signa un traité avec la ferme générale, pour la vente des tabacs de l'Ukraine. Des plaintes qui s'élevèrent des deux parts ,' sur l'inexécu-