CHAPITRE XIX
les épiceries , le fer , l'alquifoux et les li« queurs»
Les bâtîmens françois y faisoieùt des chargemens considérables de riz.
"Nos exportations s'élevoient commune* ment à a millions et demi, et les retours formoient un objet d'environ 3 millions.
Les Échelles B£ Barbabie. Tripoli^ Tunis et Alger étoient les principaux points sur lesquels se dirigeoit notre commerce : il eût pu devenir très^florissant si les autorités locales avoient été plus éclairées, si le peuple y avoit été plus soumis et plus laborieux, si des lois plus stables et plus sévères y avoient garanti les propriétés et fait res« pecter les transactions.
La nature a tout fait pour ces pays : le climat et le terrain y sont favorables à toutes les productions, mais la plupart des terres y sont en friche, et les Arabes, dans le royaume de Tripoli , pillent et dévastent les récoltes. Les François qui avoient établi des maisons de commerce à Tripoli ont été forcés de les abandonner : les marchandises qu'on y envoyoit étoient presque toujours vendues à crédit^ les payemens devenoient incertains ; celles qu'on en exportoit étoient
1!à4 ^K l'industrie FRANÇOISE.
chargées, presque clandestinement, dans les rades foraines. Aussi le commerce d'envoi étoit-il borné à quelques ballots de drap, à quelques objets de quincaillerie , et à une foible quantité d'étoffes de soie. Le commerce en retour consistoit en orge , légumes, séné , huile , alizaris , dattes et barille. Les caravanes de Fezan se rendent deux fois Tannée à Tripoli et y vendent des nègres , de la poudre d'or, des dents d'éléphant, etc. Nos relations commerciales avec Tripoli de Barbarie ïi'ont jamais été que de 4^ à 5o jnille francs pour nos exportations, et de 3 à 4 cent mille pour les importations en France.
Le commerce a trouvé plus de protection à Tunis, aussi y étoit-il beaucoup plus considérable : les denrées du pays , qui consistent en blé , légumes , huile , laines , cuivre , cire , cendres alkalines , etc. , formoient de grandes ressources pour le retour de nos expéditions; et nous trouvions à y placer avantageusement des draps , de la cochenille, du vermillon, de l'indigo , du sucre, du café , de la laine d'Espagne , etc.
Il partoit régulièrement de Marseille pour Tunis i8 à 20 bâtimens par an ; le nombre s'en est élevé jusqu'à 8a, en 1787*