‹ De l'industrie françoiseChapitre 97 sur 138 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Des feignes.

Le climat tempéré de la France lui a permis de planter la vigne dans presque toute l'étendue du royaume; et comme cette plante se plaît dans les terres arides et légères, on a pu mettre en valeur une grande partie du sol qui n'auroit pas pu produire d'autres récoltes.

La grande variété de climat , de température et de terrain que présentent les diverses parties de la France, a dû produire une variété de vins qu'aucune nation n'a pu égaler; et la culture de la vigne s'est tellement étendue, qu'elle a donné lieu à une exportation de vins et eaux-de-vie qui fait le principal objet de notre commerce en productions territoriales.

1^4 ^E l'industrie FRANÇOISE.

En calculant nos exportations pendant les trois années qui ont précédé 1790, nous voyons qu'à cette époque elles offrent un terme moyen de 3u,368,5oo fr. par année , pour les vins , et de 18,627,600 fr. pour les eaux-de-vie.

La division des propriétés , et surtout les défrichemens qui ont été opérés sur une immense étendue de terrain que le propriétaire laissoit autrefois en friche , et qui sont aujourd'hui plantés en vignes, ont prodigieusement augmenté cette culture depuis 1 789 ; et je ne crois pas me tromper en l'évaluant à un quart de phis qu'elle n'étoit il y a trente ans ; je crains même qu'on n'ait dépassé la mesure de la consommation du vin; l'expérience nous éclairera à ce sujet : les sept années qui ont précédé 181 8 n'ont pas pu nous instruire à ce sujet, attendu que les réooltes ont été très-médiocres dans le nord de la France; il faut attendre, avant de prononcer , deux ou trois années d'abondance générale. Au reste , si mes craintes sont fondées , on pourra rendre à la culture des céréales et des fourrages, surtout dans le nord, une quantité de très-bonnes terres , dans lesquelles on a planté la vigne.

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