ARGUMENTS CLINIQUES
La clinique à elle seule peut permettre de démontrer Le caractère infectieux de l’amygdalite par l’étude de l’évolution du mal et de ses complications.
À. — Etude de l'évolution clinique.
Certainement, en bien des cas, l’amygdalite aiguë évolue bénignement, et on s'explique que la notion d'infection ait mis si longtemps à s'éveiller. Mais dans un grand nombre de circonstances l’évolution est plus violente et l'infectiosité des plus nettes.
C’est cette évolution particulière qui avait frappé certains observateurs avant les progrès réalisés par la bactériologie.
En 1861, Rilliet et Barthez (1), dans leur Zraïite des maladies des enfants, avaient pensé à une affection
de nature particulière pouvant être comparée aux
1. Rülliet et Barthez, 1861. Traité des maladies des enfa:ts.
TE es grands états infectieux, et présentant un cortège de symptômes ayant une analogie frappante avec ces mêmes états. Voici ce que nous trouvons dans leur édition de 1861, à propos d’un cas d’angine terminé par la mort « quarante heures ont suffi pour que les amygdales fussent infiltrées de pus. Les altérations des organes abdominaux sont celles qu’on trouve dans les maladies spécifiques. Les symptômes généraux et la marche de la maladie ont été ceux d’une
intoxication qui rappelle la fièvre pernicieuse ».
Qu’y a-t-il d'inflammatoire ? La lésion locale seu-
lement. Et en outre cette phlegmasie a-t-elle les caractères des inflammations franches ? N'’a-t-elle
pas au contraire beaucoup de rapports avec les suppurations qui suivent la fièvre puerpérale.
Lasègue (1) considérait l’amygdalité aiguë comme une maladie générale et une sorte de fièvre infectieuse par la seule considération de la symptomatologie.
Landouzy (2), dans des leçons faites à la Charité, en 1883, insiste sur ce caractère particulier de la symptomatologie.
Dubousquet-Laborderie (3) attire l'attention sur le côté clinique de l’angine tonsillaire.