‹ De l'Industrie mulassière en PoitouChapitre 36 sur 41 · MALADIES PARTICULIÈRES AUX BAUDETS · texte numérisé non relu

MALADIES PARTICULIÈRES AUX BAUDETS

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la formation do tumeurs osseuses autour de la couronne. C'est pourtant encore l'hygiène irrationnelle qui doit être responsable de celte infirmité qui rend la marche tout-àfait impossible dans beaucoup de cas. Comme nous l'avons dit, après le sevrage le baudet est renfermé dans sa case, d'où il ne sort que quand on veut le montrer à un visiteur ou à un acheteur; à celte occasion seulement il fait trois ou quatre pas en dehors de son écurie Nous pensons que dans cet état de stabulation permanente, la croissance des os n'est pas accompagnée d'un égal développement des tendons fléchisseurs, et que c'est parce qu'il n'y a pas parallélisme dans rallongement de ces deux agents de la locomotion que ce phénomène se produit. Il n'est pas douteux que si à cet âge les élèves baudets étaient placés dans un enclos où ils pourraient, comme tous les animaux, se livrer à leurs ébals, sauter et courir, ils provoqueraient rallongement des cordes tendineuses qui supportent le poids du corps et sur lesquelles s'exercent tous les efforts qui résultent des exercices locomoteurs. Plus on exige d'un organe dès le jeune âge et dans les limites de sa force, plus on augmente son développement et sa puissance. Ce principe de physiologie dont l'application a l'ail naître la théorie de la gymnastique fonctionnelle, est tous les jours prouvé par les opérations de la zootechnie vraiment digne de ce nom. Certains étalons conservent, malgré le service excessif et anormal de 6 à 7 saillies par jour pendant la période de la monte, une très-grande obésité. Ceux-là , dans un âge avancé, sont parfois atteints de paralysies du train postérieur, toujours graves, souvent mortelles.

Tous les baudets, presque sans exception, sont envahis

vers l'âge adulte par une maladie cutanée particulière, qu'on s'étonne de ne voir exercer sur la santé générale de ces animaux aucune mauvaise influence. Elle débute par une douleur prurigineuse sur toute l'étendue delà peau, qui détermine çà ef là la chute des poils par petites plaques. A celle phase de la maladie et à l'époque de la mue, ces espaces dénudés se recouvrent encore de poils, parce que les lésions cutanées n'ont pas franchi l'épidémie et que la bulbe est restée intacte ; mais le mal continue ses progès sous l'influence sans cesse agissante des causes. L'irritation constante que produisent sur la peau les excoriations à chaque instant renouvelées par les morsures ou les frottements contre les corps durs, gagne le derme où elle altère ou détruit le follicule générateur du poil. Alors la peau n'offre plus qu'une large surface qu'on dirait tannée, dont l'épiderme est épaissi et assez semblable à la peau de l'éléphant. Celte tache indélébile est en quelque sorte constitutionnelle dans la race, car elle lient par ses racines aux ancêtres les plus reculés de la famille des baudets, ce qui explique la difficulté de la guérison. Du reste, le propriétaire s'en inquiète médiocrement, il n'entreprend point de la guérir et ne fait rien pour la prévenir. La cause première de celte affection, réside évidemment dans la mauvaise hygiène à laquelle ces animaux sont soumis. La raison physiologique n'admettra jamais qu'un animal d'une aussi puissante constitution chez lequel la vie organique est aussi développée que celle du cheval, puisse vivre dans des conditions aussi opposées à sa nature. Ils sont cloîtrés dans des cellules dont l'air n'est jamais directement renouvelé ; ils <mt pour toute lumière la pénombre de quelques rayons

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de soleil qui pénétrent obliquement par la porte de l'atelier. Les exhalaisons du fumier, la poussière du fourrage , quoiqu'il soit toujours choisi avec soin, les malpropretés de toute sorte qui séjournent sur la peau jusqu'à la chute des poils, ne sont-ce pas là les causes vraies et primordiales de cette hideuse maladie? Que le fermier garde-étalons donne à ses baudets de l'air et de la lumière, en les laissant libres les uns après les autres une heure ou deux par jour, hors les temps de la monte, dans un terrain destiné à cet usage et touchant à l'atelier ; qu'il nettoyé avec soin la peau, elle conservera les poils qui la recouvrent, et ces animaux ne seront pas déshonorés par cette espèce de lèpre. Qu'il persiste pendant de longues années dans ce système nouveau mais simple et logique, et il verra disparaître de la race ce vice abominable qui accuse sa vigilance, ses soins et son bon sens !

Celle maladie affecte aussi la peau des extrémités des membres. Là, soit que les causes qui la déterminent agissent plus énergiquemenl et d'une façon plus immédiate , soit que la peau elle-même soit légèrement modifiée dans la structure, elle prend le caractère des eaux aux jambes, dont elle parcourt vite toutes les phases pour arriver au degré le plus élevé de celle maladie. C'est-à-dire que la peau se recouvre de végétations nombreuses Ûbro-vasculaires, à base large ou pédonculée ilonl le volume varie de la grosseur d'une noisette à celle d'une tète d'homme, et qui secrète un liquiderai generis d'une odeurinfecte. Quoique en germe chez la plupart des baudets, cetle maladie pourrait être guérie ou entravée dans son développement par un traitement général combiné avec des applications

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locales. Mais il faut, là encore, vaincre le préjugé du maître, qui croit à l'utilité de celte excrétion qu'il considère comme dépurative et utile à l'entretien de la santé de ses animaux. Cependant quelques-unes de ces tumeuis prennent parfois un tel développement, qu'on est obligé de les extirper ; mais, dans ce cas, c'est qu'il en reste d'autres pour satisfaire au préjugé, préjugé certainement faux dans le principe, mais un peu vrai aujourd'hui que cette maladie a fait élection de domicile depuis longtemps chez tous les individus de la race. Il ne serait peut-être pas sans inconvénient d'arrêter chez un baudet de 15 ou 10 ans, une sécrétion morbide qui date de dix ans. Une métastase sur organe interne est souvent la terminaison malheureuse de celte affection. Le crapaud, qui n'est que l'extension de cette maladie au tissu podophilleux, l'accompagne souvent.

Les fourbures sont aussi fréquentes que les maladies précédentes. Les conditions hygiéniques de ces animaux pendant la monte, leur travail spécial et exagéré, leur inertie musculaire, leur sabot étroit, dont la corne est toujours sèche, sont autant de causes qui expliquent les slases sanguines dont la région digitale est périodiquement le siège. Le pied subit alors, dans son enveloppe cornée, toutes les déformations qui sont la conséquence de cet état morbide. Chez ces animaux qui marchent seulement pour aller de leur box a la jument, a moins qu'elle débute violemment, la fourbure passe presque toujours inaperçue. Une seconde attaque, venant s'ajouter à la première, une quatrième à la troisième, la direction de la paroi est complètement changée ; ils marchent difficilement et sont estropiés pour leur vie. L'opération du croissant, quand on est assez heureuxpour

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obtenir l'autorisation de la pratiquer, produit d'excellents résultais ; elle produirait bien davantage, si elle était l'aile avant l'atrophie des tissus sous-cornés, de manière à ce qu'ils puissent recouvrer l'intégrité de leurs fonctions et réparer les désordres que le mal chronique et latent avait produits.

Nous avons vu que toutes ces maladies si fréquentes pourraient être évitées par une hygiène mieux comprise, et par des soins de la main intelligemment donnés. L'ànesse, bien qu'elle ne soit pas l'objet d'une hygiène privilégiée, mais qui jouit du grand air et de la lumière, qui peut en allant an champ se rouler sur la terre et sur l'herbe et s'étriller contre les arbres, est moins sujette aux affections cutanées, aux eaux aux jambes , et n'est jamais atteinte de fourbure.

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