CHAPITRE XIX. laS
Tîos exportations pour Tunis étoieht d'un million , année commune , et les importations d'environ 5 millions.
Tunis possédoit autrefois une belle fabrique de bonnets de laine , dont on faisoit un grand ujsage dans l'empire Ottoman ; cette fabrication a été si bien imitée en France , que nous nous sommes emparés de ce commerce.
Les François avoient à Tunis, il y a trente ans , six maisons de commerce.
Le royaume d'Alger présente les mêmes productions que celui de Tunis , mais notre commerce y étoit moins considérable, parce qu'il n'y trouvoit pas une protection aussi constante. Nos envois en drap , cochenille , sucre, café, fer-blanc, fer en barres, peignes , etc., étoient d'environ 600,000 francs, et les retours d'un million.
La compagnie d'Afrique avoit le privilège exclusif du commerce avec la Galle , Bonne et le Colo. Cette concession lui étoit accordée moyennant une rétribution d'environ 80 mille francs qu'elle payoit au dey d'Alger; outre le privilège d'extraire les blés, la cire , la laine et les cuirs de l'intérieur de ces pays , la compagnie avoit encore celui
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de Ta pécQedu corail , dont le produit couvroit annuellement tous ses frais d'établis^ semens.
La province de Constantine fournit une immense quantité de blé; la compagnie en tiroit, dans certaines années, plus de cent mille charges. Il lui est arrrvé d'importer en France près de quarante mille quintaux de laine; cent quarante bâtimens ont été em-* ployés à ces transports.
Comme la compagnie d'Afrique importoit beaucoup plus qu'elle n'exportoit , elle soldoit l'excédant de ses retours en piastres.
On voit , d'après cet exposé rapide de nos anciennes relations commerciales avec les échelles du Levant et de Barbarie , combien ce commerce étoit étendu et avantageux à la France : environ deux cents bâtimens y étoient employés chaque année ; nos exportations consistoient, presqu'en entier, en produits de nos fabriques; les importations nous approvisionnoient des matières premières nécessaires à notre industrie et de divers objets de consommation ; l'excédant de la valeur des retours étoit soldé par des monnoies étrangères qu'un autre commerce, également avantageux, attiroit chez nous.