CHEMINS DE FER
Le frottement des roues d’une voiture sur des rails de fer parfaitement de niveau est estimé à 1/10', et le frottement sur une route ordinaire à 7/10". Cet effet des rails de diminuer le frottement était mis à profit depuis longtemps dans le voisinage des mines, pour le transport des lourdes cbarges. Mais les cbemins de fer n’acquirent de l’importance que depuis l’application de la locomotive comme force de traction.
Les locomotives furent employées pour la première fois sur le chemin de fer de Darlington et Stnekton, ou-
(1) Dupin, loc. cil., p. S8.
DE l.’lNDLSriUE MODER.NE.
vert le 27 décembre 18*25; mais ce 11e lui qu’à l’ouverlure du chemiii de fer enlrc Manchesler el Liverpool que rimmense iuiporlaiicc de ce nouveau mode do Iransporl fut ideiiiement a|>prêciée (l).
L’ouverture du cliemin de fer de Maucliesler à Liverpool, el les résullals inalleudiis <[ui en furent la conséquence, luérilenl de prendre place parmi- les grands événemenls industriels de l’époque. Dans le prospectus publié par les entrepreneurs de celte ligne, on estimait le nombre des voyageurs à la moitié de ceux qui parcouraient à ce moment l’espace compris entre les deux villes, à cau^e derallrail que leur offrirait le bon marché du voyage, el les directeurs n’espéraient pas réaliser de celte source un revenu de pins de ‘20 000 livres sierlingpar an; mais le revenu sur lequel ils complaienl devait être le transport du coton, des marchandises, du charbon cl du bétail. Le résultat fut tout autre : c’est le nombre des voyageurs, sur lequel on ne comptait pas, qui devint la source la plus considérable de bénéfices (2). Ce phénomène inattendu s’csl présenté du reste partout, le nombre des voyageurs ayant pres<pie loiijours quadruplé entre deux points reliés par un cliemin de fer.
.àux États-Unis, les progrès des chemins rte for furent des plus rapides. Tandis qu’, à la fin de 18.13, l’Angleterre n’avait que 355 kilomètres do chemins do fer en exploitation, l’Amérique possédait déjà près de 1*200 kilomètres
(1) Mac Culloch, toc. cil., p. 1089.
(2) Porter, Progrest of the Nation. Londre*, tSSi, p. 328.
l)KS MACHIMS.
où la circulalion était on ploinc activité (1). Kn Amérique, le prix lie revient ne dépassait pas 100 000 francs par kilomètre; en Angleterre, le prix de revient par kilomètre, entre Liver|»oul et Manchester, s’élève à 800000 francs environ. Mais, en Amériiiue, la eonsirnetion des lignes est peu soignée (2).
En France, le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon inaugurait son service presque en même temps que le chemin anglais de Liver|)ool à Manchester. Le transport des voyageurs date du mois de juillet 1832. Sur les trois lignes ferrées de la Loire, la traction se fit longtemps par le concours simultané de machines à force fixe, do locomotives, de chevaux et de hæufs.
I-a Ilelgique et l’Allemagne entrèrent plus tard dans le système des chemins de fer, et laissèrent bientôt la France loin derrière elles par leurs progrès (3).
(1) A. Audigane, loc. cil., p. 107.
(2) Dans son Histoire et description des voies do communication nu.r AlaU-riiis (Paris, 1840), M. Michel Chevalier a fait connallro les premiers étahlissementsde ce genre créés aux Ëlats-l'nis. On tait que M. Michel Chevalier a été un des premiers en France à pressentir tout l'avenir des chemins de fer, cl à demander leur prompt établissement à une époque on les huinmcs alors au pouvoir soutenaient que les chemins de fer n'étaient bons qu'à servir d'amusements aux curieux d'une capitale.
Voyez, pour la construction des chemins de fer, VEnquéle (I.Mrl’sTRiE NéTXLLl'RGloi'E ), dépositions de MM. Emilo Pereire (t. Il, p. 204), Surell, Klachat cl Talabot. — Voyez également la déposition de M. Moiisselle (t. I, p. 34X) sur les chemins de fer en Angleterre.
(3) Voyez le Traite clémenlairc des chemins de /'.r, par M. Perdonnet (Paris, ISôb), ouvrage devenu aujourd'hui en quelque sorte classique.
Sous signalerons au lecteur qui désire faire par lui-même des recherches sur ces questions, la bibliothèque de la chambre du commerce de Paris. On y trouve réunis tous les ouvrages concernant l'industrie et le commerce. I.c
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l)F. 1,’lNDUSTRIE MOnERNF,
Le laltleau qui suit, extrait de rouvrage de M. Maurice lilock indi(|ue l’époque de la première concession et celle de la première exploitation des cliemins de fer dans les principaux jtays.