ou.. (i^^,Tn e ïr»gc ; /.f.i Haeli'f
leur, 1H9;i.
14 INFECTION EN CUmURGIE D'ARMÉE
Si Ton ensemence sur des plaques de gélatine des grains de poudre sans fumée, on constate que le nombre des colonies qui se développent est toujours très faible. Par exemple, huit grains de cette poudre ont donné deux moisissures et seulement onze colonies microbieimes, toutes appartenant aux espèces banales de Tair.
De plus, lorsqu'on projette plusieurs grains de poudre sans fumée dans du bouillon neutre et qu'on met le tout à léluve, on voit que certains tubes restent stériles.
Il est donc probable que, dans les cas de tétanos relatés plus haut, les bacilles de jNicolaïer furent apportés dans les plaies soit par les débris de carton de la fausse balle, ou encore par des parcelles de terre accidentellement introduites dans le fusil — fait constaté — , ou enfin ces germes se trouvaient à la surface de la peau du blessé ou dans ses vêtements.
Au total, le rôle infeclleux de la poudre peut être négligé.
IV' Désinfection incomplète, de la Ijalle dans le canon du fusil. — Alors même cjue la balle serait infectée avant d'être placée dans l'arme.
MÉCANISME DE L'INFECTIO!^ 15
au dire de quelques chirurgiens, lorsque le coup est tiré, elle serait stérilisée du lait de son écliauffement et de son frottement dans le canon du fusil. Reprenant les expériences de Messuer, Ifabart, Karlinski, Lagarde, etc., Tavol et M"" l^ustoscbkine arrivent aux mêmes conclusions que leurs devanciers.
Us ont expérimenté avec la balle de 75 millimètres en plomb dur, avec cbapeau d'acier, du fusil suisse mod. 1889. Tantôt stérilisée, tantôt infectée avec un microbe déterminé, elle a été tirée contre une boîte en fer-blanc remplie de gélatine. Pour observer les colonies microl)iennes in situ, sur le trajet même du projectile, Tavel s'est servi du dispositif suivant : le cylindre de gélatine qu'a perforé la balle a été transjiorté directement dans une éprouvelle de culture, actionnée comme remporte-pièce dont se servent les marchands pour goûter le beurre.
Avant d'être tirées, ces balles ont été infectées artificiellement, les unes sur leur seide partie (cylindrique, les autres sur leur partie antérieure conique. Pour les premières, le frottement subi [)ar suite du forcement paraît détruire en partie les germes déposés sur le corps de la balle ;
mais les cuUures sont toujours positives avec les projectiles, dont l'avant — lequel ne frotte pas dans le canon — a seul été infecté.
L'influence de réchauflement du projectile serait moins prononcée que celle du frottement, car. même en ayant la précaution de commencer par échaufler le canon du fusil en tirant quinze à vingt coups avant de faire partir les balles infectées. Messner obtenait des colonies microbiennes dans les milieux de culture.
En pratique, l'^ii doit donc admettre que la balle emporte avec elle, bors du fusil, au moins une partie des germes qui Tinfectaient avant le dépari du coup. Toutefois, les infections expérimentales établissent que les colonies microbiemies obtenues dans ces conditions sont moins florides que celles obtenues par ensemencement direct de la gélatine avec la culturemère. Aussi, Muller a-t-il rccbercbé si les microbes emportés par la balle iTavaient pas perdu une partie de leur viiulence.
L'expérience a été faite sur un lapin vivant : les balles ont été tirées sur la cuisse de ranimai en é\itant de léser soit le fémur, soit rartère fémorale.
MI%CAMSMK DE L'INFFXTION 17
Quand ces conditions analomiqucs sont bien réalisées, Tanimal survit toujours à une plaie par la balle stérile: par contre, il succombe toujours si la balle est infectée et la mort a lieu avec une rapidité, avec des accidents locaux et généraux qui excluent l'idée d'une atténuation de virulence par écliaulFement ou frottement.
S'il y a donc eu atténuation des germes du fait du passage de la balle dans le canon du fusil, conmie semblent l'établir les résultats de tir sur des blocs de gélatine, les conditions anatouii(|ues spéciales aux plaies par armes à feu cbez l'animal vivant se cbargent et au delà de régénérer la virulence des microbes, Sans doute même , la diminution d'action des microbes résulte-t-elle non d'une atténuation de leur virulence, mais d'une réduction de leur nombre. Trop peu nombreux pour végéter dans le mauvais terrain de culture (jue leur offrent les parties molles lésées, ils trouvent au contraire dans les infiltrats sanguins ou les fovers de fracture des conditions favorables à leur multiplication.
Les balles infectées arrivent donc quekpic peu infectées dans le corps du blessé, les bal-
i8 INFECTION EN CHIRURGIE D'ARMÉE
les tirées stériles s'infectent avant d'y pénétrer. A titre de curiosité, nous citerons le fait observé par Messner de balles stérilisées, tirées sur des milieux stériles, et donnant des cultures positives, où l'on constate le développement de moisissures de Tair et de quelques autres organismes.
4" Infeclion par 1rs débris de rrtrniefd. — lîeste maintenant à étudier le rôle (pie jouent les vêlements et la peau même du blessé dans l'infc^ction des plaies. La ([uestion, tout au moins pour ce qui est des vêtements, est susceptible de quelque développement.
L'expérimentation — les données de Va clinique laissées de coté — démontre qu'une balle tirée stérile sur un milieu de culture revêtu d'une flanelle infectée y ensemence des germes. Le nMe du projectile passe pour ainsi dire au second plan une fois la lésion anatomique produite: autrement dit le véliicule de rinfection dans la blessure est moins la balle que les débris de vêtement (et nous ajouterons tout à rbeure les débris de peau) qu'elle entraîne a>ec elle et abandonne dans les tissus.
Delorme a particulièrement attiré l'attention
sur celle complication des plaies de guerre.
D'après lui, le trajet suivi par le projectile a travers les parties molles est tapissé à partir de rorifice d'entrée par des filaments de laine, de fil, de coton, de cuir, filaments surtout accumulés au niveau des perforations aponévrotiques.
Très souvent cm trouve un gaieau >estimenlaire taillé à remporte-pièce [)ar le projectile auv dépens d(» toutes les cou(*li(»s Ira versées dans le vêlement (cliemise, capolte, caleçon, rulotle. chaussette, soulier). L'étendue de ces fragmenis vestimentaires superposés et accolés varie avec la vitesse- du projectile et la nature du tissu. Plus la vitesse de ce projectile est grande, plus il a agi par le mécanisme de l'abrasion, plus le galeau vestimentaire est étendu ; plus la vilesse du projectile est faible, plus il a dissocié les tissus vestimentaires comme les lissus organiques, plus faibles sont les dimensions des lamelles de vêlements abrasées. Quand la vilesse de la l)alle est 1res faible, on peut même ne plus rencontrer de plaques vestimentaires.
Dans le cas de lésions d'un os, le plus souvent le gâteau vestimentaire est arrelé près de
INFECTION EN CIllllUUr.IE D'ARMÉE
rorifice d'eiiln'c de la lésion osseuse, parfois dans le foyer même de la fraeture.
Connue nombre de chirurgiens anciens.
Hogdanik, Von Colerel Schjerning ont récemment observé sur 1(» vivant des débris de velem(»nts dans des plaies produites par des projectiles de guerre. Dans leurs expériences de tir, nos collègues allemands entre 1 00 et 000 mètres purent deux fois, avec Taide du microscope, reconnaîlre dans ré])aisseur des parties molles des (ilanuNils pro>enant de l'enveloppe de toile des (*adavres. En ulilisant de la toile noire qui se reconnaît facilement dans les chairs surtout ([uand elle est humide, à 700 mètres ils ont trouvé des débris dans l'2 pour 100 de leurs expériences. Le plus souvent ces débris se voyaient (d ordinaire au microscope) au niveau des fentes d(»s tendons perforés, souvent au niveau des fascia dans la profondeur de la plaie, quelquefois dans le fascia sous-cutané; rarement ils él4iient attachés aux esquilles.
Dans \[ expériences de tir sur le chien karlinslvi a toujours constaté des libres d*cloflc dans l'épaisseur des tissus constituant la paroi du trajet suivi par la balle.
MËC.XNISMI-: UE: L'INKECÏIUN il
VU qu'une halle nili'ai^sôi^ do U mlUt- [iMrfK tii'iîe ù '^00 mclrcs dans uti bloc de géValîne projette des particules c\centn<|ueineiit ^squ'ù une distance de \'i centiinMres de ton rujet: une balte de S iriillitnètre» tirée à 'i(l(l Blùlrc.1 les projette à !() ct'nliinMres et, tirée ù pOfI, une autre les a luiieiicB jusqu'à 13 ceiitinètres lie son trajet.
Dans uru' première cxpL-rience, il lire à âOO mèti-es à travers les fesses d'un eliieu avec fine iHiIle de G niilli mètres, l'ui'nère-train de iiiiiiul a>anl étt' entouré d'une étoile verte, t il constate que dans un rajon de deux ccnlinètres autour de l'oritiee desorlieon lelnune picore des particules d'étofl'c, alors que le rajet mesurait trante centimètres de longueur. Dans une seconde expérience il tire à 'îtii) inèlrcs à travers les épaules d'un chien et Irtmve dans le poumon, jusqu'à unedi.-'lance de l\ centimètres des parais du canal, des [larci'ik-s d'éti.ile.
Tavel a repris l'étude de la projeilion exct'U- Irlque pin- rapport au trajet de la liaUe des débris de vélenieul entraînés par elle : il a lire sur des lilocs de gélatine et a constaté que la lépa
rorifico (IViitn'c de la lésion osseuse, parfois clans le foyer même de la fracture.
Comme nombre de chirurgiens anciens, liogdanik. Von (^oleret Schjerning ont récemment observé sur 1(* vivant des débris de vêlements dans des plaies produites par des projectiles de guerre. Dans leurs expériences de tir. nos collègues allemands enire 1 00 et fiOO mètres purent deux fois, avec l'aide du microscope, reconnaître dans lépaisseur des parties molles des filaments |)ro>enanl de l'en\eloppe de toile des cadavres. En niilisant de la toile noire qui s<' reconnaît facilement dans les chairs surtoui quand elle est humide, à 700 mètres ils ont trouvé des débris dans 15 pour 100 de leurs expériences. Le plus souvent ces débris se voyaieni (d'ordinaire au microscope) au niveau des fenles des tendons perforés, souvent au niveau des fascia dans la profondeur de la plaie, quelquefois dans le fascia sous-cutané; rarement ils ét4iient att<ichés aux esquilles.
Dans 41 expériences de tir sur le chien Karlinski a toujours constaté des fibres d'étoile dans l'épaisseur des tissus constituant la paroi du trajet suivi par la balle.
MÉCAISISME DE L'INFECTION 21
11 a VU qu'une balle cuirassée de 6 millimelres tirée à 200 mètres dans un bloc de gélatine projette des particules excentriqueinent jusqu'à une distance de 12 centimètres de son trajet; une balle de 8 millimètres tirée à 'lOO mètres les projette à 10 centimètres et, tirée îi 800, une autre les a lancées jusqu'à 13 centimètres de son trajet.
Dans une première expérience, il tire à 1 00 mètres à travers les fesses d*un chien avec une balle de 6 millimètres, rarrière-train de lanimal avant été entouré dune étofle verte, et il constate que dans un rayon de deux centimètres autour de l'orifice de sortie on retrouve encore des particules d'étoffe, alors (jue le trajet mesurait trente centimètres de longueur.
Dans une seconde expérience il tire à 200 mètres à travers les épaules d'un chien et trouve dans le poumon, jusqu'à une dislance de 3 centimètres des parois du canal, des parcelles d'étofle.
Tavel a repris l'étude de la projection excentrique par rapport au trajet de la balle des débris de vêtement entraînés par elle : il a lire sur des blocs de gélatine et a constaté que la réparti-
•24 INKEi.ThjN E> «IHRIRGIE D'ARlilEli:
les evpi'rieiico> de Al. FraMikel el arriva aux iiièiiies conclusions.
PlVilil. sur les inslances cle Lanueiihuscli, a cherclir à savoir si vraiment les ai:enLs d'infeclion les plus srrieux se lron\enl dans les vèleuieuls des soldats el dans quelles proporlions ils Y exislenl. Il a expériuieulé sur des lapins el des souris blanches avec des slreplocoques el des slaphvlococpies.
(les niicrolK*s des infeclions Iraunialiques fureiil introduits non par coup de feu niais par insertion de parcelles de vêtements dans la ])eau, dans les muscles, dans les cavités pleurale ou péritonéale. Les vêtements étaient empruntés à des soldats, a des garçons de lalx)nitoire. à des ouvriers.
De 26 souris blanches soumises à l'insertion sous-culance, aucune ne manifesta le moindre phénomène d'inf(»clion traumaticpic,
II en fut (le même des lapins inoculés sous la [)eau de roreillc avec des morceaux de 3 à \ millimètres de diamètre. Même quand on ap|)liquait une bandelette de diachylon à la base de l'oreille, il n'\ avait qu'un peu d'hypérémie el un assez fort œdème local.
En portant de un tiers de centimètre à deux ou trois centimètres le diamètre des morceaux et en les insérant dans les muscles de la poitrine ou du ventre, la plaie refermée aussitôt guérissait parfaitement après un peu de tuméfaction sur place.
L'introduction de morceaux pareils dans la plèvre ou dans le péritoine ne donnait même pas la fièvre à Tanimal. A Tirutopsie du lapin sacrifié après quatre semaines on trouvait le lambeau d'étofic enveloppé de tissu cellulaire sur le côté de la colonne vertébrale.
On fit rexpérience comparative suivante :
de 3 lapins, avec des morceaux de vêtement de même provenance et de même taille, on inocula le premier dans la cavité pleurale droite avec un lambeau bumeclé d'une culture de bouillon virulent de streptocoques, le second avec un morceau imbibé de deux peliles colonies de stapliylococcus aureus provenant d'une pyéinie, le troisième reçut dans la plèvre les fragments pris au pantalon de soldat sans addition bactérienne.
Celui-ci n éprouva cpi^une faible et passagère élévation de température. Le lapin infecté
Nimier ht Laval. — InfocUoD. 2
INFECTION KN ClllULllGlE DAUMÉE
avec le slapliylcjcoccus niireus eut la fièvre le lendemain de ru|)éraiion, mais se rétablissait l()rs(|iril succomJ>a aeeiden tellement : à Taiit()j)sie on (M)nstalac|ne le lraj(»lde la plaie et une partie de la plèvre étaient tapissés d'un enduit purulent dans lequel se trouvait le fragment délolVe. L animal (|ui avait reeu du streplococpie fut pris d'un amaigrissement rapide (»t dune (iè> re fpii ne fil cpic s'exaspérer jusqu'à la fin du deuxième jour, moment auquel il succomba. L(*s lésions local(*s se montrèrent peu considérables : mais il avait des streptocoques dans le sang et le suc d(»s organes.
Kn somme, de 51 échantillons de vctemenls auxcjuels on fit traverser la peau des animaux, aucun ne se montra porteur des agents de Tinfeclion traumati(|ue. — Tout au moins, si ces fragments renfermaient des slre|)tocoques ou des slaplivlo(*ocpi(»s, ces microbes n'étaient pas ou n'étaient que très peu virulents. Ils s'atténuent sans doute cpiand par hasard les vêtements les recueillent. Pfiihl conclut, comme Al. FraMikel, que ses evpérienc(*s permettent de croire que les fragmcuits d'étolfe dans les plaies, sauf leur rôle mécanique, ucî sont pas très
dangereux. Le coiilact des blessures avee les vêlements ne l'est pas davantage au point de vue de 1 infection traunia tique. Tout le danger provient pour les coups de feu de Tattouchement des plaies par les doigts du (*liirurgien ou de ses aides.
Les expériences de Pfiihl sont passibles de deux objections qui en inlirment la valenr. Il n'a |)as. en ellel, l(»nn compte de la noiion d(» fjuanflii* ilrs f/t*rf/irs conlenus dans les friigments d étoffe implantés el, de plus, il a eu le tort de les introduire dans des plaies par instvumenis tranchants bien différentes connue terrain de culture des plaies par halles.
Comme microbes existant dans les vêlements du soldat, E. lîrnnner relève très souvent le stapliylocoquc pyogenes albus, le streptocoque, le coli-bacille, le bacille pvocviinique ; une fois il a trouvé la bacléridie cliarbonneuse. Ces microbes, d après .\ikolski, conserveraient mieux leur vitalité dans l(\s éloff(*s poreuses et grossières comme le drap de IrcMipe que dans les étoffes unies et épaisses: d'après Hobein, il y aurait plus de germes dans les vêtements en flanelle qne dans cen\ de loile
et de colon. Hobein ajoute encore que dans les conditions ordinaires, il n'y a pas prolifération des germes dans les vêtements ; toutefois elle se produit sous rinfluenee de l'humidité, delà transpiration.
En résumé, la halle traversant les vêtements entraîne avec elle des déhris de leurs tissus, déhris qui de règle infectés apportent des germes dans le foyer traumatique : c'est là l'une des causes hahiluelles, sinon la plus fréquente à notre épo([ue, de linfeclion d(*s plaies par projectiles de guerre.
y La pcdii cofnmr source d infection. — Ce serait commettre un gros ouhli que de ne pas signaler comme une source d'infection la peau elle-même du hiessé, Nous savons que la balle a son trou d'entrée crée une perte de substance; il y manque d'ordinaire un petit disque cutané du diamètre de 5-0-7 ou 8 millimètres, disque qui dissocié sous le choc est entraîné dans la profondeur avec les microbes qu'il renferme.
])c là l'infection possible de la blessure.
Les microbes de la peau, en effet, sont bien connus des chirurgiens comme agents d'infection des traumatismes accidentels ou chirurgi-
eaux et nul n'ignore eoinbien ils sont nombreux el variés.
Notre eamarade Remlingcr, qui a particulièrement étudié eette question de bactériologie, nous rappelle que la couche cornée de Tépiderme renferme le plus grand nombre de microbes.
Au-dessous d'elle on découvre au microscope çh et là entre les cellules de la couche de Malpighi des microbes sous forme de petits grains fortement colorés. Mais c'est surtout dans les conduits excréteurs des glandes, dont ils remplissent parfois toute la lumière, que les microorganismes sont nombreux. On en trouve aussi dans les follicules pileux, principalement dans leur partie supérieure, située au-<lessus de glandes sébacées, là où entre le poil et la paroi folliculaire il existe un espace libre destiné à l'écoulement de la matière sébacée. Ils pénètrent également dans les glandes sébacées et, çà et là dans les lacunes lymphatiques du derme, on rencontre encore des amas microbiens. Les microbes s'infiltrent donc dans toute l'épaisseur de la peau et on en trouve aussi bien dans les couches profondes que dans les couches superficielles.
A notre point do vue spécial, plus inlcressanl encore est le tableau suivant cpii donne, d'après Uemlinger, la répartition numérique des microbes sur la peau des diverses réjrions du corps.
Par cenliniètro cam* <lo peau on on complo à :
La face (joue) 4.790
Rrgion anlérieurc du cou. . . 15.720
Région antérieure du lliorax i2.7'i0
Aisselle 63. 070
Dos 11.140
Fare antérieure de 1 avant-hras.. 9.630
Main 59.760
Pli de laine 66.740
Scrotum 77.600
Périnée 172.000
Face antérieure de la cuisse. 47.370
Face dorsale du pied 75.88C
Outre leur nombre excessif les microbes de la peau nous ollVenl à étudier la variété inlinie des espèces auxcpielles ils appartieiment. Celles cpii existeni daus l(\s coucbes superficielles du tégument varient beaucoup suivant la profession du sujet, les \eteinents (piil porte, le pavs ([u'il bal)ile el une foule de conditions bien propres à permettre au soldat en campagne de colleclionner sur sa peau nombre d'es-
:V1 INFECTION KN CIlIULRCilE D'ARMI^IE
l'ir.. i. — Str(>[)|or(iecii'> ilc IV'rv!ti|H'I(" sur golost»
Kn;. .'». —
Stri*[)l<h(>ccii- pris d.ins la ))rorf>n(l«>ur d'une muiiuciiM» .'illi'iiili' i]o ilijiliti'iio l'I iiilti\ô mir ::^'Juîie.
MÉCANISME DE LiNFECTION 33
pèces microbiennes. Comme le dit Remlinger, il serait facile d'allonger indéfiniment la liste des microbes superficiels de la peau : mais, parmi ceux-ci, seuls méritent d'être retenus les agents pathogènes sujets à infiniment moins de variations que les espèces saprophy tiques.
Les saprophytes laissés de côté, Remlinger sur 50 hommes examinés a trouvé 23 fois le slaphylococcus albus : 11 fois Taureus, 14 fois le citreus, 8 fois le streptocoque pyogcne, 5 fois le coli-bacille : ^our ce dernier il n'a pas été tenu compte des coh-bacilles trouvés a la surface de la peau du scrotum ou du périnée, où leur présence est à peu près constante. Notre camarade remarque qu'il n'a pas rencontré de formes rappelant celles du bacille du tétanos ou du vibrion septique, mais il opérait sur des convalescents qui avaient séjourné assez longtemps à l'hôpital, à Tabri des conditions de pareilles infections.
Dans les couches profondes de la peau, sans doute en raison de l'état d'anaérobiose relative où ils vivent, les microbes appartiennent à des espèces peu nombreuses et la constance de ces espèces forme contraste avec la diversité
de celles rencontrées dans les couches superficielles. Les recherches de Remlinger ont porté sur 50 hommes et 38 fois il a obtenu des résultats positifs : chez 1 7 il a rencontré une seule espèce microhienne, chez 1 1 deux, chez 6 trois, chez 4 quatre. II a de plus constaté que, suivant la région du corps examiné, il n'\ avait pas dans le nomhre ou la nature des espèces microhiennes renconirées des particularités dignes d'être notées. Ces espèces ont été les suivantes : 1 5 fois les staphylocoques blancs, dorés ou citrins, 10 fois un bacille long hquéfîant la gélatine, et paraissant appartenir au groupe du subtihs, 6 fois un petit coccus, 6 fois un gros coccus, enfin H6 fois un petit microcoque particulier absolument inolTensif.
En résumé, nous retrouvons dans la peau les microbes pathogèn(*s déjà signalés dans les vêtements, savoir : les st<iph)locoques, streptocoques, coli-bacille, bacille du tétanos, vibrion septique, et nous verrons bientôt que ce sont là en elfet les agents ordinaires des infections relevées dans les blessures de guerre.
6° Infection jxir les tnicrohes des cavités naturelles. — Le projectile peut encore être
MÉCANISME DE LiNFECTION 35
cause crinfection parce ([uil traverse en se souillant une cavité naturelle, habitat de microbes, ainsi : la bouche, le tube digestif, les fosses nasales, ou Tappareil pulmonaire, la vessie. De plus l'infection peut se produire secondairement par un autre mécanisme : la mise (Ml communication de la cavité naturelle infectée avec les tissus voisins, tel par exemph? le cas du péritoine secondairemcMit infecté par une ouverture de l'intestin, de la vessie.
Flore bactérienne de la bouche.
Tandis que Miller compte cent (»spèces de microbes buccaux, Vignal les réduit à une vingtaine. Du reste, peu importe: ces «genis, dont les principaux seuls nous intéressent, se classent naturellement en deux groupes, les microbes inoffensifs, non pathogènes et les- autres qui, inoffensifs aussi à léUit normal dans les conditions de leur vie habituelle sur la muqueuse buccale, peuvent du fait des conditions créées par le traumatisme devenir pathogènes.
Les saprophytes normaux de la bouche (bacilles subtilis, termo, amvlobacter, spirilles,
leptothrix, bactéries chromogènes, elc), ne nous arrêteront pas, tout au plus peuvent-ils exalter à Toccasion la virulence des microbes pathogènes. Parmi ces derniers, la ilorc buccale nous présente : le bacteriuin coli, le streptocoque, le staphylocoque, le pseudo-bacille de Friedlander, à côte desquels nous citerons, quoique moins intéressants au point de vue chirurgical et à titre (riiotes accidentels : le bacille tuberculeuv, les bacilles diphtéritique et pseudo-diphtérilicpie, le bacille d'Kberlh, le champignon du muguet, ractinomyces.
Kniin le contenu microbien de la bouche varie avec les ahinents ingérés et l'air inspiré, milieux qui peuvent apporter d'autres microbes également nocils étrangers à la ilore buccale.
L'action sans cesse exercée par la salive sur ces divers agents microbiens mérite Tattenlion.
Ainsi qu il ressort d'une longue série de recherches entreprises par Sanarelli. la salive est un mauvais bouillon de culture pour beaucoup de microbes pathogènes (bacille d'Eberth, spirille cholérique, tétragène, streptocoque...): elle modifKî le ])neumocoque dans sa forme cl sa virulence. Charrhi, de son côté, reconnaît
liÉCAMSME DE L'INFECTIOS 37
que la plupart des espèce» microbiennes isolées dans la bouche, au moins dans la catégorie des pathogènes, no sont pas très exaltées. En dehors de certaines périodes, il est ordinairement nécessaire de pratiquer et pissages et cultures pour obtenir un virus fort, lorsqu'on a recueilli sur la langue le germe de ce virus.
B «pilkéli
Le pouvoir antiseptique, que la sjdive doit sans doute aux fermcnt.s solubles qu'elle renferme, d'ordinaire reste insufllsant lorsqu'un traumatisme met en communication la bouche avec rintimilé des tissus voisins, un fover de
NiHin n Laiil. — Infec&H]. 3
fracture du maxillaire inférieur par exemple. Alors, eu elTet, se développent souvent des accidents infectieux de la plus haute gravité.
Flore bactérienne du tube digestif.
11 n'existe actuellement, dit Wurtz, que peu de documents sur la llore bac^tériologique normale de ïeslomac chez l'homme. L'apport incessant de germes dans la cavité stomacale rend ces recherches dirticiles. La salive, les aliments ne cessent, en elfet, d'y déverser des microorganismes en quantités innombrables. De ceux-ci les uns sont détruits par le suc gastrique, les autres, après pénétration dans l'intestin, sont ou expulsés avec les selles, ou détruits par les conditions du milieu dans lequel ils se trouvent. Outre ces microbes d'apport l'on ne saurait affirmer l'existence de micro-organismes habitant normalement Testomac, comme le bactérium coli liabite rintestin.
Après un jeûne prolongé suivi de lavage Abelous a trouvé (hms un estomac les espèces suivantes: sarcine ventriculi, bacilles pyocyanitjue, lactique, sublilis, mycoïde, amylobac-
BIÉCANISME DE L'INFECTION 39
1er, vibrio rugula, et d'autres espèces indéterminées.
Enfin, d*aprcs Langermann, le nombre des bactéries de l'estomac serait beaucoup phis considérable quand il existe des troubles digestifs.
Si Testomac est très riche en microbes, le iliiodénuni grâce îi Taction antiseptique de la bile et du suc pancréatique en contient deux fois moins, mais du pylore jusqu'à la valvule de Bauhin dans Fintestin grôle leur nond)re ne cesse de s'accroître. Il atteint son apoj^ée dans l'iléon, puis s'abaisse brusquement à partir du cœcum.
Dans rinlestin, outre les microbes qui y arrivent avec les aliments, il en est qui y trouvent leur habitat normal, mais au total le nombre des variétés microbiennes inteslinales, chez l'homme, n'est pas aussi considérable qu'on le pourrait croire. La variété des espèces provient surtout des germes alimentaires, et, vu le petit nombre de leurs spécimens, ceux-ci n'ont aucune importance dans la flore intestinale: ils sont détruits par les bacilles pro|)res de l'intestin, le bacterium coli en particulier. qui est le plus abondant et à côté duquel, outre
le prolcus vulgaris, on peut trouver tous les microbes pathogènes.
De par sa fonction le foie est exposé à Tenvaliissenient par les microbes qui infectent Torganisme et aux al teintes de leurs poisons. En outre, si la bile, et par suite ses canaux et réservoir sont à 1 état normal aseptiques, il s'y trouve dans certîûns cas des bacilles pathogènes, le baclerium coli en particulier.
Si à l'état normal le péritoine ne renferme aucun micro-organisme, les germes peuvent y pénétrer, rarement par la circulation sanguine, mais d'ordinaire par propagation, ou. et ceci nous intéresse surtout, par effraction. On conçoit par suite quels doivent être le nombre et la variété des es|)èces microbiennes de la péritonite aiguë.
L(* plus habiluellemenl, c'est le baclériam coli qui joue le premier rôle dans la péritonite par perforation, mais la clinique fournit des exenqdes de !a nocivité du streptocoque, du staphylocoque, du gonocoque, voire même du j>neumoco(pie. du bacille lactique, du proteus vulgîuis et surtout de ces microbes encore mal déterminés, dits microbes de la putréfaction.
Flore bactérienne des fosses nasales.
L'air en traversant les fosses nasales y abandonne la majeure partie des poussières et par suite des microbes qui le souillent ; ceux-ci englués dans le mucus nasal, ou bien sont expulsés avec lui, ou bien sont détruits par lui. \u total le nombre des germes contenus dans h» nez est beaucoup moins considérable (pion ne serait porté à le croire. En s'en tenant aux germes pathogènes Wurtz indique comme y ayant été trouvés à Tétai normal : le streptocoque i)yogène, le pneumocoque, le pneumobacille de Fricdlander, les staphylococjues aureus, albus et cilreus, le bacille de Koch.
Flore bactérienne du poumon.