‹ De l'Industrie mulassière en PoitouChapitre 8 sur 41 · LES POULICHES DU MARAIS EN POITOU · texte numérisé non relu

LES POULICHES DU MARAIS EN POITOU

les olanles échappées à la faucille. Cependant, un peu de paille mélangée au foin dans l'écurie, le pacage à l'air libre le malin jusqu'à 10 heures el le soir de 4 à 8 heures, leur constituent une assez bonne hygiène. Sous ces influences les meilleures qu'elles aient rencontrées depuis leur départ du Marais, ces jeunes bêtes ont toutes les apparences de la santé. Les herbes fines et aromatiques des plaines calcaires ont des propriétés nutritives tellement supérieures, que tous les animaux, à cotte époque de 1 année, sont en très-bon état.

Beaucoup de pouliches, on en comprend la cause, avortent dans les pacages. Cet accident, qui ne dérange pas sensiblement leur sauté, peut être considéré comme un bienfait pour leur avenir. Débarrassées du faix prématuré qu'on a imposé à leur constitution juvénile, elles vont pouvoir, n'ayant plus qu'elles à nourrir, utiliser pour leur développement naturel la mince ration qu'elles reçoivent.

Au mois de novembre, elles rentrent pour tout 1 hiver dans les élables, où la paille compose la plus large partie de leur ration. Un grand nombre de celles qui ont résiste avortent à cette époque. S'il était possible de donner a celle assertion une précision mathématique, je suis sur qu'il n'en est pas deux sur six qui arrivent à bien à la mise bas lorsqu'elles ont été fécondées à 22 ou 24 mois. Encore parmi ces dernières, que de parts laborieux, que d'accouchements contre nature, combien de mères ne peuvent pas nourrir leurs fruits. De sorte que les pouliches qui prospèrent le mieux après leur émigration dans les plaines du Poitou sont celles qui ont eu l'heureux privilège de n Être pas fécondées à la première de la monte.

On s'explique facilement ce que va devenir cette riche et puissante organisation , sur laquelle on fondait tant d'espérances , qu'apportaient dans la plaine , à 20 ou 22 mois, les pouliches issues du Marais. Elles mesuraient 1 m. 50 et elles ont encore cette taille après y avoir séjourné un an. Leurs beaux aplombs se sont faussés , leurs formes n'ont pas pris d'ampleur et elles ont une année de plus. La phase de la première dentition , si importante à surveiller , qui réclame tant de soins, surtout quand elle voit apparaître la gourme, est marquée chez les pouliches par la pénurie dans l'alimentation, par la fécondation prématurée , par des inappétences périodiques, et souvent par l'avortement à une époque avancée de la gestation. Ce travail d'évulsion dentaire est d'autant plus lent que l'organisme affaibli manque d'énergie pour l'accomplir. C'est par ces raisons que les fermiers, qui paient 5 et 600 francs des bêtes de deux ans et qui les voient souvent à quatre et cinq ans ne pas valoir ce prix , renoncent à en acheter. Ils se procurent alors des pouliches qui, nées et élevées dans la Plaine ou le Bocage, n'ont pas à subir les vicissitudes de l'acclimatation , en même temps que les autres causes de souffrances que nous avons signalées et qui ne leur sont pas plus épargnées qu'aux premières.

Page 1