‹ De l'infanticide par strangulationChapitre 4 sur 21 · CHAPITRE. PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE. PREMIER

Définition, — Historique. | |

La strangulation forme une espèce distincte parmi les causes de mort qui agissent sur l’entrée des voies respiratoires, | is

Le professeur G. Tourdes (dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales)en donne la définition suivante : « Un acte de violence qui consiste en une constriction exercée directement,soit autour,soit au-devant du cou, et ayant pour effet, en s’opposant au passage de l'air, d'arrêter brusquement la respiration et la vie. »

C’est le résultat de la constriction exercée sur le cou, soit par les mains, soit par un lien, soit par le cordon ombilical comme dans le sujet qui va nous occuper, ;,

L'historique médical de la strangulation a peu de documents anciens. Hippocrate la mentionne dans un de ses aphorismes (sect..2, aph. 43) pour tirer un pronostic de

Ja présence de l'écume. Fortunatus Fidelis en parle sommairement. Si quispiam fune sit strangulatus.

Chez les Romains, nous ne trouvons Presque aneane donnée, et cela pour deux raisons :

La première, c’est que ce peuple qui fut surtout un peuple pratique et qui le prouva bien par l’admirable développement qu’il donna aux études du droit, eut néanmoins un droit criminel fort imparfait, et cela parce qu’à Rome la médecine n’eut aucune influence sur son déve loppement.

À Rome, ilest vrai, quand'un individu avait succombé à une mort violente, on l’exposait publiquement sur le forum, mais chacun donnait son avis ; une autopsie ne fat jamais faite et il n'existait pas d’examen judiciaire, tous ces procédés auraient blessé Le culte des morts et Les sen timents religieux.

La seconde des raisons, c’est que Mibaiode était con-

sidéré comme chose permise chez les peuples anciens et que rar conséquent le législateur se souciait fort peu de savoir rar quel genre de mort il avait été commis.

-: Tout le monde sait, en effet, combien souvent le gouffre de la Earathre à Sparte,le Tibre à Rome étaient les témoins d’infanticides; infanticides ayant en quelque sorte le caractère légal et comme autorisé par les mœurs.

Sous l’influence chrétienne, ce crime devient l’objet de la réprobation la plus absolue et de la répression la plus sévèré; la peine de mort était celle de l’infanticide.

C’est à partir de ce moment aussi que les recherches médicales commencent à tenir une place dans les questions

se rattachant aux attentats contrée la vie AE nouveau— nés. - i ù L ÿ ‘ ‘

Gallien nous donne les premières indications relatives à la docimasie pulmonaire, qui n’a été introduite dans la pratique de la médecine qu’à la fin du xvrr° siècle.

Enfin, dans un chapitre où nous essayons de rechercher les premières traces de la strangulation au point de vue médical, on nous permettra de citer un ouvrage oriental paru au x1° ou x1r° siècle, le Si-Yuen-Lu, sorte de compendium de médecine légale et de jurisprudence médicale.

Dans cet ouvrage que nous avons pu connaître, grâce aux travaux du D'Ernest Martin, nous voyons signaler quelques-uns des caractères de la straugulation, nous y voyons traiter aussi des questions ayant trait à l’infanticide.

En France, il faut arriver à la Renaissance pour avoir quelques données. Ce n’est, en effet, qu’en 1347 que la Faculté de Montpellier obtint du pape l'autorisation d’ouvrir les cadavres. Les résultats d’une semblable autorisation ne se firent pas attendre longtemps; et déjà en lisant les œuvres d’'Ambroise Paré, nous y trouvons les signes de la mort d’un enfant nouveau-né mort par suffocation

(on sait que ces signes sont ceux de la strangulation à l'exception des lésions de la région du cou).

« Il y a grande apparence que le petit enfant mort aura esté estouffé par sa nourrice, qui se sera endormie sur luy en l’allaictant, ow autrement par malice si le dit “enfant se portoit bien et ne se plaignoit de rien au précédent; s’il a la bouche et le nez plein d’escume, si a le reste de la face non pâle et bläfarde mais violette et comme cire de pourpre; si ouvert est trouvé avoir les poulmons pleins d’air escumeux. » ”

Eo 1704, Littre dans les Mémotres à l’Académie des

Sciences, Morgagni (De sedibus et causis morborum) en rapportent des cas isolés. Louis, dans deux consultations, recherche les signes qui indiquent que la strangulation a précédé la suspension. Mais suivant la remarque de Tardieu, la strangulation confondue dans l'histoire de la suspension n’occupe qu’une place restreinte dans l’histoire de la médecine légale. | : Foderé pose quelques-unes des questions qui se ratta-

chent à la strangulation proprement dite, il montre la nécessité de distinguer l’étranglement simple de celui que détermine la pendaison, mais les deux études restent confondues. | |

Des traités riches en matériaux sur la question, tels que ceux d’Orfila, de Devergie,. les articles STRANGULAmon (du Zactionnaire des sciences médicales en 60 vol. 1821) et (du Dict. Répertorre, 2° édition, 1844) pee tent le même inconvénient.

‘Lalecture des Annales d'hygiène et de médecine légale nous fournit de nombreux documents. Nous citerons aussi les observations de Saint-Amand, Caussé, Ollivier d'Angers, Rendu, de Jacquier en 1831, de Casper dans ses Nouvelles en 1863 et de Liman en 1 867. nt

Dans son étude médico-légale sur l’infanticide parue en 1868, Tardieu consacre un long chape : à étudier l'infanticide par strangulation. De

En 1870, le même auteur fait paraitre son. étude née. légale sur la pendaison, la sérangulation et Ja suffocation. Par cette publication .et aussi par ses travaux antérieurs, Tardieu à rendu .à la science le service. de séparer nettement ces trois genres de mort, aussi, bien dans la doctrine que dans le langage médical. :: : ;

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