‹ De l'infection par le streptocoque: au cours et au déclin de la grippeChapitre 8 sur 23 · FRÉQUENCE DANS LES. INFECTIONS · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE DANS LES. INFECTIONS

Les diverses communications faites à la Société médicale des hôpitaux par MM. Netter, Chantemesse, Laveran, Vaillard et Vincent, pendant l’épidémie grippale de 1890, dénotent que la grande majorité des infections secondaires étaient dues au streptocoque.

M. Netter dans ses recherches bactériologiques a rencontré le streptocoque ainsi qu'il suit :

Une pneumonie terminée par la mort, était déterminée par le pneumocoque associé au streptocoque. Dans cinq broncho-pneumonies l'examen bactériologique révélait trois fois Le streptocoque et deux fois le pneumocoque. De six cas d’otite suppurée quatre étaient déterminées par le streptocoque, deux parle pneumocoque. Dans dix pleurésies purulentes, M. Netter a trouvé huit fois le streptocoque et deux fois le pneumocoque.

M. Laveran rapporte six observations de paeu-

monie et de pleurésie purulente toutes dûes au

streptocoque, deux cas de péritonite aiguë suppurée déterminées par le streptocoque.

Les cinq observations de broncho-pneumonie et de pleurésie purulente relatées par MM. Vaillard et Vincent, sont également toutes déterminées par le même micro-organisme

Trois cas de pleurésie, de péricardite et de péritonite relèvent de l'infection streptococcique.

Un cas de grippe à forme asphyxique avec congestion pulmonaire et léger œdème est dû au streptocoque. |

Dans l’examen des liquides épanchés, d’empyèmes liés à l’évolution de la grippe, MM. Vaillard et Vincent ont constamment rencontré le streptocoque. Dans l’examen des crachats chez les sujets atteints de grippe bénigne et sévère ces mêmes observateurs ont toujours constaté « au milieu d'organismes divers mais peu nombreux l’existence d’un microbe en chainettes absolument semblable à celui qui était rencontré dans le sang et les viscères de sujets morts de grippe et dans les liquides épanchés durant la vie. Les cultures faites avec ces crachats ont toujours fourni quelquetois à l’état pur le même streptocoque ; dans les cas de culture mixte, il se montrait toujours prédominant. »

Nous ne ferons que mentionner ici les célèbres observations d’infection secondaire à streptocoque

ie de MM. Jaccoud et Verneuil, observations dont nous avons parlé précédemment. Sur quarante-deux cas de grippe, le docteur Antony relate 14 cas de complication véritable, avec accidents dypsnéiques : deux des malades ayant succombé, l’examen bactériologique démontrait que le streptocoque était l'agent infectieux, cause du décès. Un cas d’othorrée dans lequel on trouvait le streptocoque.

L'examen de quatorze malades, atteints de grippe infectieuse, examinés par M. Du Cazal au point de vue bactériologigne a toujours révélé le streptocoque comme l’agent spécifique de l'infection secondaire.

Le docteur Ferrand cite comme accidents consécutifs à la grippe deux cas de phlébite dont l’un fut bientôt compliqué de pneumonie puis de pleuropneumonie, de phlegmatia et d’ascite. Il n’est pas invraisemblabe qu’un cas de phlébite et de phlegmatia alba-dolens puissent renterer dans le domaine de la grippe infectieuse puisque les recherches de M. Vidalont démontré quela phlébite puerpérale était due à l'infection streptococcique. Ce fait est du reste confirmé par l'observation que M. Burlureaux a publiée en 1890. Il s’agissait d’un cavalier de remonte qui succomba par suite de septicémie aigüe et de phlegmatia alba dolens consécutives à la grippe. Le sang de la veine poplitée droite recueilli trois

36 = heures après la mort, était très riche en streptocoques.

« Notre malade avait succombé, en somme, à une septicémie aigüe sans érysipéle-et sans porte d’entrée appréciable. Il n’avait eu ni plaie extérieure, ni angine et cette septicémie avait revêtu un caractère de malignité que lon n’observe guère que dans la maladie expérimentale ou dans les grandes épidémies de fièvre puerpérale. » D'ailleurs, ainsi que le dit M. Laveron, les streptocoques se rencontrent dans le sang des malades atteints de grippe infectieuse comme dans le sang des femmes qui sont sous le coup de l’infection puerpérale.

Dans la même épidémie de 1890, le docteur Gaucher mentionne deux cas de suppurations cutanées dûes au streptocoque à côté d’accidents douloureux très intenses et pseudo-rhumatismes infectueux.

Le docteur Lemoine de Lyon signale quatre cas d’érysipèle consécutifs à la grippale dont trois furent accompagnés de parotidites -suppurées à streptocoques.

Des vingt-cinq observations de pleurésie purulente à streptocoques ‘rapportées dann la thèse de M. Vignalou douze ont évolué pendant l’épidémie grippale. Énfin William Benett, cite dans la Lancette anglaise 1890 quatre observations sur des cas de pyhémié et de suppurations dues à la grippe.

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