‹ De l'Infectiosité et de la Contagiosité de l'Amygdalite AiguëChapitre 9 sur 57 · NE · texte numérisé non relu

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Bomsein (1) et Sallard (2) ont, chacun de son côté, définitivement fixé ce caractère infectieux de

l'amygdalite aiguë.

Quels sont donc les caractères observés ?

Prenons les cas les plus simples : Angine tonsillaire, erythémateuse, pullacée, sans suppuration.

Voici les phénomènes que nous notons successivement :

a). Début brusque. — L’invasion de la maladie paraît soudaine, et en quelques heures le mal est constitué. Disons, il est vrai, que chez les personnes qui ont souffert d’amygdalite, le début peut être excessivement long.

b). L'invasion est la plupart du temps accompagnée de frissons; le frisson peut être unique, intense comme dans la pneumonie ; d’autres fois, il est remplacé par plusieurs frisonnements vagues, espacés dans la première journée de malaise. C'est là un phénomène de début qui précède tous les autres. Sallard, dans sa thèse, remarque qu'il s’agit presque toujours d’angine à pneumocoques. Ajoutons que le frisson peut faire défaut quand le patient est coutumier de l'affection.

c). La fièvre s'allume intense montant jusqu’à 30° (Sallard), jusqu’à 40° (Richardière), et parfois avec ce chiffre thermique, lindividu n’accuse rien encore

du côté de la gorge.

1, Bomsein. Journal américain des sciences médicales.

2, Sallard, Thèse de Paris, 1892,

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d). Parallèlement à cette fièvre, une courbature très intense peut aussi précéder l’angine : elle l’accompagne d'ailleurs souvent; c’est la sensation de brisement général, d’impotence fonctionnelle, avec endolorissement mal localisé des membres qui sert si souvent d'introduction banale au grand processus infectieux. IL s’y joint aussi une sorte d'engourdissement cérébral, de paresse de l'attention.

e). Lorsque dans le cours du mal on fait des examens répétés d'urine, il est bien rare qu’on ne décèle pas de traces d'albumine; albuminurie passagère, il est vrai, mais qui peut donner à redouter une néphrite, comme le remarque Sallard, pourvu que la quantité remonte à un gramme.

J). L'amygdalite aiguë suit presque toujours une marche remarquablement cyclique; elle dure de trois à six jours.

g). La défervescence est presque toujours soudaine; la température redescend d’un seul trait à la normale. Des circonstances diverses peuvent, il est. vrai, influer sur cette courbe thermique, ce sont d’une part, les rechutes dont nous parlerons plus loin, et d'autre part, le passage de l'inflammation d’une amygdale à l’autré. Il y a alors une nouvelle poussée fébrile indiquant en quelque sorte qu’il y a eu contagion d’une amygdale à l’autre (Richardière).

h). La convalescence, dans bien des cas, malgré une apytexie parfaite, ne s'établit pas franchement. La décoloration du sujet persiste, on note une inap-

ARTE pétence absolue et la continuité de la faiblesse. Sallard a constaté que si, alors, on examine les urines, on trouve souvent de l’albumine et que d’autre part on aperçoit que la tuméfaction du tissu de l'amygdale persiste. Or, tant que le foyer d’infection est en activité, les symptômes infectieux sont présents. Il se produit là, en effet, une sorte d’infection amygdalienne prolongée, sur laquelle Legendre (1) a attiré l'attention.

En somme, les amygdalites avec convalescence traînante sont particulièrement pour les enfants, de véritables maladies dont la lente terminaison contraste singulièrement avec la localisation étroitement gutturale.

i). Cette simple affection pharyngée, regardée si longtemps comme une maladie inflammatoire locale, peut enfin, en certaines circonstances, entraîner la mort (cas de Fraenkel, de Furbinger, de Hanuot, de Bomsein), qui survient, soit par suite d’une complication viscérale grave, soit par suite d’un état général mauvais, véritable intoxication du sang par les poisons solubles des microbes, poisons doués d'une haute virulence. |

En présence d’un tel tableau symptomatique, il est bien difficile de se défendre de l’idée d’infectiosité. On pense évidemment à ces processus infectieux cycliques à invasion et à défervescences brusques, tels que la pneumonie, ou l’érysipèle. Mais

1, Legendre. Concours médical, 28 mars 18or.

combien plus grande est la conviction lorsque des complications surviennent, commandées par l’angine du début. |

B. — Étude des complications.

Les complications, hâtons-nous de le dire, sont choses exceptionnelles dans le cours de l’amygdalite, mais leurs apparitions, en certains cas, acquièrent une haute importance pour l'interprétation de la nature du mal initial. C’est à ce titre que les complications représentent un groupe de preuves cliniques de l’infectiosité.

Les premières observations de complications ont été publiées presque parallèlement en France et en Allemagne. En France citons Bouchard (1) et Landouzy (2), qui notent des néphrites dans le cours de l'amygdalite aiguë. En Allemagne paraissent les observations de Kannemberg (3), de Fraenkel (4), de Furbinger (5).

Examinons les diverses complications qui peuvent se produire.

1° Suppuration. — L'amygdalite phlegmoneuse est chose relativement fréquente : il suffit de l'inva-

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