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CHAPITRE XX

Du Commerce françois dans les Indes orientales.

Les pays avec lesquels nous commercions par-delà le cap de Bonne-Espérance , étoient les îles de France et de Bourbon , rinde et la Chine. Ce commerce a joui d'une assez grande prospérité pendant un siècle, et il avoit pour nous l'avantage de fournir un débouché considérable aux produits de nos fabriques et de former de bons marins.

Le commerce des Indes orientales a été d'abord exploité par des compagnies privilégiées , et le résultat moyen des ventes calculé depuis 17^5 jusqu'en 1769, a été de 8,^76,337 fr. A cette époque, ce commerce devint libre , et la valeur moyenne des importations, déduite de sept années consécutives, fut de 20,294,000 francs.

Malgré cet avantage énorme du commerce libre sur le commerce privilégié , la compagnie fut rétablie en 1786. Le résultat de ses importations, pendant les deux années qui suivirent, a été de 41^769,000 francs , tandis

l3o DE l'industrie FRAirÇOISE.

que les retours arriérés du commerce libre, joints aux importations opérées par des particuliers qui avoient obtenu la permission d'expédier quelques bâtimens , s'élèvent, dans le même nombre d'années , à une somme de 63,557,ooo francs.

Le commerce libre avoit eticorfe un autre avantage sur le commerce privilégié : Ifes bâtiniens des particuliers e:icpôrtoient lih tiers ou moitié plus en produits de notre industrie que ceux de la coihpagnie.

D'après les événemens qui soiit survehus, le commerce des Indes orientales ne peut plus être le même pour notis : la perte de l'Ile-de-France nous prive d'une partie des denrées qui complétoiênt iios retours ; nos places démantelées, dépourvues d'une force suffisante pour faire respecter nos propriétés et mettre à couvert le commerce, ne présentent plus ni sûreté hî garilntie; l'immense population de ces vastes états , soumise presque en entier à l'Angleterre, nfe consomme que les produits qui lui sont fournis par la métropole ; de 3orte que nos vaisseaux ne peuvent aborder dans les ports de l'Inde, qu'en y apportant du numérail'e pour faire leurs achats.

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