‹ De l'Industrie mulassière en PoitouChapitre 25 sur 41 · RÉSUME ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

RÉSUME ET CONCLUSIONS

qui suivent l'importation des pouliches Maraîchines dans la Plaine ont motivé l'introduction en Poilou de la poulinière Bretonne.

L'administration des haras, par ses dépôts de Saint- Maixent et de Napoléon-Vendée, a porté le plus grand préjudice à notre race mulassière. Aujourd'hui la race se trouve composée par des chevaux Poitevins purs, et par des Poitevins-Bretons qui en forment l'immense majorité.

Pour entretenir et améliorer notre race chevaline, il faut que l'étalonnier n'emploie à la monte que des chevaux de premier type Poitevin, et qu'ils soient âgés de trois ans accomplis ; qu'il utilise ses étalons aux travaux agricoles dans l'intervalle de la monte.

Que le fermier nourrisse convenablement ses poulinières et surtout qu'il ne livre jamais à la reproduction des pouliches ayant moins de trois ans.

Nous avons exposé, dans le cours de ce travail, toutes les questions qui se rattachent à notre race mulassière. Nous les avons examinées sur toutes les laces. Puissent les renseignements qui en ressortent se graver assez dans l'esprit du cultivateur Poitevin pour qu'il abandonne sa routine et qu'il renonce à tous ses préjugés, tristes fruits de l'ignorance, qu'il sérail bien coupable de conserver à notre époque où chacun s'efforce de l'instruire et de l'éclairer!...

L'ANE W

Equus asinus (Lin), ordre des Pachydermes , fami lie des sol.pèdcs ou monodacliles. genre cheval (Cuvier).

Certains naturalistes, pour les besoins do leurs classifications, ont imaginé dans les animaux comme dans les végétaux, des familles; et, pour rendre plus saisissante, plus simple, sinon plus vraie leur nomenclature, ils ont rabaissé en quelque sorte aux yeux des philosophes le mérite de la création. C'est ainsi qu'ils ont présenté l'âne comme étant un cheval modifié, changé, dénaturé par l'influence des temps et des climats. Dans leur désir de tout rapporter à une unité créatrice, à un dessein unique, ils ont élé amenés à nous représenter la nature dans un perpétuel travail de dégénérescence. On peut cependant concevoir l'unité de l'idée, l'unité de vue, sans que forcément elle apparaisse sous un type qui se serait successivement dégradé en vieillissant et en subissant les inlluences climatériques ou celles de la civilisation. Interpréter ainsi les

(I, Avant d'arriver à L'étude de la rare d'ânes qui dans le Poitou est spécialement employée à la production du Mulet, nous avons cru utile de reproduire les généralités sur l'es, ècc Asiue que nous avons publiées ailleurs.

DE L'ISDUSTRIE MULASSIÊRE.

)ll

vues du Créateur, c'est subordonner l'esnrit à 1, m -,cVst nvaior v m j ■ ' a ,a matière,

est ravaler 1 œuvre de la création. Il est plus logione i est plus élevé de croire que les deux sexes, da, s chl'u espèce sont sortis tout formés de ses mai s ue Snee d.spersée sur le g.obe, a subi rinflue, ce d s d mats et des sols, et que l'argile animale s'est façonnée â ees deux grands moules de toute la nature vivante

La ra.son la plus puissante, celle qui a le plus contribué d fa "' e «^^onner les hypothèses que les classifîc «hasardées c'est la stérilité expérimentales T ^ntree des produis nés de l'accouplement du cheval et ' a " eSSe ° U de la J«»««l ^ ^ l'âne. Est-ce que la fécon d.^ refusée aux sujets hybrides (c'est-à-dire L d'es c s d-Heren.es) n'est pas une barrière opposée à la dïél reseence, de même qu'elle est une entrave à la m U , .

Mo„ des ètres T Les individus de la même espèce pou an a contrat, être croisés, accouplés à l'infini. Il ,î v a ".' cuae hmde a l'agrandissement des familles dont elle e compose : c'est par ces raisons que l'âne es. un âne e non pas un cheval dégénéré. '

Dispersé sous différents climats, l'âne a subi dans sa -onuauon et dans son pelage des modifications enap- -ec leurs influences diverses. Ce sont ces changements qui on crée les races. Elles sont bien moins nombreuses que chez le cheval, parce que cette espèce n'a jamais ' ?' Jjet de tant d '»ét, et qu'elle a été comp.é temen abandonnée aux soins moins capricieux de la nature S homme n ava,t pas eu le cheval, il se fut davantage attache a 1 âne; et, dans la mesure de sa puissance, il l'eut rendu aussi agréable qu'il l'avait reconnu utile.

L'ANE

L'âne est le cheval du pauvre. Il est humble, patient et sobre. Les haillons iraient mal à la fierté et à l'orgueil du cheval ; il souffrirait de la misère de son maître. L'âne, au contraire, fait honneur à sa détresse et à sa pénurie ; il reste gras au milieu des familles nomades, hâves et chétives dont il soulage les labeurs et dont il transporte les pénales.

Il est originaire des pays chauds : on en trouve 1res peu dans les contrées septentrionales. Arislote dit qu'il n'y en avait point en Scythie ou dans les autres parties du Nord, ni même dans les Gaules. Il ajoute que les climats froids le rendent infécond ; ceci nous paraît très hasardé. Que la nature de l'âne se modifie en arrivant dans le Nord, soit; mais il n'est pas probable qu'un animal dont l'instinct génésique et la puissance procréatrice sont si développés, même dans les climals tempérés, puisse être frappé de stérilité complète dans des régions plus froides. Celte opinion du savant philosophe- naturaliste grec est contredite par les nombreuses importations d'ânes et d'àncsses qui ont eu lieu dans le Nord de l'Europe, et où l'espèce s'est parfaitement conservée.

« L'âne passe pour avoir été soumis moins aneienne- » nient que le cheval. La question est difficile à résoudre. » Il serait plus exact de dire qu'il n'a pas été primilive- » ment utilisé dans la même circonscription géographique » que le cheval. » Il existait en Grèce du temps d'Homère (Iliade, liv. XI). Hérodole dit que, dans l'armée de Xerxès, « les Indiens se servaient tant de chevaux de selle que de » chars attelés de chevaux ou d'ânes sauvages. » « L'âne » est figuré sur les plus anciens monuments de l'Egypte,

» et il fait partie des objets que le Pharaon donne à » Abraham. » Ainsi, dit SI. Piètrement, auquel nous empruntons ces citations : ( < Les enseignements de l'histoire » ne laissent aucun doute sur le lieu de la première do- » mest,cat,on de l'âne : ce sont les chaudes contrées des » envir 0ns de la mer Rouge et des rivages Sud-Est de la » Méditerranée. » (1)

Linné et Chardin placent en Arabie le berceau de l'espèce asme. De là elle serait descendue en Egypte, puis en l*rèce, de Grèce en Italie et de l'Italie en Gaule. Ce ne serail que plus tard qu'elle aurait été conduite dans la partie septentrionale de l'Europe. Il y a en Perse, d'après Chardin, une grande et une petite race : l'une, lourde et pesante, employée au trait; l'autre, légère, servant plus particulièrement de moulure.

Les ânes d'Arabie, selon Shaw et Bosman , sont de grande taille, et de même aux Indes et en Guinée où ils sont plus grands et plus forts que les meilleurs chevaux du pays. Certaines tribus indiennes les honorent particulièrement, parce qu'elles croient que les âmes de toute la noblesse passent dans le corps des ânes.

Les ânes sauvages, que les Latins et les Grecs appelaient onagres, ont été par quelques naturalistes confondus avec le zèbre, dont ils n'ont ni l'élégance ni les rayures dans le pelage.

On rencontre des ânes à l'état sauvage dans l'Archipel et dans les déserts de Lybie et de Numidie ; ils sont de couleur grise et ont des allures excessivement vives Les

(i) Essai sur le cheval dans l'antiquité (Piétinement, vamnaire

militaire).

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