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Tel fut le plan de notre premier manuscrit : nous l'avions adressé au concours presque sans le moindre espoir; aussi fûmes-nous agréablement surpris quand il nous fut officiellement annoncé que l'Académie l'avait honoré d'une médaille d'or de la valeur de 500 fr.
La question se trouvant proposée de nouveau pour 1841 , nous ne pouvions entreprendre un nouveau travail sans connaître avec quelques détails l'opinion de la commission sur celui qu'elle avait si honorablement distingué. Les informations à cet égard pouvant être demandées et fournies sans enfreindre les réglemens de l'Académie , voici ce que nous écrivit un académicien qui fut notre maître et notre ami :
« Vous désirez savoir quel reproche on a fait à votre travail; j'ai sous les yèttx le rapport que j'ai demandé au secrétariat , et je vois que sur cinq mémoires le votre est le seul qui ait mérité les suffrages dé la commission. Après avoir rendu compte des trois parties qui composent voire travail .
le rapporteur fait remarquer que vous avez" compris, dans la troisième, des maladies différentes, et que ce rapprochement de faits hétérogènes nuit aux généralisations que vous déduisez pour votre thérapeutique. Il termine en disant que la commission , tout en rendant justice au choix et à l'abondance des matières que renferme ce mémoire , ainsi qu'à l'esprit de méthode et de coordination qui le distingue dans toutes ses parties , a éprouvé le regret de voir tant d'efforts échouer en partie devant Y esprit même de la question. Remettez-vous donc à l'ouvrage, et tirez-nous quelque chose de neuf sur la surexcitation nerveuse ; relisez le programme, et penétrez-vous bien de l'esprit de la question ».
C'en était assez pour nous engager à ne pas laisser sans destination des matériaux péniblement colligés, mais non pour nous fixer complètement sur l'esprit du programme, dont la lettre , déjà ambiguë par elle-même , n'était pas reproduite d'une manière identique par les divers organes de
la presse médicale. « Comme vous le dites très-bien, nous écrivait le même académicien, les expressions du programme sont assez mal définies; l'Académie le sent elle-même; mais elle est obligée de se tenir dans les termes du testament. Elle trouvera meilleure l'interprétation qui aura donné lieu au travail le plus utile, aux maladies nerveuses en général , et à ces affections considérées en particulier sous le rapport de l'hérédité ». Dans notre second manuscrit , renonçant à une interprétation qui , quoique n'étant pas de notre fait (1), n'avait pas peu contribué aux défectuosités du premier, nous nous attachâmes à considérer les maladies résultant de la surexcitation
(I) Certains journaux de médecine avaient reproduit aussi la question : De V Influence de l'hérédité sur la production de la surexcitation nerveuse; des maladies qui en résultent et des moyens de les guérir. D'après cette version , les deux derniers termes du programme restaient évidemment séparés du premier; et alors, ce qui semblait réclamé, c'était l'histoire générale des maladies qui résultent de la surexcitation nerveuse, et l'exposé dos agens curatifs qui leur conviennent, abstraction faite de; l'influence de l'hérédité qu'il s'agissait seulement d« déterminer sur la production de la surexcitation nerveuse eu général.
( »] nerveuse au point de vue de l'influence que l'hérédité exerce sur leur production. C'est dans ce but que les opinions et les faits empruntés aux auteurs ainsi que les élémens de démonstration qui nous appartenaient, furent rangés en catégories distinctes et rapportés à chaque individualité morbide. Comme on peut l'entrevoir aisément, des longueurs inutiles se trouvèrent dès-lors supprimées dans la partie pathologique de notre travail, à laquelle nous ajoutâmes un paragraphe pour les névralgies, qui n'avaient été que mentionnées en premier lieu , et , de plus, des considérations spéciales relatives à l'influence de l'hérédité sur la production des maladies qui peuvent se présenter comme conséquences plus ou moins éloignées de la surexcitation nerveuse.
Par suite de ces modifications et de quelques autres qu'il serait trop long d'indiquer, notre second travail valait incontestablement mieux que le premier : c'était là notre pensée; elle ne pouvait être modifiée par les résultats du concours 5 aussi, tout en accep-
( *n ) tant comme une honorable et encourageante récompense le prix de 600 fr. que nous partageâmes avec M. Lubanski, nous dûmes rester persuadé que les juges de cette lutte setaient montrés ou moins indulgens ou plus difficiles à contenter que ceux de la lutte précédente.
L'importance et les difficultés de la question ressortaient assez de la nécessité dans laquelle se trouvait l'Académie de la proposer de nouveau pour sujet du prix à décerner en 1843. Pénétré de l'une, décidé à ne pas reculer devant les autres, encouragé d'ailleurs par les suffrages qui avaient accueilli nos efforts, nous nous livrâmes à des méditations suivies, à des élucubrations assidues qui eurent pour résultat d'apporter dans toutes les parties de notre troisième travail, des améliorations dont nous signalerons seulement les plus importantes.
Les considérations anatomiques et physiologiques furent restreintes à celles qui étaient strictement nécessaires pour l'an-
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liter l'étude de la surexcitation nerveuse envisagée sous un point de vue général; l'influence de l'hérédité fut plus convenablement définie et mieux comprise. En analysant , en disséquant , c'est le mot, la lettre du progamme pour bien saisir son esprit et ses exigences, nous nous arrêtâmes à cette partie , sur les maladies qui en résultent, et nous comprimes que l'influence de l'hérédité ne devait pas seulement être déterminée sur la production de ces maladies , mais encore sur toutes les particularités de leur histoire. Diverses formes de surexcitation ayant été précédemment admises , les maladies qu'il s'agissait d'étudier furent rapportées à chacune d'elles j des preuves nouvelles furent ajoutées à celles que contenaient nos deux précédens mémoires , et nous accordâmes une place à la surexcitation spasmodique qui avait été presque complètement omise. Nos considérations thérapeutiques se trouvèrent dégagées de généralités qui ne rentraient pas dans l'esprit de la question; enfin, chaque division principale fut
terminée par des propositions destinées à résumer les développemens dont elle avait été le sujet.
Ainsi modifié et évidemment amélioré dans toutes ses parties , notre travail a obtenu, au concours de 1843, la seconde nomination et une médaille d'or de la valeur <le 600 fr.
Les détails dans lesquels nous sommes entré peuvent donner une idée sommaire du plan et des divisions principales de notre travail. Quant à l'esprit et à la méthode qui nous ont dirigé, il suffira de dire que nous avons taché de nous écarter le moins possible du but pratique de la question 9 et qu'en raison de la multiplicité des faits généraux et particuliers qu'il devait embrasser, nous nous sommes constamment efforcé d'éviter la confusion et de rendre précise et claire l'exposition de nos développemens.
La littérature médicale ne possédait , que