‹ De l'industrie moderneChapitre 23 sur 29 · IK2I · texte numérisé non relu

IK2I

France

Saint-Étienne à Andrezieux..

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Nuremberg à Furlh

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Villes libres

Brunswick à Oscherslebon. .

à CaalaUaiDara

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MÛiheim à Bade • . .

Ligne du Taunus

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Hanovre à Hildeabcini

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Heilbronn au lac de Constance.

Amsterdam à Harlem

Suède et Norvège.

Chnstiana au lac Mjüsen ....

Portugal

Lisbonne à Santarem

bibliolhccaire, M. nc»mareU, a fait avec une rare intelligence un catalogue par ordre de matières, qui est un guide précieux pour les personnes peu familières avec les rcelierehes dans les bibliothèques.

(t) Slalisliqtte de la France, par Maurice Block, t. ll,p, 271 . Paris, 1860.

DES MACHINES

Toujours d’après la slalisliipio de M. Maurice Block Q), voici ipicl serait le nonilire de kilomètres de cliemiiis do 1er concédés et exploités dans les tlivcrs pays :

Etats. longceius

CONCÊbËES. EXPLOITÉES.

Élals-L'nis S8 000 kilom. tl 000 kil.

HG70 7 558 3 577 A 695

Allemagne (Etats divers)

Belgique

Turquie.

Hollande

Danemark

Portugal

GA

Suède et Norvège

Grèce

.Sous l’impulsion donnée en France k tous les travaux publics par le gouvernement mipérial, les lignes de chemins de 1er, longtemps à l’état de projet, ontété exécutées, et bientôt, sous ce rapport, la France ne le cédera à aucun autre pays.

Il est remarquable qu’aujourd’bui l’esprit d’initiative et de progrès se trouve personnifié dans le gouvernement.

tÜ Loc, cU., t. 11. P. 273.

i)K i/iMJtsrnii; Moni nNF..

;î3ti

La France lui tloil une rêvolulion é<'ononii(|uo depuis longlcmps reconnue nécessaire , mais qu’une sorte d’inertie, conséijnencc de l’ij^norance des véritaldes conditions du développement de l’industrie, et la résistance de tous les intérêts timorés, avaient rendue impossiMe jusqu’A ce jour.

DKS MOYENS DK COMMl NlQl KR LA PKNSKK.

Clmque peuple, à quelque étal d’enfance ou île liarbarie qu’il possède une langue parléi*. I/écrilure esl le compléinenl de celte tacuUé d’exprimer fous les sentiments et toutes les pensées.

La plus ancienne écriture s’exprima par des images on des signes, soit naturels, soit arbitraires. Los caractères symboliques étaient les portraits grossiers des astres, des plantes, des animaux et d’autres objets naturels; les signes arbitraires étaient des ligures de pur caprice. L’écriture des divei’s peuples a varié à l’infini depuis les nœuds de cordes ou (juipus des anciens Péruviens ; l’écriture symbolique des sauvages du Canada cl des anciens Mexicains ; les hiéroglyphes ou signes arbitraires des Kgypliens; les caractères des Chinois, qui correspondent chacun A une idée, à une nuance de pensée ; jusqu’A l’invention de l’alphabet, par lequel le langage est ramené A des sons élémentaires et permet l’expression rapide des plus délicates nuances de la pensée.

DE r.’iNDrSTRIE MODERNE.

Les peaux des quadrupèdes, di(Tcreminenlpréparées;le linge, la soie ;les feuilles, le bois, récorce des plantes ; les os, l’ivoire, les pierres communes et imk’ieuses; les métaux, le verre, la cire, la craie, lcid;Ure,etc., ont fourni la matière sur laipielle autrefois on écrivait, ou sur laquelle on écrit encore.

\ Home, on employait le bronze dans les actes qui intéressaient des cités et des villes municipales. Les sociétés, les corps de métiers et les particuliers érigeaient quelquefois des tables et des colonnes, soit de marbre, soit d’airain, pour iterpétuer la mémoire de leurs statuts, privilèges et acquisitions (1). Les congés de soldats écrits sur des tablettes de cuivre, quoique assez rares, se trouvent dans les cabinets des curieux.

Les tablettes d’ivoire connues sous le nom de diptyques étaient très répandues, ainsi que les tablettes de bois toutes nues, sans enduit. Lorsque les tablettes n’étaient enduites ni de cire, ni de craie, ni de pldtre , la plume ou le pinceau tenaient lieu du burin ou du style.

En général, l’usage de graver les lettres, ou de les écrire sans liijueur, semble avoir précédé toutes les autres écritures. 11 se trouve encore des nations (|ui s’en tiennent à cette ancienne manière. Les montagnards de la province de Quei-cbeu, en Cbine, ont leurs caractères particuliers ; ils ne les forment point avec l’encre , mais ils sc contentent de les graver sur des tables d’un bois fort tendre (2).

Les livres de linge étaient d’un grand usage dans l’anti-

(t) Nouveau traité de diplomatique, 1. 1, p. 448. (2) Jbid.

DES MOYENS DE COMMUNIQUER LA PLNSt.E. S'il

quitc. La toile iournissail alors à l’i'crivain la même matière qu’elle continue d’oiïrir au peintre ; celle du lin était particulièrement employée.

L’usage des tables de bois était très répandu. La plupart de ces tables étant enduites de cire, il ne fallait qu’un style pour y tracer des caractères. L’usage des tablettes de cire s’est maintenu dans les livres de recettes et de dépenses jusqu’à ce que celui du papier de cliifl'on ait prévalu. Ce ne fut que lorsque les manufactures de papier établies en différents endroits curent rendu cette matière si commune et à un si bas prix, que les tablettes de bois enduites de cire furent abandonnées. Les mêmes tablettes servaient, il est vrai, à rinfmi. On effaçait l’écriture ancienne, qu’on retrouve souvent avec la nouvelle qu’on a oublié d’enlever entièrement. On n’en trouve pas de plus anciennes que les premières années du xiv’ siècle. Comme bientôt après celte époque on leur substitua des registres de parebemin ou de papier, on ne prit plus la peine de recouvrir les premières, fiue l’on conserva écrites.

Le papier d’Égypte, ou papyrus, tenait dans l'antiquité la place que le papier de chiffon a occupée dans les temps modernes. Le papyrus est un roseau très rare aujourd’hui, qui croissait dans les marais et dans les eaux dormantes du Nil. Pour faire le papier, on coupait la lige de la plante en deux parties égales dans sa longueur, et l’on séparait successivement, avec une pointe, les couches ou enveloppes intérieures de la tige. On étendait chaque feuille séparément, puis on collait deux feuilles l’une sur

DE E'1>DISTK1E MUDEHSE.

l’aulro, mais [ilacces de iiianièro (jiic Icm-s fibres rnssenl croisées. Lal'euille jirenail alors de la consistance. On ballail, jiressail el polissait cliaiine feuille. 0i> faisait des pièces do papier de toutes longueurs, en collant les feuilles à la suite les unes des .autres. Le papier était ensuite enduit d’iiuile de cèdre (|ui assurait sa conservaiion.

Les papyrus couverts d’écriture qu’on a Irouvésen ipiantité vraiment extraordinaire dans les monuments et dans les tombeaux do rancicnne Égypte, sont un des plus anciens témoignages de l’industrie et de la civilisation des hommes. Le papyrus servait aux actes et k toutes sortes d’écrits courants. <Juelques-uns des contrats écrits sur papyrus, (jui ont été retrouvés dans les ruines de rancienne Égy[de, renionleraienl aux temps antérieurs à .Moïse.

L’usage du papyrus sc répandit eu Orient, en Grèce et dans tout l’ancien monde civilisé. On fabriquait également le [tapyrus à Homo, mais l’Lgy pte continua à en produire de grandes ijuantités qui se répandaient partout. L’usage du papyrus se maintint pendant longtemps. Jus<|u’au viii*’ siècle, on écrivait encore les diplômes sur le papier d’Égypte, qu’on préférait sans doute à cause de sa beauté et à cause de son étendue 1 1).

Presque toutes les anciennes chartes originales de France et d’Italie sont écrites sur papier d’Fgypte. 11 était tellement à la mode sous les rois mérovingiens, que le parchemin n’y fut presque d’aucun usage pendant prés d’un siècle. Mais sur la lin du vii“ siècle, le parchemin

(1) Vaincs, l)i:li<mnaiio diplomatique, p. 103.

DIS MotiNs ni; covniuMui tu la Pi;\sf;E.

cüinm(‘‘nra à rcinplacer le papyrus, (|ui fut de plus eu plus aliandonné pendant le vin' siècle. A peine peul-on citer une cliarto des Carlovingiens sur papier d’Flgypte. Mais son usage se maintint en Italie pour les lettres missives. Les papes l’employaient encore au siècle suivant, lorsqu’ils accordaient leurs privilèges (I).

La plupart des papiers qualitiès d’ècorce d’arlire étaient réellement du pajiyrus d’Kgyple. Que l’écorce d’arlirc, et principalement de tilleul, ail été employée pour écrire, on ne |ieut en douter, mais l’écorce n’a jamais formé du papier comme le papyrus. C’est ainsi qu’on a prétendu que la charte de l’année 87(5, de la lîihliotlicque impériale, est écrite sur écorce d’arlirc : c’est tout au coiiraire une des plus belles feuilles de papyrus royal d’Égypte qui nous soit parvenue ('2).

L’usage d’écrire sur les peaux est si ancien, qu’on ne saurait en assigner l’origine. Hérodote dit que les Ioniens, è défaut de papier d’Égypte, se servirent de peaux de chèvre cl do mouton, cl que de son temps plusieurs barbares écrivaient encore sur ces sortes de peaux. On polissait les unes et les autres avec la [uerre ponce. Les premiers ouvriers en parchemin n’en savaient fahriipier (|uc du jaunâtre; on trouva à Home le secret de lui donner la blancheur. Les plus anciens manuscrits conservés jusqu’à présent sont sur parchemin.

(I) .VoHDcau Irailr de diplomatique, p. 492.

(î) Charte latine, publiée par l'Écule rojr.ilc des chartes en I83i.

DE 1,’lNDL'STRIE MODERNE.

Lo papier de colon remplaça peu à peu, en Grèce, le papier d’Égypte. Les antiquaires ne sont pas d’accord sur l’époque de ce changement. D’après Maffei, le fameux manuscrit de saint Marc, de Venise, qu’on a longtemps donné pour le texte original du saint Évangile, est sur papier de colon. D’autres, avec MonlfaXicon, disent que les plus anciens manuscrits sur papier de coton sont de 1050. 11 admettait que ce pai)ier fut découvert à la fin du ix' et au commencement du x' siècle , -parce qu’avant le xir siècle, il était généralement en usage dans l’empire d’Orient et même en Sicile. Dès celle époque, le papier de cette sorte devint encore plus en usage dans l’empire d'Orient, et l’on trouve dans toutes les grandes bibliothèques d’innombrables manuscrits grecs écrits sur ce papier.

ün éprouve le plus grand regret en songeant à la perle de tous ces manuscrits des anciens, dont un si petit nombre est arrivé jusqu’à nous. Les anciens possédaient beaucoup de manuscrits , on en a la preuve par une bibliothèque trouvée à llerculanum, ville ordinaire, contenant environ 2000 manuscrits. On a accusé à tort les compiérants barbares du Nord d’avoir détruit systématiquement les manuscrits par haine de la civilisation romaine. Ces accusations ne sont sans doute pas plus fondées que l’opiiiion (jui attribue aux Maures la destruction des bibliothèques d’Alexandrie. Les manuscrits se perdaient et se détruisaient naturellement par l’indilTérence, comme disparaissent les livres, les journaux de nos jours. Une cause de disparition des anciens écrits a été la coutume, répandue au moyen âge, de faire servir de nouveau les anciens

. nts MOYEJIS DE COMMUNIQUER LA PENSÉE. 54 )

jiaicliemins, en el1a(;anl l’écriluie ilonl ils étaienl couvcrls, polir les employer à des copies de nouveaux ou- . vrages plus conformes aux goûts du temps.

Depuis le XII' siècle, les Grecs s’avisèrent de gratlcr les écritures des anciens manuscrits sur parchemin pour y écrire des livres d’èglisc. Déjà les Latins, prcsf|ue entièrement privés d’industrie, avaient eu recoui-s à cette ressource encore plus tôt.

On avait néglige jusiiu’à ces derniers temps d’examiner ces doubles manuscrits, qui demeuraient ignorés dans les bibliothèques; mais l’attention ayant été attirée, on a découvert quelques précieux fragments, entre autres un manuscrit formé de pages confondues, à demi effacées, de la République de Cicéron, que l’on avait, dans le Vf siècle, croisées par une nouvelle écriture renfermant des commentaires de saint Augustin sur les psaumes (I).

On n’a trouvé à Pompéi aucun manuscrit complet, rien que des fragments. Un grand intérêt se concentrait sur une bibliothèque decouverte à Ilerculanum, et contenant environ 2000 manuscrits, parmi lesquels on espérait rencontrer quelques œuvres capitales perdues des anciens. Une recherche attentive des savants les plus éminents de l’époque a prouvé qu’ils ne renfermaient rien d’important.

L’apparence des rouleaux, dit sir llumphry Davy, qui se rendit à Naples, en 1818, pour étudier cette question, élaitcxtrèmcmeiit variée. Ils étaient de toutes les nuances.

(I) Villcmain, /Ic/mMi'/uc d« Cicêrun.

I>K l.’lMilSTRIK MODKHNF..

Cos volumes, la plupart noirs et convertis on cliarhoii , ainsi (pie le liàloii autour duipiel on les avait enroulés, étaient (rime forme cUindriipie plus ou moins par-* faite, |>énéralement d’un pied de long, et faits de fouilles de papyrus collées enscmUc , formant une feuille continue ijui s’étendait (pieltpiefois sur une longueur de (juarante pieds et au delà. Ces feuilles étaient rarement écrites dos deux côtés. Possédaut ce tnisor, on fil tous les elforls possibles pour ouvrir ces manuscrits, afin de les lire, mais ils tombaient en fragments. On réussit cependant pour (|uelipies uns. Le prince de Galles, depuis George IV, s’appli(jua à ces reclierclies, mais on n’a rien obtenu qui eût (luelque valeur : quebiucs pages mutilées d’un traite sur la musique, et quebpies phrases sur la philosophie d’Épicure.

L’usage du papier de linge ou de chiffon a néc(issairement précédé l'imprimerie. Nous ne savons rien de positif sur l’époque de son invention on de son introduction en Pairope. Le papier fabriqué comme il l’est aujourd’hui, avec du coton ou d’autres matières végétales ou de la soie, existait déjà en Chine à une époipie liés reculée. Les historiens arabes prétendent ([u’uii papier semblable était fabi iipiéà la Mecque au commcncenieiit du viir siècle. 11 fut vraisemblablement coiiiHi pou après des Cyzantiiis et introduit ensuite en Kuropc. Le mode de fabrication du papier au moyen de coton ou d’autres matières végétales une fois connu, l’emploi des chiffons de linge devint une chose aisée; mais nous n’avons aucune indication positive

DKS MOYENS t)E COMMUNIOirEK IM PENSÉE. 5?l7

sur l’(j|io(|u<; OÙ son emploi commenea en luirope; toulel'ois on ne peut la reculer au delà du xiv* siècle (1). La France, la Hollande et Gènes oui eu longtemps une grande supériorilè dans la fabrication du papier, qui élait fait avec des chiffons de lin. Au xvii' siècle, presque tout le papier consommé en Angleterre venait de France.

Les procédés de fabrication du papier se divisent en :

l” Choix (les chiffons.

‘2’ Lessivage des chiffrons par l’ébullition dans une lessive faible de soude. On emploie également la chaux. Les appareilsàlmulcpression seraient très bons, s’ils n’étaient si coûteux. Le lessivage a une grande iniluence sur la qualité du papier.

3“ Lavage des chiffons.

h" Défilage des chiffons, ou trituration, par lequel les cbillons sont réduits en une sorte de pâte. C’est avec celle dernière opération que commence la fabrication proprement dite. Avant l’usage des piles de cylindres, connues en Hollande dès le milieu du xviii* siècle, la trituration s’opérait à l’aide de pilons. Afin de favoriser la désagrégation des libres des chiffons, on leur faisait subir une sorte du fermentation putride : mis en las dans un lieu nommé jtoarrissoir, la fermentation se développait avec un dégagement de chaleur considérable. Aujourd’hui, les piles lie cylindres ont remplacé les pilons, et l’énergie de leur action a permis la suppression du pourrissage deschilTons.

5" Mise en forme de la pille. — Jusqu’à l’emploi des machinesà fabri(|uer le papier continu, le papier se faisait à la

(I) Mac Cullucli, toc. Cit., p. 955.

DE E’l^DL'.S^tlE modeum:.

l'orme, par la main de l’ouvrier. Aujourd’hui, ou emploie encore le travail à la main pour les papiers de certaines consommations. Dans ce procédé, la pâte triturée est transportée dans la cuve à ouvrer, où elle est délayée dans une quantité convenahle d’eau. Un ouvrier couvre une forme avec la pâle, lui imprime divers mouvements saccadés qui distribuent également la pâte et relient entre euxlesfilanienls qui constituent la pâte du papier. Lorsque l’ouvrier a fait égoutter légèrement sa feuille, la forme passe entre les mains d’un autre ouvrier, qui renverse la pèle en feuille sur un feutre auquel elle adhère. Celle opération se répète à l’infini ; le second ouvrier rendant la forme vide au premier, qui la remplit de nouveau, et les feuilles placées entre les'^ feutres s’entassent. On porte le tout sous une pressei- Les feuilles séparées des feutres sont i)ressées de nouveau, puis portées à l’éluvoir, oii elles sont séchées. Les feuilles étant sèches, sont soumises à l’apprél, avec ou sans encollage. Les apprêts à la presse font disparailrc les rugosités du papier sans effacer le grain. La lisse, ou laminoir à deux cylindres de fonte dure, a jjour objet de faire disparailrc le grain.

Dans la fabrication du papier continu, la machine remplace la mise en forme h la main, l’application sur le feutre, le pressage, cl finalement le séchage. Dans celte machine, la pâte, pré|)arée comme il’ordinaire cl délayée dans de l’eau, arrive par un robinet sur une loilô mélalliipie qu on appelle la /‘orme ou la table de fabrication. Celle toile métalli»[uc, tendue par des rouleaux, a une marebe constante comme une corde sans fin. lille éprouve un inouvcmenl

DKS MOYtNS l)i; COMMUNKJUlill I A PE^SÉE. 549

oscillalüire li és rapide qui l’eiilre le papier et remplace le travail de la forme à la main. La toile métallique entraîne la pâle en égalisant son épaisseur, l’eau s’égoutte. Le papier passe ensuite entre deux cylindres revêtus chacun d’un manchon de feutre, où il est pressé et prend assez de consistance pour quitter la toile métallique, qui le dépose sur un feutre, tandis qu’elle revient sur son chemin. Le feutre coucheur conduit le papier sous des cylindres qui le pressent à nu d’un côte, tandis que de Pautre il repose sur un feutre. Le papier, saisi par un nouveau feutre, est entraîné entre de nouveaux cylindres, où il est pressé une troisième fois.

En quittant les cylindres compresseurs, le papier arrive sur un cylindre sécheur de fonte, chauffé par la vapeur, contre lequel il est pressé par un feutre épais d’un lainage très fin. De là le papier est conduit par le feutre sur un second séchoir. Le papier passe ensuite sur des rouleaux qui lui donnent l’apprêt. Finalement, il vient s’enrouler sur des dévidoirs, d’où on l’enléve suivant les besoins du formai (1).

l'encollage du papier est une opération importante; il rend le papier imperméable. On le réalise de deux manières différentes. Le collage des papiers à la cuve s’opère en trempant chaque feuille, l’une après l’autre, dans un bain de gélatine ; ce collage est superficiel. Le collage des papiers mécaniques se fait par le mélange de la colle avec ' la pâle ; ce collage est intérieur.

(1) Voyez le Diclionnaire des arls et manufactures de M. Laboulaye, art. Papier.

nii f.’iNin STBii: modkbnk.

On voi!, d’nprôs ce qui [irécèiio, que si rinvonlioti de la maeliino à fabriquer le papier a permis un dévelop[iemenl en quelque sorte itulélini de cctO} indusirie, celle invention n’a cependanl pas résolu les dillicullés de la fabrication. Oominc toujours, le choix et la qualité des chiffons, le blanchiment, le collage, l’apprèl. etc., coiisliluenl des difficultés considérables.

C’est aux États-Unis que se fabrique et se consomme la plus grande quantité de papier. Il y a, aux États-Unis, 800 papeteries en activité, ayant 3000 qjaebines, cl produisant annuellement *270 millions de livres de papier. La quantité de chiffons nécessaire pour produire ce papier monte /j05 millions de livres (1). Les Ktals-Unisachètent beaucoup de chiffons à TKiirope. L’Italie est le pays où les Américains trouvent lapins grande partie de leurs chiiïons; il en vient aussi de la Turquie, de l’Autriclie, de la Grèce.

La Grande-Hretagne possède environ 850 papeteries, dont 700 en Angleterre, 80 en Ecosse, et 70 en Irlande, occupant 1500 machines, fournissant environ *200 millions de livres de papier (2). Le papier anglais est formé en grande partie de coton; un collage à la gélatine, semblable au collage des anciens papici’sà la forme, mais exécuté mécaniquement, lui donne une apparence de solidité qu’il n’a pas en réalité. En outre, ce procédé ne s’applique que sur des papiers épais.

La France compte environ 250 élablis.scmenls, dans

(I) Diclionmire unimrsel du comncrce, art. Papier. (2. Ibid.

DES MOYEN l'E COMMEXIOl Elt [ A PENSf-E. 551

les(iuels fonctiomioiil eiivintii .'$-0 iiiacliiiies. Kn 1850, la iiruiluclioii du papier a pu s’élever de 70 à 75 millions de kilojjraïuuics Le papier liollaiidais el le papier français ont joui pendant lunf^leinps d’une grande réputation, à cause de l’emploi prcscpic général de rliilïons de toile de lin. Le papier fait avec du lin ne nécessite pas autant de collage ipic celui fait avec du coton ; il est souple, tenace, et ne se froisse pas facilement.

Le papier lielge est le moins cher des papiers, mais il est aussi le plus médiocre comme (lualitc. Le kaolin entre dans sa faln ication pour une [iroportion ((ui dépasse souvent 30 pour lOü (I).

On a tenté de substituer au cliilfon toutes sortes de plantes lilanientcuscs, telles que l’alfa, le palmier nain, le sjiarte, le hananier, la paille, le bois, mais sans l'ouvoir y pai venir d’une manière pratique. On obtient aujourd’hui, avec des matières très communes qu’on rebutait autrefois, dos produits que l’on ne [louvait obtenir qu’avec les plus beaux ebill'ons. 11 existe -depuis plusieurs années en Angleterre, en Allemagne, en France et en Delgi(jue, des fabriques de papier de paille, dont les produits trouvent, comme papier d’emballage, un emploi avanlageux par leur bas prix et leur solidité relative (2). Si l’on fait bouillir de la paille à une baulc pression, avec une forte lessive caustique contenant environ cinq parties de soude pour cent de matière sèche; si l’on blanchit ensuite la |(Ale, on obtient un très beau papier ; mais ces procédés

(1) üiclionnaire universel du commerce, 1 4* livraison, p. 9(ÎO.

(2) On trouvera des rensciRnomenls intéressants sur cette (jiieslion dans le Complcmenldu Dictionnaire des arts el snanufai turcs, art. Papier, p. 406.

DE l’industrie MODERNE.

sont chers. Le bois peut être employé dans les mêmes conditions, mais les frais de trituration et de blnnchimenl sont trop coûteux. En outre, la libre du bois, employée seule, est trop courte et tiop molle pour se feutrer, de manière à produin' un papier suflisainment solide.

Les Chinois emploient une grande variété de substances fibreuses pour cette fabrication, et ils apjdiqiienl le papier à toutes sortes d’usages peu connus dans les autres contrées. Il en existe une variété infinie, depuis le plus grossier, jus(|u’au magnifique papier de Cliin^, en usage pour nos plus belles épreuves de gravures. Dans une huile, ou un bateau ouvert, le lit est protégé par une feuille de papier huilé. Si un boutiquier a besoin d’une ficelle pour un paquet, il enroule une feuille de papier et en fait une solide corde.

Le iiajiier est la matière la plus abondante et à meilleur marché dont on puisse faire usage en Chine, et les manufactures en sont très nombreus(!S. Les Chinois le font avec de la paille de riz, avec de jeunes bambous , avec différentes fibres, avec l’écorce du mûrier à papier. Ils emploient également des chiffons de coton et de soie.

Dansl’lnde, il existe de petites manufactures dans plusieui’s parties de la contrée, mais le papier fabriqué n’est géncralemenl pas de bonne qualité (I).

Le papier est universellement employé au Japon. 11 tapisse 1rs n.nrs dcsclianibres à Yédo,el forme les éventails,

(I) Foylp«, Thf Fitrous Plants o[ Initia, p. Î82.

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