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ATURE DES C.EHMES INFECTIEUX

Etant donné que les germes infectieux ne présentent quant à leur nature rien qui soit spécial

àla chirurgie de guerre, il estiuutile de les éiiumcrer ici. Nous serons du resle amenés à les passer en revue dans le paragraphe suivant.

Les deux fauteurs principaux de rinfection des blessures de guerre soni : l'ie projectile qui cause» la lésion : 2" le chirurgien qui intervient sans souci des règles de ranlisepsie.

S 1. Infection par le chirurgien.

Désormais le blessé ne devrait plus avoir à compter avec le chirurgien septi(iue, et, dans révolution plus heureuse des blessures au cours des campagnes récentes, les chirurgiens militaires, en grande majorité sans doute, sont endroit de revendiquer à leur actif, comme un honneur, quelque peu négatif il est vrai, de n'avoir pas porté dans les plaies de leurs blessés des germes infectieux. Malheureusement, vu les conditions de la guerre, le rôle du chirurgien en campagne diffère beaucoup de ce qu'il est en

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temps de paix. Bien des fautes contre l'asepsie Y sont sinon fatales, du moins communes; aussi, n'est-il pas encore superllu de considérer le chirurgien comme un agent possible d'infection.

Le chirurgien peut infecter le blessé quand il examine la blessure, quand il làparise, quand il intervient opérafoirement.

L'examen, comme l'interventicm, est dangereux du fait des instruments mal désinfectés, instruments au nombre desquels se placent en première hgne les mains du chirurgien. C'est encore à ce dernier que s'adressera le reproche d'infection par des pansements insuffisants, soit qu'il n'ait pas su se munir de matériaux aseptiques ou mieux encore antiseptiques, soit qu'il ait contaminé les produits qui lui avaient été fournis, soit enfin qu'il n'ait pas refait à temps un pansement devenu un milieu infecté, et qu'il Tait laissé au contact d'une plaie primitivement indemne.

Cette simple énuméralion, étant données les mœurs chirurgicales actuelles, doit nous suflire. Pas n'est besoin de développements, encore moins de discussion. Dans les pages qui vont

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suivre, nous rapporterons d'après nos prédécesseurs les désastres causés par 1 infection chez les blessés de guerre, puissions-nous ne jamais oublier quelle part de culpabilité leviendrait à ceu\ ([ui les venaient se reproduire dans leurs ambulances ou hôpitaux !

.^ 2. Infection par les projectiles.

Quanlauxprojec files ilspeuvenl se charger de microbes : {"* avant le fir: '2'' pendant leur course soit avanf rfafteintlrr le hlcssé, soit que ce dernier les contamine au moment où ils perforent les vétcmenis, traversent la peau, ouvrent les cavités viscérales.

1" Infection primitive de la halle, — Dans la pratique de guerre nous nci\ sommes pas encore à déposer sm* les balles une purée microbieime avant de les envoyer à l'ennemi :

aussi convient-il seulement de rechercher tout d'abord si ces projectiles, tels qu'ils sont livrés aux hommes, sont ou non aseplic[ues.

Déjà Lagarde a établi que le plus grand nombre des balles, dans les paquets de cartouches, sont stériles ou tout au moins pures de germes

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sepliques. Avec notre collègue Vincent nous avons repris Tétude de cette question au laboratoire de bactériologie du Val-de-Grace. Tandis que Lagarde attribue la stérilité des balles dans les paquets de cartouches à la désinfeclion qu'ils subissent du fait même de leur fabrication, il nous semble que, en plus de cette raison d'asepsie, il convient de faire appel, dans une certaine mesure, au pouvoir autostérilisateur du métal même des projectiles.

Du fait peut-être du contact de Tair, mais surtout dans l'intérieur de nos tissus, en raison des conditions de chaleur, d'humidité, d'alcalinité ou parfois d'acidité, favorables îi Tattaque du métal des balles qui s*y sont arrêtées, il se produit a la surface du projectile des c()nq)osés métalliques faiblement antiseptiques qui, se diffusant, gênent le développement microbien.

Cette hypothèse explique bien j)ourquoi les balles modernes ne sont pas également aseptiques : leur degré d'asepsie paraît êlrc en rapport avec le pouvoir antiseptique des sels formés par le métal qui constitue leur surface.

Lorsqu'on dépose sans précautions d'asepsie

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une balle de notre revolver crordonnance, balle à cbemise en cuivre, dans du bouillon, on constate que ce milieu reste stérile, ou bien il se forme une culture maigre, cbétive, cpii pousse avec lenteur. I^e pliénomène est encore plus marqué, si Tessai est fait à Tétuve à 37". On voit, du reste, après deux ou trois jours, le bouillon prendre une coloration verte, indice delà formation des sels cupriques qui jouent un rôle microbicide léger sans doute, mais réel. 11 est incontestable (pie pareille action se produit dans les tissus où la balle est logée, et nous avons là Tune des explications de leur tolérance pour les projectiles.

La balle du fusil Lebel, balle à cbemise de maillecbort, paraît, dans Tordre d'idées qui nous occupe, manifestement moins antiseptique que la balle à cbemise de cuivre.

Nous classerions en troisième lieu les balles de plomb et enfin au dernier rang les balles à cbemise d'acier, comme la balle all(»mande.

Ces dernières ne gênent en aucune manière la multipUcation des microbes dans les milieux nutritifs artificiels.

?" Sotiilliirc (le lu hdllr pur les produits de

déflagration de la poudre, — Si la balle dans les paquets de cartouches de règle peut elre tenue pour aseptique, en plus du contact des doigts de Thomme avant le tir, il est pour elle au moment où le coup part une source de souillure, c'est la poudre toujours incomplètement brûlée.

De nombreuses expériences démontrent en effet que la déflagration d'une charge de poudre mélangée artificiellement de germes ne suffit pas pour luer ces derniers et mettre le blessé à Tabri d'une inoculation.

Avec Vincent nous avons fait dessécher des spores de bacilles du tétanos et des microbes favorisants et le tout a été mélangé à de la poudre sans fumée. La cartouche à blanc ainsi préparée fut tirée à une dislance de 50 centimètres sur la cuisse d'un lapin. La plaie produite fut recouverte d'une couche isolante de coUodion. Or l'animal ainsi traumatisé prit le tétanos et en mourut. Il résulte donc bien de cette expérience, que la combustion ou la déflagration de la poudre sans fumée n'est pas capable de tuer toutes les spores des microbes pathogènes, ni même des microbes

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favorisants beaucoii[) moins résistanls que les spores lélaniques.

Du reste, di^jà en I89'i nous avions pu réunir quatre cas de tétanos consécutifs à des coups de feu à blanc, reçus au cours de manoeuvres à double action. Comme il s'agissait de poudre noire, mélange de cbarl)on. salpêtre et soufre, nous nous demandâmes si le bacille de Nicolaïer ne se trouvait pas dans la cbarge elle-même.

Cette supposition ne fut pas contirmée j)ar les recberches de Lagarde et celles que nous avons faites avec Vincenl. Klles ont bien établi que la poudre noire donne lieu au développement dans les milieu \ de culture de bacilles variés, mais jamais nous n'avons trouvé de microbes pathogènes. De plus, en 1898. Deubler, ca])itaine de l'armée autrichienne, a signalé vingt cas de tétanos mortels, observés de 1888 à 18î)G inclus, également à la suite de coups de feu à blanc. Dans ces vingt cas, dixsept fois il s'agissait de tir avec poudre sans fumée. Ces poudres sans fumée, à en juger par celles utilisées aux Klats-Lnis, non seulement ne donneraient |)as de cullme positive, mais

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de plus contiendraient une substance ciipablc d'entraver le d(!¥elr»ppcmentde certains germes (Lagardc).

Par contre, d'après nos rochcrclies bacti-rii)iogiques et d'apnNs celles qui ont été faites sur

(Culli

l'ordre du Comité de Sanlc ilc l'Armée aulrichienne, la poudre sans fumée, tout comme la poudre noire, renfermerait dos germes, mais des germes banals.

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