‹ De l'infection par le streptocoque: au cours et au déclin de la grippeChapitre 6 sur 23 · IS · texte numérisé non relu

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tintéments d'oreilles, douleurs aigüés dans le médt auditif où il se formait souvent un 4bcès.

En 1769 Lepecdq dé la Ciôturé observe dans la Basse-Normandie une épidémie pendant laquelle presque tous les malades se plaignaient d’uné douleur vive’ ét lanciriante dans les oréillés vec fluxiôns et abcès.

H'nous faut arrivér ensuite aux épidémies de r?75

et 1779 pour avoir quelqués donnéés certaines sur les caractères infectiéux ét pyohémiqués dé la grippe. Baker et Heberden signalent an grand nombre de parotidites suppurées. En r779 surtout, où les otites senblaient prédominer lés autres co:nplications « Iés malades avaient dés douleurs dé tête « très digüés accompagriéés de lirmoiément ét de « douleurs d'oreilles violentes qui né dispardissaient «ique par Pexcrétion d'une sérosité abondante et « extrêmement fétide par les oreilles et d’un mucus « très épais par les marines. »

L’épidémie de 1837, fit beaucoup de ravages à Paris. Le catarrhe revêtait la forme dé la pneumonie, de manière qu’il était bien difficile de lé distinguer de cette dernière : les malades présentaient dans ce cas, une toux vive et sèche, de la dyspnée, uné douléur aigüe à la région des fausses côtes, des douleurs rhumatismales vagues dans différentes parties du corps, et quelquefois le malade était emporté en trois

Sons

ou quatre jours au milieu des symptômes ataxo-adynamiques. « À l’autopsie on retrouvait les poumons suppurés et des fausses membranes dans les bronches. »

Graves, dans ses descriptions sur cette épidémie semble indiquer que le poison grippal frappait surtout les muscles bronchiques. Il affirme que pendant l'épidémie grippale de 1837 il a observé assez souvent « des cas de mort avec les signes de paralysie du poumon ». Voici ce qu’il dit encore :

« Dans beaucoup de cas, la dyspnée est intermit- « tente, ou du moins elle présente à certaines heures « des exacerbations et des rémissions notables. . Il « semblerait donc que les troubles respiratoires dé- « pendent.de la même cause générale que produit « tous les autres symptômes et qu’ils peuvent exister « même lorsque la phlegmasie bronchique manque « complètement. Il est bien certain que la bronchite « lorsqu’elle existe ajoute encore à la gêne de la « respiration, mais la dyspnée paraît résulter avant « tout de quelque trouble survenu dans Pactivité « vitale du. poumon. »

Bonnemaison rapporte qu’en 1874 à Toulouse, la pneumonie était la compagne assidue de la grippe et que dans les complications grippales, la pneumonie revêtait un caractère insolite dans ses allures et ses

terminaisons foudroÿantes. Il signale en même temps

Papparition simultanée de la fièvre puerpérale et de l’érysipèle dans les salles de l’hôpital. Un amputé succombe par suite d’infection purulente.

En 1880, Richet rapporte qu’à l’Hôtel-Dieu un de ses malades mourut de complication grippale avec périostite diffuse du tiers inférieur du fémur.

Depuis, nombre d’observateurs ont signalé les complications suppuratives de l’influenza. M. Ménétrier dans un travail fort remarquable étudie les rapports de la pneumonie et de la grippe en 1886. La plupart de ses observations et l'examen bacteriologique dénotent la présence du pneumocoque, du streptocoque et du staphylocoque. Parmi ses observations se trouve celle de M. le professeur Jaccoud qui semble énoncer clairement le résultat de la symbiose microbienne, l'infection purulente suite de pneumonie grippale. |

Suivent ensuite les communications de MM. Netter, Laveran, Vaillard et Vincent qui signalent à la Société médicale des hôpitaux des cas nombreux de grippe infectieuse dus au pneumocoque et surtout au streptocoque.

La grippe est une maladie dont le microbe est encore à découvrir malgré les recherches nombreuses entreprises dans les dernières épidémies. Nombre d’auteurs ont attribué sa nature spécifique et contagieuse à différents agents pathogènes. Letzerich, en ne mentionnant que les recherches les plus récentes, prétend avoir trouvé un microccus dans le sang : Seifert aurait signalé tout récemment des cocci dans les secrétions du nez et dans les crachats mais par contre les cocci n’existeraient ni dans le liquide lacrymal, ni dans le sang des malades et les expériences faites pour les inoculer aux animaux seraient restées infructeuses. MM. Laveran et l'eissier dans leurs nouvelles analyses bactériologiques ont découvert un diplo-bacille dans lurine des malades atteints de la grippe et dans le sang de ces mêmes malades des strepto-bacilles qui ne seraient qu’une des formes des diplo-bacilles de l'urine. Mais là est la question de la spécificité. Il en est de même

du, micro-organisme découvert par Kirchner et

auquel cet auteur attribue une si grande importance dans la pathogénie de linfluenza. M. Achalme a bien rencontré dans les humeurs pathologiques grippales « pus pleural, péricardite, exsudat pulmonnaire, » un microbe correspondant à la description qu’en a donné Kirchner, mais cette question est toujours des plus complexes, les résultats sont toujours contradictoires, et de nouvelles investigations bactériologiques sont nécessaires pour découvrir l’agent pathogène de l’influenza.

Mais ce qui est certain, en tout cas, c’est que dans la grippe, les différents microbes pyogènes y ont êté constatés avec une grande fréquence et parmi ces micro-organismes le streptocoque occupe une place prépondérante. Nous n’irons pas aussi loin que M. Ribert et plusieurs auteurs qui ont fait jouer au streptocoque un rôle dans la pathogénie del’influenza néanmoins il nous faut reconnaître avec MM. Jaccoud, Netter,Vaillard, Vincent, que dansles dernières épidémies, le streptocoque « a joué un rôle de premier ordre. » |

Les évolutions suppuratives de ce micro-organisme, « ce microbe à tout faire», son association à d’autres parasites du même ordre et le mécanisme des lésions qui en résultent dans les différentes complications pleurales et pulmonnaires ont été bien mis en lumière par les intéressants travaux de MM. Vi-

gnalou et Mosny. En 1886 M. Ménétrier, dans une étude sur les rapport de la pneumonie etde la grippe - signale quelques infections secondaires dues à plusieurs parasites, entre autres le streptocoque, intervenant soit simultanément, soit successivement, pour déterminer des lésions infectieuses localisées au tissu pulmonnaire ou généralisées à tout l’organisme Vechselbaum en 1887 avait publié un résultat de recherches longtemps poursuivies et constatait que dans un grand nombre de pneumonies grippales, 1l avait rencontré dans l’exsudat pneumonique quatre variétés de microbes : un bacille un diplocoque ovoide, un stophylocoque et un streptocoque. Et Vechsalbaum mettait sur le compte de ces deux derniers parasites les diverses complications qui dans Pépidémie grippale de 1886 aboutissaient quelquefois à la suppuration et à la pyohémie.

Des observations concluantes à ce sujet se succèdent de plus en plus, il résulte que le streptocoque - fait de la grippe une maladie d’élection pour manifester au plus haut degré ses propriétés infectieuses.

« Parmi les micro-organismes rencontrés le plus « souvent comme facteurs de complications locales « ou générales, au cours ou au déclin de la grippe, « dit M. Hanot, le streptocoque est certainement « l’un des plus fréquents et l’on peut dire que c’est

« le véritable familier du microbe encore inconnu de

« l’influenza. Le streptocoque semble même trouver « en lui un puissant auxiliaire pour se manifester au « plus haut degré de sa virulence, tantôt réalisant « pour son compte l'infection générale, la septécémie « streptococcique, tantôt créant des infections lo- « cales, pleurales, pulmonaires, méningées, tantôt « enfin, jouant le rôle de simple agent pyogène. « Dans bien des cas, il se substitue à lui et com- « mande seul à la fois la symptomatologie et le pro- « nostic de laffection. »

Nous pouvons donc considérer la grippe comme une porte d'entrée aux microbes les plus différents qui subissent une exaltation pathogène sous l'influence des produits toxiques sécrétés par le microbe spécial à cette maladie. M. Laveran a constamment rencontré le streptocoque dans le sang, les liquides épanchés des malades morts de grippe infectieuse, alors l'examen du sang recueilli chez les mêmes malades dans le cours de l'influenza ne révélait ni streptocoque ni aucun autre microbe. « Il peut se faire que sous Pinfluence des conditions atmosphériques qui précèdent à l'apparition de la grippe, la virulence de certains microbes vulgaires et spécialement celle du streptocoque soit exaltée et que dans ces conditions ces microbes donnent naissance à des accidents beaucoup plus graves que ceux qu’ils produisent d’ordinaire. » C’est aussi lopinion de M. Bouchard.

M. Achalme a démontré l'importance de la symbiose du streptocoque avec les autres agents motbigènes - pour expliquer les diverses inféctions secondaires dues aux méfaits de cé parasite. En effét non seulement la grippé, mais les maladies générales telles que : rougeole; diphtérie, fièvre typhoïde, tüberculose, scarlatiné, peuvent éxalter à uñ très haut degré fa virulence du stréptocoque et donner lieu à des accidents complexes plus fréquents qu’on ne le soup- Çonnait autrefois. Mais de toutes les complications, celles de la grippe sont cellés dans lésquellés on rencontre le plus souvent le streptocoqüe. Îf agit en donnant lieu tantôt à uné lésion localisée, tantôt à üne infection générale ainsi qu’il résulte des diverses obsérvätions recueillies dans fes dérnièrés épidémies. Son rôle est encore plus spécifique s’il agit de concert avec le preumocoque avéc lésions localisées aux organes de la respiration. Lé poison grippal résultant de là symbiosé stréptococcique peut frapper d'emblée les muscles bronchiqués et donner lieu à ces cas de grippe à formé asphyxique se terminant rapidement par la mort. MM. Vaillard et Vincent ont püblié deux observations de ce genre en 1890. Les streptocoques furent rétrouvés dans le sang ét les . viscères recueillis aussitôt que possible après le décës : très peu de pnéumocoqües. Cet état parétique des bronches survient comme complication de la

grippe thoracique et explique ainsi en grande partie ces terminaisons mortelles et inopinées dans les épidémies grippales. Nous pouvons rappeler ici l’admirable leçon de clinique que M. le professeur Jaccoud a consacrée à l’étude de l'infection secondaire par les microbes de la suppuration associés au parasite de la pneumonie, lors de l’épidémie grippale de 1886. Dans l’une de ses observations, 1l s’agit d’un malade atteint de pneumonie en pleine période de résolution, quand survient tout à coup une aggravation de l'état général, et le malade succombe à l’infection pyhémique avec abcès miliaires dans les deux reins, arthrites suppurées de l’épaule droite et du genou droit. Toutes ces lésions renfermaient des streptocoques formant parfois d'énormes chaïînettes et quelques staphylocoques. :

L'intervention du streptocoque dans la grippe, son association à d’autres agents pathogènes, la plus ou moins grande résistance de l’organisme affecté peuvent donc être suffisantes à la transformation de ce microbe jusque là inoffensif et banal en variétés de virulence différentes :

« Une modification dans la virulence du microbe pathogène dit le docteur Vidal, telle est la cause qui détermine pour une grande part, la variété des formes d’une même maladie. La virulence n’est que la fonction du microbe, c’est son aptitude à se développer

dans un être vivant. Cette aptitude n’est pas une qualité permanente; le micro-organisme peut la’ perdre ou l’acquérir. De même que le microccus prodigiosius ou le microccus pyocaneus peuvent-être privés de leurs fonctions chromogènes de même le streptococcus pyogenes peut être dépouillé de ses fonctions pathogènes de virulence...

« Des virulences nouvelles peuvent se créer à notre insu dans la nature, et l’on conçoit que le streptocoque, végétant en dehors de l’organisme puisse acquérir des propriétés pathogènes variables ; de même à l’intérieur du corps humain, il peut transformer sa virulence et donner naissance à ces types modifiés que l’on observe parfois au déclin des épidémies. »

Cette variation de virulence tient, comme le dit encore M. Achalme, à ce qu’il existe non plusieurs espèces de streptocoques mais des variétés de même espèce. Et cette remarque est si juste que plusieurs de nos observations relatent des cas d’érysipèle survenant chez certains malades au déclin de l’inftuenza, lorsqu’à côté de ceux-ci, dans des salles contiguës d’autres étaient atteints secondairement d’endocardites infectieuses, d’arthrites suppurées et de pleurésies purulentes. Le streptococcus pyogenes et le streptococcus érysinelatus de Féhleisen étant reconnus

aujourd’hui de même nature, il était tout naturel que

l’érysipèle puisse se manifester dans les différentes complications grippales.

Ces variétés de virulence streptococcique, dont nous parlions précédemment, produiront des effets différents suivant la nature du terrain sur lequel ils évoluent. La virulence n’est pas un terme absolu mais relatif; un microbe virulent pour un individu pourra être inoffensif pour un autre. Il faut donc tenir compte de ces deux éléments en présence : le microbe et le terrain. |

D'un côté, augmentation de virulence microbienne, de l’autre résistance moindre de l’économie. « Un des caractères principaux de l’influenza, dit M. Chantemesse est précisément de favoriser avec une grande puissance la pénétration et la culture dans l’organisme des microbes qui sans elle auraient été rapidement détruits. Aussi les infections secondaires sont-elleshabituellement'produites par des organismes qu'on trouve chez nous à l’état normal, le strepto-: coque le peneumocoque, le staphylocoque. ».

Or la grippe en mettant l'organisme dans un état d’affaiblissement général le prive de ses modes de défense contre les agents pyogènes. Il n’y à donc rien d'étonnant à ce que les complications de cette maladie prennent souvent le caractère infectieux et purulent. De là la fréquence des angines, des otites, des parotidites suppurées de pleurésies purulentes,

d’arthrites, de pericardites, d’endocardites infectieuses, d’érysipèles, d’abcès (etc.), observés dans

les dernières épidémies.

Certains auteurs, tout en admettant les symbioses microbiennes, prétendraient que l'infection est primitive, d’origine atmosphérique, eflectuée par la voie des bronches, en tout semblable à celle de la grippe, les deux microbes pénétrant simultanément dans l’économie. L'influence atmosphérique est certainement indéniable dans les pneumonies grippales avec suppurations en foyers, mais ces cas ne sont pas À confondre avec les abcès métastatiques de la pyémie dont les lésions sont bien différentes et où l'infection se produit non plus par la voie des bronches, mais est d’origine vasculaire. D'ailleurs, il est bien démontré aujourd’hui qne le streptocoque habite les cavités naturelles de l’organisme, qu'ila le pouvoir de végéter pendant un temps relativement assez long dans l'intimité de nos tissus prêt à reprendre sa virulence ét son pouvoir pathogène à l’occasion d’influences encore mal déterminées. C’est, du reste, à l'abri de l'air, loin du contact d'oxygène libre que le streptocoquese trouve dans les meilleures conditions de vitalité et de revevescence. Roux et Vidal ont pu conserver toute une année des cultures de streptocoques dans des.tubes exactement remplis et fermés

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