‹ De l'Infection en chirurgie d'armeeChapitre 8 sur 22 · RÉCEPTIVITÉ DU TERRAIN · texte numérisé non relu

RÉCEPTIVITÉ DU TERRAIN

vestimentaires et cutanés, vecteurs de microbes. La vitalité du milieu infecté est réduite du fait de Faction mécanique subie par les cellules, du fait du trouble de son irrigation vasculaire et nerveuse; en outre il renferme du sang épanché ou infiltré, et par suite en état de jouer le rôle de bouillon de culture : ajoutez encore que la balle a ouvert des tissus d'infection facile: tissus cellulaire sous-cutané et in lormusculaire ; gaines synoviales tendineuses, synoviales articulaires , séreuses viscérales , moelle osseuse.

Une autre condition qui influe sur Télat do réceptivité des blessures à l'égard des microbes pathogènes réside dans l'état général du blessé lui-même. Cet état général dépend et des conditions de la vie menée par riionime avant la blessure, et des conditions dans lesquelles il se trouve au cours du traitement. C'est dire que, en plus de la valeur physique normale du sujet avant le début des hostilités, le chirurgien doil tenir compte des fatigues qu'il a subies au cours de la campagne et du milieu dans lequel le blessé se trouvera hospitalisé. i\ous serons bref sur ce chapitre, préférant mettre dans un

instant sous les yeux du lecteur quelques pages instructives empruntées à Salleron.

Les anciens chirurgiens ont noté rinfluencc de la nationalité sur la plus ou moins grande aptitude à su|)porter les traumatismes de guerre. Fischer écrit que les Français et les Anglais guérissent plus facilement que les Allemands, les Polonais ou les ItaUens, parce que couché dans un lit d'hôpital le Français conserve sa gaieté et sa légèrelé de caractère, parce que l'Anglais est tranquille, patient, indifférent, tandis que l Allemand reste renfermé en luimême et que les Polonais comme les Italiens sont nerveux et irritables. Peut-être ces différences à l'époque actuelle sont-elles moins tranchées.

Plus sujettes a l'infection seront les blessures reçues a la lin d'une campagne, surtout d'une campagne de longue durée ; plus sujettes aussi celles observées chez les vaincus, dont le moral et les conditions d'existence matérielles auront brisé les ressorts.

C'est ainsi (ju'Ksmarch rapporte que la mortalité après amputation dn fémur, dans l'armée vaincue du Schleswig-Ilolstein, dépassa de 3,5

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pour 100 celle observée dans rarinée danoise victorieuse.

Dans la deuxième guerre du Schleswig- Holslein, la mortalité des blessés dans les lazarets fut de 16 pour 100 pour les Prussiens et de 33 pour 100 pour les Danois.

Déjà Roux avait fait une remarque analogue chez les blessés de 181 i-1815.

(( Voyez, écrit-il, le triste spectacle que nous offraient les blessés de 1814 et de 1815: leur moral abattu par la défaite, les privations de tout genre qu'ils avaient supportées, les livraient en victimes au typhus et à la pourriture d'hôpital. ))

L'influence des climats mériterait encore d'être relevée, mais si d'après Larrey, Guihrie, Haudens, la guérison des coups de feu est plus rapide dans les pays chauds, l'Algérie en particulier, l'on ne saurait oublier les pertes que nous avons subies au Mexique, au Tonkin.

A côté des conditions climalériques favorables, parce qu'elles permettent la vie au grand air. sans crainte des épidémies que développe l'encombrement, les pays chauds réagissent en mal sur la vitalité des hommes, le paludisme en

particulier diminue la résistance des blessés. Il est vrai que, dans les climats froids et dans les campagnes d'hiver, les infections ont été la règle; pas n'est besoin d'en détailler les raisons, Salleron va nous les dire.

Dan^ un chainirciniilulè: Recherches des causes des accidents el des compUcadons, Salleron décril de main de maître les causes secondes des infections cliez les blessés de guerre. 11 lui manquait la notion des germes spécifiques |X)ur compléter, par l'indication des causes premières^ une étude qui telle quelle mérite d'être connue des chirurgiens militaires.

Habitués, dit Salleron, à des succès nombreux et faciles, les chirurgiens de Tarmée d'Afrique devaient éprouver en Orient de cruels mécomptes, de tristes déceptions, el se montrer moins sévères pour leurs devanciers, qu'ils ont souvent traités avec trop peu d'indulgence.

La plus grave de toutes les complications, Tinfeclion purulente, que nous avons eue à combattre et qui a fait périr le plus de blessés et d'amputés, ayant rapidement el énergiquement sévi sur les blessés de TAIma, les premiers qui ont été reçus dans les hôpitaux de Constantinople tout exprès installés pour eux, il n'était ni |X)ssible ni logique d'en chercher uniquement la cause dans l'cncom-

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