‹ De l'Infectiosité et de la Contagiosité de l'Amygdalite AiguëChapitre 32 sur 57 · Descoings. Thèse de Paris, 1890, n · texte numérisé non relu

Descoings. Thèse de Paris, 1890, n

3. Houmon. Colonial Congress. of Australasia, 1889. In jourmal of laryngology, n. 7, 1890.

les caractères endémiques et épidémiques que revêt là-bas l’amygdalite simple. La maladie présente le caractère endémique en certaines localités où les conditions hygiéniques laissent à désirer.

Jeanselme (1), donne en 1890, dans la Gazette des Hôpitaux, l'observation suivante:

« J'ai eu, l’année dernière, l’occasion d’observer une épidémie d’angine catarrhale simple dans une famille composée de sept personnes. Cinq d’entre elles, la mère, trois enfants et une domestique, furent successivement atteintes, je présentai aussi une légère atteinte d'amygdalite, ce qui porte à six sur huit le nombre de sujets qui contractèrent cette singulière angine. IL y avait à la même époque dans un établissement scolaire voisin, où deux des enfants faisaient leurs études, un certain nombre de cas d’angines légères. Malgré des recherches actives et réitérées sur chacun des malades je ne pus trouver aucune trace d’éruption ou de desquamation, et l’un des enfants atteints avait déjà eu la scarlatine et la rougeole. Toute cette famille est fortement entachée de lymphatisme; les enfants notamment portent des adénopathies sous-maxillaires très prononcées, leurs amygdales hypertrophiées arrivent presque au contact; et l’un des deux garçons vient d'être opéré de tumeurs adénoïdes du pharynx. Je tiens de la mère que ces angines sont très fréquentes dans la famille et qu’elles y règnent toujours épidémiquement.

1, Jeanselme. Gazette des hôpitaux, 1890, page ror.

Richardière fait l'exposé de deux petites épidémies qui sévissent, l'une dans une salle d'hôpital, l’autre dans une famille.

Premier cas. — Petite épidémie observée à l'Hôtel-Dieu. — Le 14 janvier 18or, entrait à l'Hôtel- Dieu annexe, uné fille de 18 ans, du nom de M... Cette jeune fille était souffrante depuis deux jours, Douleurs à la gorge et gêné de la déglutition. Amygdalite double, gorge rouge, amygdales volumineuses recouvertes d’un enduit pultacé déposé par îlots de quelques millimètres d’étendue. Plongés dans l’eau ces débris se dissolvent très bien. IL ne pouvait donc être question d’angine diphtérique. Symptômes généraux bénins, température variant de 38° à 39°,5. Le quatrième jour la défervescence s’effectuait. Pas d’albumine. Quelques jours après plusieurs cas d’amygdalites se déclarèrent dans la salle, il se déclara une petite épidémie.

Trois jours après la malade M..., sa voisine de Lit, fut prise d’amygdalite double, exempte de toute complication. Seule l'élévation de la température témoigne du caractère infectieux de la maladie. Huit jours après l'entrée de la malade M... et quatre jours après le début de la deuxième amygdalite, un /roisième cas se déclara, puis un quatrième à l'extrémité de la salle chez une femme atteinte de goître exophtalmique. Ensuite vint le tour de l’externe.

1, Richardière, Semaine médicale, 1801, n, 44, page 365.

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Deuxième cas. — Petite épidémie observée en ville. — Une jeune domestique chargée de la garde d’un enfant est atteinte en novembre 1889 d’une amygdalite simple.

Deux jours après, Le bébé que cette bonne gardait fut pris d'amygdalite.

La mère et la grand'mère qui l'avaient soigné furent prises à leur tour.

Martin (1), soutient l'opinion contagiosiste dans un article du /ournalde Médecine de Paris, 1891.

Constantinescu (2), publie une observa‘ion personnelle que nous exposerons plus loin.

Dubousquet-Laborderie (3), revient en 1891 sur cette question de la contagion, qu’il est un des premiers à avoir signalée. Il décrit deux épidémies de famille, dans la première quatre personnes sont atteintes et huit dans la seconde.

Sallard (4), relate une épidémie de famille ; trois enfants furent atteints successivement d’angine folliculaire et une domestique fut contagionnée.

Eloy (5), a observé deux épidémies; l’une dans une famille, l’autre dans une école.

Schnell (6), a été témoin dans une maison d’une succession de cas d’amygdalite que la contagion

1. Martin. Journal de Médecine de Paris, septembre 18091, 2. Constantinescu. Thèse, de Paris, 1897.

3. Dubousquet-Laborderie. Journal de médecine de Paris, 18or. 4. Sallard. Thèse de Paris, 1895.

. Eloy. Revue générale de clinique et de thérapeulique, 1892, page 204.

$ 6, Schnell. Marseille Médical, 1-97,

explique fort bien. Voici son observation en résumé. « La nommée L..., âgée de 22 ans, habitant un deuxième étage dans une maison de la rue de la République, le fait appeler le 28 mars 1889. Malade depuis deux jours, symptômes généraux et symptômes locaux habituels de l’amygdalite aiguë simple. Pas d’albumine dans les urines. Aucune éruption sur la peau. C’est la troisième fois que la malade ‘éprouve des accidents analogues. L'amygdalite devint purulente du côté gauche, ce qui nécessita une inci-ion le 1° avril.

Le 5 avril la malade était rétablie.

EAnomimeenC. Agéerdets5t ans, habitant la même maison, mais au premier étage, amie de la personne précédente, et qui l’avait assistée au début de son angine, est prise, le 29 mars, c'est-à-dire 24 heures après le début de son amie, de frissons, coufbature, fièvre, une amygdalite aiguë, très intense se développe. Le 5 avril on notait de la fluctuation dans l’amygdale droite qui fut incisée. Le 11 avril guérison.

La nommée L..., 50 ans, habitant la même maison au deuxième étage, mère de la première malade, fut prise de douleurs pharyngées avec frissons, malaise dans la matinée du 4 avril. [1 se développa une amygdalite aiguë érythémateuse qui dura quatre jours.

Le mari de la précédente, le 6 avril, se plaignit de la gorge; l’angine fut très bénigne.

Enfin le D' Schnell, lui-même, fut pris de dou-

sue leurs à la déglutition, frissonnements, cet état dura 24 heures, la gorge était rouge et les amygdales légèrement enflées. Disons que le D' Schnell n’est nullement sujet aux angines.

Dans la séance du Comité Médical de Marseille (1) où fut lue l'observation précédente, les D'S Batini, Boy-Teïssier et Gilly, ont communiqué des observations intéressantes.

Batini raconte qu'ayant examiné une femme atteinte d'angine, à la clinique du professeur Villard, il fut atteint d’une amygdalite aiguë qui le retint pendant une semaine au lit, et l'anémia profondément. Il ajoute qu’au lycée il a observé, que toutes les fois qu'un élève était atteint d'amygdalite, les élèves qui étaient dans la même salle ou dans le même dortoir souffraient plus ou moins de la gorge; souvent le vide se faisait dans un dortoir, à cause de l’extension du mal à un grand nombre d'élèves.

Gilly a observé une petite épidémie qui frappa cinq familles, En premier lieu fut prise une accouchée retenue à la chambre depuis 15 jours. Après elle, la garde, puis la nourrice, celle-ci ayant perdu son lait durant le cours de son affection on dût faire venir une autre nourrice. Cette dernière n'était dans la maison que depuis 48 héures qu’elle fut prise à son tour. Une autre personne fut plus tard également frappée. La durée de l’incubation serait donc assez minime, quarante heures au maximum.

1, Comité Médical ; séance du 6 novembre 1891.

Il est à remarquer que les enfants réstent indemnes; c'est un fait que M. Gilly a souvent relevé lorsque dans une famille surviennent des cas d’amygdalite.

Boy-Teissier cite le cas suivant.

Dans une famille, une fillette âgée de 9 ans, est prise d’amygdalite; trois jours après, le père est touché ; la deuxième fillette, ayant porté à la bouche la cuillère qui servait à sa sœur fut prise d’amygdalite vingt-quatre heures après.

La contagion est ici des plus directes.

Pepin (1) dans sa thèse, rapporte plusieurs observations dont voici le résumé.

Première observation. — Dans une famille composée du père, de la mère et de trois bébés, l’aîné des enfants est pris subitement d'amygdalite aiguë. Deux jours après l'avoir examiné Pepin revient dans la maison et constate que la mère et Le plus jeune des enfants souffrent du même mal. Surpris de cette coïncidence il apprit que la mère partageait son lit avec le malade depuis le premier jour. Quant au plus jeune enfant il avait approché son frère à plusieurs reprises.

Deuxième observation. — Pepin est appelé auprès d’un enfant de dix-huit mois atteint d’angine pultacée, deux jours après sa première visite l'enfant

était mieux, mais par contre sa mère qui l'avait soi-

1, Pépin. Thèse de Paris, 1894,

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