De l'influence de l'hérédité sur la production de la surexcitation nerveuse, sur les maladies qui en résultent et des moyens de les guérir
La question que nous avons entrepris de traiter fut d'abord proposée en 1837, par l'Académie royale de Médecine de Paris, pour sujet d'un prix récemment fondé par une dotation spéciale (1), et qui devait être décerné dans la séance publique de 1 839.
Depuis quelques années, notre pratique médicale , en nous fournissant l'occasion d'étudier particulièrement les maladies nerveuses , nous avait mis à même de recueillir plusieurs cas dans lesquels la circonstance
(I) «Je lègue à l'Académie de Médecine de Paris une rente perpétuelle sur l'État de la somme annuelle de mille francs, pour fonder un prix annuel qui sera décerné par ladite Académie à l'auteur du meilleur ouvrage sur le traitement et la guérion des maladies provenant de la surexcitation de la sensibilité nerveuse ». (Extrait du testament de M.,ue Marie- Elisabeth-Antoinette Bernard de Civricux. , épouse de M. Michel Jeune. )
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étiologique de L'hérédité avait exercé une influence manifeste sur la production d'un bon nombre de ces affections, et tel fut le motif qui nous suggéra le projet d'entrer dans la lutte académique.
Ce projet une fois formé , les difficultés de l'entreprise nous apparurent tout entières; elles semblaient même se multiplier à mesure que nous élaborions le plan sur lequel nous nous proposions de baser nos considérations : pourtant nous nous mîmes à l'œuvre.
Les preuves déduites de l'analogie pouvaient , sans contredit ? apporter leur part dans la solution de la question proposée ; mais il ne s'agissait pas seulement d'établir ce qui doit être d'après ce qui est; notre sujet nous avait paru réclamer surtout des démonstrations directes. Les faits que nous possédions , eussent-ils été plus nombreux , ne pouvant être considérés que comme des élémens insuffisans , il nous fallait nécessairement entreprendre plus dune excursion dans le vaste domaine de la science, inter-
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roger ses monumens épais , mais toujours debout, et leur emprunter des matériaux appropriés à la construction de notre petit édifice.
Après avoir établi des généralités sur l'anatomie et la physiologie de l'appareil nerveux, après avoir étudié d'une manière générale la surexcitation nerveuse , nous exposions, suivant un ordre numérique, les opinions et les faits rassemblés à l'aide de longues et laborieuses recherches ; à cette exposition nous faisions succéder celle des faits qui nous étaient particuliers , et ces deux ordres de preuves nous servaient à démontrer l'influence de l'hérédité sur la production de la surexcitation nerveuse , que nous envisagions comme un fait pathologique collectif, auquel venaient se rattacher les diverses affections morbides que nous passions ensuite en revue. Venait enfin la partie thérapeutique de notre travail, qui, alors comme aujourd'hui, contenait des considérations relatives à la prophylaxie générale et au traitement curatif proprement dit.