SON
qu’il s’agissait là d’une infection secondaire à la grippe à début typhoïde, qui avait pris dans la suite une allure subaigüe avec suppurations multiples. Telle fut également l'opinion de M. Hanot qui vit la malade avec nous le jour même.
C'était la süppuration de l'oreille qui avait été le point de dépärt des phénomènes infectieux ; on a, du reste; signalé de nombreux cas de septicémie à la suite d’une suppuration locale.
En présence de cet état septicémique dont on ne pouvait méconnaître la gravité, on institua une thérapeutique énergique, mais malgré cela la malade ne fit que progresser.
La malade continua à présenter des phénomènes de suppurations abondantes au milieu desquels on trouvait des lambeaux sphacélés de muscles et de tendons. L’état général devient de plus en plus mauvais; la malade plongée dans un état profond d’adynamie, paraît rester étrangère à ce qui se passe à ses côtés : elle est en proie à un délire tranquille pendant lequel elle prononce des paroles sans suite; les nuits se passent sans sommeil, la température présente le type rémittent oscillant entre 38 degrés le matin et 39° 3 à 40 degrés le soir. Bientôt, une diarrhée abondante à odeur fétide vient aggraver la situation et, c’est au milieu de symptômes de
cachexie et de marasme les plus avancés que la malade meurt le 18 mars.
La maladie avait duré en tout trois mois et demi. M. le docteur Bloch nous assure que lexamen bactériologique adécouvert le streptocoque seul dans
le pus examiné.
CONCEUSIONS
I: — Largrippé ést une maladié des plus infectieuses dont l’ageñt pathogène n’est pas encore déterminé. |
Il. — Cette maladie sert de porte d'entrée aux microbes de la suppuration et spécialement au streptococcus pyogenes qui, par sa symbiose avec le micro-organisme de l’influenza,acquiert une virulence variable suivant la nature du terrain et l’état de réceptivité individuelle.
III. — Cette virulence se manifeste par des phénomènes soit locaux, soit généraux, le plus souvent locaux, dans Jes cas de grippe bénigne (érysipèle, abcès sous-cutanés).
IV. — Dans les cas de pyhémie on de septciémie la marche peut être aigüe ou subaigüe.
V. — La grippe modifie les maladies ordinaires avec lesquelles elle coïncide et c’est au moment de cette longue et pénible convalescence que le strep-
tocoque détermine le plus souvent les accidents infec-
tieux.
Vu:
Le Président de la thèse, L. GRANCHER.
Vus Le Doyen, BROUARDEL.
Vu et permis d'imprimer : Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.