CHAPITRE IX
tion des articles du traité , rompirent ce pacte , et établirent de fortes préventions contre nous. • %.♦*. •
La France a fait constamment de vains efforts pour donner à son commerce avec la Russie, toute l'étendue dont il paroissoit susceptible : toujours essayé , jamais établi , le commerce françois a été repoussé» par un concours de circonstances dont nous nous bornerons à rapporter les principales.
I*. La navigation de la Baltique et des mers du nord est pénible et périlleuse ; l'habitude et une connoissance approfondie de ces parages peuvent seules en surmonter les dangers. Dans les temps de nos plus grandes relations avec la Russie , on a vu constamment les vaisseaux hollandois , suédois y danois , hambourgeois , etc. , venir charger, dans nos ports, nos vins, nos huiles, nos eaux-de-vie, pour les porter dans le nord. Le nombre des vaisseaux françois qui passoient le Sund figuroit à peine à côté de ceux des autres nations : l'inexpérience que notre marine a de ces mers nous a donc forcés de faire intervenir des étrangers dans le partage des bénéfices de notre commerce ; ce qui a dû nécessairement le réduire.
a^ Les Anglois, qui depuis long-temps exploitoient le commerce de la Russie , s'é-
toient fait accorder 46&4H»i^^^^^ë^^ ^^ avan* tageux qu'aucune autre nation ne pouvoit entrer en concurrence avec eux : ils étoient autorisés à payer les droits de douane en monnoie du pays , tandis que les autres na* tions ptfiyoient en risdales, qui leur coûioient 270 cbpeks, et n'étoient reçues que pour l'jjo, ce qui donnoit au commerce anglois un énorme avantage pour le payement des droits.
3**. Ce privilège pouvoit être aboli, et il le fut en effet parle traité que négocia M. le comte de Ségur avec l'impératrice Catherine , traité très-avantageux à la France, et dont la révolution a suspendu l'exécution. Mais ce qui n'a pas été aussi facile à détruire, ce sont les habitudes commerciales contractées depuis long-temps entre les Anglois et les propriétaires de l'intérieur de la Russie: il suffit d'y connoître leur position respective pour s'en convaincre ; non-seulement les Anglois ont des maisons de commerce dans tous les ports de la Russie, et occupent tout un quartier de Pétersbourg , mais ils ont établi des comptoirs et formé des établissemens dans l'inté-