‹ De l'influence de la faradisation localisé sur l'anesthésie de causesChapitre 4 sur 12 · Dynamomètre : main gauche, 25 degrés; main droite · texte numérisé non relu

Dynamomètre : main gauche, 25 degrés; main droite

18. Même état. Il y a toujours de la céphalalgie. On examine avec plus d*attention la sensibilité du membre supérieur droit et l'on constate qu'elle

y est fort émoussée, dans tous ses modes : elle est même abolie dans la région cubitale de Tavant-bras; elle est presque nulle sur toute la surface de la main. La force des mains paratt diminuée aujourd'hui. Dynamomètre : main droite, 36 degrés^ puis 41 degrés ; main gauche, 22 degrés. La peau est tout à fait insensible dans tous les points de la moitié gauche du thorax.

La sensibilité est abolie, dans tous ses modes, dans toute l'étendue du membre inférieur gauche^ excepté au niveau des dernières phalanges. Elle est intacte dans le membre inférieur droit

Quand le malade marche, il se fatigue bien plus vite que dans l'état de santé. L'état de la sensibilité tactile et doulouieuse de la face, de lalangue^ et des sensibilités spéciales^ est resté le même. Le goût est affaibli sepljsment d^ns la moitié droite de la langue ; il est aboli & gauche ; le sulfate de quinine^ de ce côté, ne provoque aucune sensation.

Continuation du même traitement. Application de pointes de feu sur les régions cervicale inférieure et dorsale supérieure de la colonise vertébrale : six de chaque côté des apophyses épineuses,

21. Dynamomètre : main droite, 43 degrés; main gauche, 22 degrés.

Injection de chlorhydrate de pilocarpine, l centigramme. La sueur a été un peu plus abondante % droite qu'à gauche.

On faradise, avec le maximum du courant, le nerf radial et le perf cubital à la partie inférieure du bras. La faradisation du nerf cubital ne provoque aucun mouvement bien manifeste ; celle du nerf radial détermine un mouvement d'extension de la main sur Tavant-bras ; mais ni Tune ni Tautre ne font nattre la moindre sensation, soit de douleur, soit de fourmillement périphérique : le mouvement d'extension de la main sur Tayant-bras^ lorsqu'on électrise le nerf radial, n'est pas perçu.

L'application des pointes de feu, faite il y a trois jours, a été septie légj^rement du côté droit ; elle ne l'a pas été du côté gauche.

3 mars. Même état. On place les extrémités d'un fort aimant en fer à pheval à 1 çeqtiniè(re de distance de la peau de l'avant-bras gauche^ face <)orsale. A^ bout de d|x minutes, le malade ressent des fourmillements <)^ns les extrémités 4^8 menlbres du côté droit, surtout dans la main. La sensibilité devient plus nette au niveau du bord externe de l'avant-bras flroit et sur la main. Aucun changement du côté gauche. On metTaimi^nt ep contact immédiat avjec la peau, et on l'y laisse pendant une demi-heure. Aucune nouvelle modification. Le malade n*a rien ressenti, comme phépomènes cérébraux ; niême état des organes des sens.

4. Avant d'appliquer un aimant, on constate que la peau de la maii) droite est insensible; le malade y éprouve des fourmillements presque continuels : il y a aqss} une insensibilité presque complète sur le bord radial de Tayantrbr^s, vers le niveau de la tête du radius ; la peau est pareillement insensible dans yn ilôt de quelques centimètres carrés de surr face, siti|é à 3 centimètres au-dessus de la tête des métacarpiens, vers le bord interne. On applique les deux extrémités de l'aimant sur la peau de Ja face dorsale de Tavant-bras droit. Au bqut de quinze minutes, il n'y a pas de modifications de la sensibilité; le malade dit qu'il éprouve un peu de mal de tête et qu'il a des tintements 4'oreille. Après une heure d'apr plication de raimaut, la sensibilité a reparu un peu dans les deux Ilots

du tégument de l'avant-bras où Ton avait constaté de Tanesthésie t les pincements énergiques de la peau de ces régions sont bien sentis. Aucune modification de l'anestliésie du côté gauche : les organes des sens restent aussi dans le même état.

5. Même état que la veille. La sensibilité existe encore dans les deux tlots de l'avant-bras droit où elle avait reparu hier après Tapplication de Taimant. Dynamomètre : me^in droite, 42 degrés ; main gauche^ 35 degrés.

7. Dynamomètre : main droite, 52 degrés ; main gauche, 24 degrés.

9. Même état de la sensibilité. Application de pointes de feu sur la région cervico-dorsale de la colonne vertébrale.

Avec le maximum du courant de l'appareil à induction, on ne trouve de sensibilité dans le tégument du membre supérieur gauche qu'en deux points : !<> à quelques centimètres au-dessous du pli du coude, sur la face palmaire de l'avant-bras, dans un îlot qui n*a pas plus de 2 centimètres carrés de surface; 2^ sur la partie inférieure de la face dorsale de l'avantfbras, à égale distance des apophyses styloïdes du radius et du cubitus. Le premier point est sensible dans ces conditions depuis l'entrée du malade à l'hôpital. Il n'y a d*ailleurs que les plus violentes excitations faradiques qui y soient senties.

La main droite est insensible ; on trouve plusieurs îlots de sensibilité à l'avant-bras.

La peau de la cuisse gauche est un peu sensible, même aux excitants mécaniques ; il y a, au contraire, une anesthésie complète du pied lorsqu'on soumet cette région à tous les moyens d^excitation expérimentale.

Douleur dans l'épaule droite, augmentant par les mouvements du bras.

A partir du 12 mars, on soumet le malade à l'action des courants continus, un des excitateurs (pôle positif) étant appliqué sur la colonne vertébrale, vers la première veitèbre dorsale; l'autre, sur la face dorsale de l'avant-bras gauche ; quelques phosphènes. Le 13, après une application de trois heures, on constate une brûlure superficielle de la peau de l'avant-bras dans le point où était l'excitateur.

15. Douleur du genou gauche. Dynamomètre : main droite, 51 degrés; main gauche 16, puis 23 degrés.

4 avril Les courants continus ont été employés de la même façon chaque jour (application pendant plusieurs heures) jusqu'à la fin du mois de mars. Aucun résultat en ce qui coucerne la sensibilité du membre supérieur électrisé. Au contraire on peut constater, à la fin du mois, que la sensibilité a reparu sur toute la face dorsale du pied gauche et autour de l'articulation tibio-tarsienne ; l' anesthésie est tout aussi marquée audessus de la cheville, dans toute la hauteur de la jambe. La peau de la cuisse n'offre toujours qu'une sensibilité très obtuse. Douleurs dans le cou-de-pied depuis quelques jours.

5. Injection de chlorhydrate de pilocarpine; sueur et salivation abondantes.

12. La région du membre inférieur gauche où la sensibilité reparaît devient de plus en plus étendue. La peau est maintenant sensible aux pincements, à la piqûre, au contact, jusqu'au milieu de la hauteur de la cuisse. On a recommencé la faradisalion de l'avant-bras gauche depuis les premiers jour^ du mois d'avril.

La VU6 de Yœïl gauche parait avoir diminué; c'est à peine si le malade, avec i'œil gauche, distingue les objets environnants.

14. Hémodynamomètre : main droite, 50 degrés; main gauche, 85 degrés.

Le malade est obligé, pour affaires, de quitter Thôpital : on l'examine avant son départ. Il n*y a aucun trouble des milieux transparents de Toeil gauche; peut-être les bords de la papille optique sont-ils un peu indécis; mais, sous tous les autces rapporU, la papille offre les caractères de Tétat normal ; les vaisseaux du fond de Toeil ne présentent aucune modiflcation. Les deux pupilles se dilatent de la même façon sous Tinfluence du sulfate d'atropine.

Les muscles extenseurs de la main gauche, électrisés à Tavant-bras, répondent à l'excitation faradique comme ceux de la main droite.

La sensibilité a reparu un peu à la partie interne de Tavant-bras gauche, depuis le milieu de cette partie du membre supérieur jusqu'au niveau du pli du coude : la région de la tête du cubitus, en arrière, a recouvré aussi sa sensibilité à un certain degré; il en est de même des extrémités de Tannulaire et du petit doigt. L'îlot de la face antérieure de Tavant-bras^ pu l'on a toujours constaté un certain degré de sensibilité offre une impressionnabilité plus vive; les pincements y sont maintenant un peu sentis. Toutes les autres régions de la main et de Tavant-bras sont insensibles ; l'anesthésie est complète aussi dans toute l'étendue du bras. La sensibilité est toujours émoussée dans toute l'étendue du membre supérieur droit. Quant au membre inférieur gauche il a repris toute sa sensibilité norpiale.

A peine sorti de l'hôpital^ le malade a voulu travailler de nouveau comme peintre en bâiiments. Au bout de quatre ou cinq jours, les membres du côté gauche s'affaiblissaient de façon à le gêner considérablement. En outre, il était pris, le 20 avril, d'un étourdissement très fort : il cesse alors tout travail et rentre à l'hôpital le 22 avril.

22 avril. Il a perdu à peu près complètement tout ce qu'il avait gagné sous le rapport de la sensibilité et de la motilité; il est presque dans le même état que lors de sa première entrée.

On prescrit l'électrisation quotidienne du membre supérieur à l'aide de courants continus, un excitateur étant placé sur la face dorsale de l'avantbras; l'autre, sur le côté gauche de la nuque. lodure de potassium, 8 grammes par jour.

Le 28, on remplace l'iodure de potassium par du bromure de potassium 4 grammes chaque jour, et, sur la demande du malade, tout en continuant la galvanisation, on fait usage aussi de la faradisation. On faradise Tavantbras chaque jour au moyen du pinceau métallique et avec le maximum du courant. Celte excitation intense est sentie en trois points seulement : 1« au-dessus de la main, à la face palmaire de l'a van t-b ras, dans un espace de 3 centimètres carrés de surface; 2o sur la même face de l'avant-bras, dans un espace de môme étendue, à la réunion du tiers supérieur et des d»jux tiers inférieurs; 3° à la face interne du bras, immédiatement audessus de l'épitrochlée : à partir de ce point, on constate aussi un peu de sensibilité en remontant le long du bord interne du bras, jusqu'à la (imite du tiers inférieur. Dans ces diverses régions, toute autre excita-

tion n'est pas 'sentie. La sensibilité est obtuse dans toute l'étendue du membre supérieur droit.

5 m9i. On revient à l'iodure de potassium : 3 grammes, puis 4 grammes deux jours après. On cesse, quelques jours après, la galvanisation et l*on se borne à une séance quotidienne de faradisation énergique. Le malade * sort le 13 mai, et n'est plus admis à l'hôpital, par mesure disciplinaire.

Il y avait à ce moment une amélioration réelle, mais faible encore. Les régions au niveau desquelles la sensibilité aux courants faradiques avait reparu, étaient plus étendues. On pouvait réveiller la sensibilité dans la moitié supérieure du bras gauche et sur toute la surface de l'épaule gauche. Au bout de quelques secondes de faradisation, le malade éprouvait^ dans celle de ces régions qui était directement faradisée à l'aide du pinceau métallique, une douleur des plus intenses qui le faisait rougir et suer de tout le corps, lui arrachait des plaintes et forçait de ceS' ser l'excitation. Cependant, dans ces mêmes régions, ni les piqûres, ni les pincements les plus violents, ni les brûlures n'étaient sentis. Le malade éprouvait de temps à autre, dans la journée, des fourmillements dans la main, surtout dans le pouce. La faradisation du tronc du nerf cubital ne provoquait aucune vibration dans le petit doigt; celle du tronc du nerf médian en faisait naître dans le pouce. Il semblait y avoir à ce moment une tendance bien marquée au réveil de la sensibilité dans les diverses parties du membre supérieur gauche. La contractilité était intacte ; la sensibilité musculaire, nulle ou à peu près.

Le membre inférieur gauche était sensible dans toute son étendue.

La sensibilité était redevenue normale, ou à peu près, dans les difTérenls points du tégument du membre supérieur droit.

En résumé, un ouvrier peintre en bâtiment, âgé de trentetrois ans, ayant commencé à travailler comme peintre à Tâge de douze ans, souffre d'une première atteinte de colique de plomb à Tâge de vingt-sept à vingt -huit ans. il reprend son travail au bout de deux mois, et ce n'est que cinq mois après qu'il est atteint, pour la seconde fois, de colique saturnine. Dans cet intervalle de temps, sa santé n'était point parfaite : il était tourmenté par des maux de tête fréquents, de Pembarras gastro-intestinal, des douleurs dans le membre inférieur gauche ; il y avait de l'affaibli ssement progressif de l'acuité visuelle de l'œil gauche, etc. Peu de temps après le début de cette attaque de colique de plomb, on constate que le membre supérieur gauche, en même temps qu'il a perdu de sa vigueur, est insensible à tous les excitants. Sous l'influence du traitement, la colique saturnine est assez rapidement guérie ; mais la parésie et Fanes:: thésie du membre supérieur gauche persistent. Le malade entre à l'hôpital de la Charité deux mois environ après le début de^ accidents.

On constate alors une diminution notable de la force musculaire des membres supérieurs, surtout de celui du côté gauche. Il n'y a pas de paralysie des extenseurs. Les téguments et les muscles du membre supérieur gauche offrent une anesthésie complète. Du côté droit, la sensibilité est émoussée, dans tous ses modes, sur toute Tétendue du membre supérieur. Le membre inférieur gauche, comme le membre supérieur du même côté, est atteint d'anesthésie complète. Les organes des sens ont perdu presque complètement leur sensibilité générale et spéciale du côté gauche. Il y a de la céphalalgie, des vertiges, de Tarthralgie disséminée.

Bien que le malade ait eu la syphilis, il n*a pas semblé qu'on pût hésiter à considérer Tensemble des symptômes comme se rattachant à une intoxication saturnine.

La résistance qu'a opposée Tanesthésie à l'action des courants faradiques les plus forts que nous ayons eus à notre disposition mérite d'être signalée et prend un intérêt relatif incontestable, lorsqu'on rapproche les résultats à peu près négatifs de ce mode de traitement, dans ce cas, du succès rapide qu'il a eu dans l'observation IV. J'ai pratiqué moi-même la faradisation un grand nombre de fois sur ce malade, et j'ai pu me convaincre que la nullité des effets pendant longtemps ne tenait pas à un emploi défectueux de cette médication. L'administration de l'iodure de potassium, à assez forte dose, avait eu lieu en même temps que la faradisation.

Il y avait donc sans doute, dans ce cas, des lésions réelles des éléments nerveux servant à la sensibilité. Où pouvaient se trouver ces lésions? Etaient-elles périphériques? Etaient-elles centrales ? En faveur de l'hypothèse d'une lésion des cordons nerveux sensitifs eux-mêmes, on pouvait faire valoir ce qui a lieu dans les cas de paralysie saturnine des extenseurs, cas dans lesquels il y a altération des nerfs destinés à ces muscles, probablement depuis leur sortie de la substance grise de la moelle jusqu'à leurs extrémités périphériques. Mais, dans ce cas, il fallait admettre une altération portant uniquement sur les fibres sensitives des nerfs du bras gauche ; et, bien que cette localisation ne fût pas impossible, puisqu'il y a quelque chose de semblable, en sens inverse, dans les cas de paralysie des extenseurs, cependant on ne pouvait guère accepter cette supposition que sous toutes réserves, pans les cas où l'anesthésie saturnine, même très complète, se

dissipe après quelques séances de faradisation localisée ou , coinme on Ta vu récemment (M. Debove, M. Proust), après l'application d'un aimant sur un point limité de la peau, il est bien présumable que Tabolition de la sensibilité tient à une modification centrale ayant son siège dans le cerveau proprement dit, vraisemblablement dans les radiations pédonculaires intracérébrales. N'est on pas en droit d'admettre que, chez notre malade, il y avait une modification morbide de la même région des centres nerveux, mais plus étendue, plus marquée, partant plus difficilement curable ? D'ailleurs, ce qui montrait bien qu'il y avait une lésion centrale, empêchant la transmission des impressions périphériques jusqu'aux foyers cérébraux de la perception, c'est que la faradisation du tronc du nerf radial, ou de celui du nerf cubital, du côté gauche, ne déterminait pas la plus légère sensation.

Le traitement commençait à agir seulement au bout de quatre mois sur le membre supérieur gauche ; mais il y avait déjà assez longtemps, à ce moment, que la sensibilité du membre inférieur gauche reparaissait. C'est de bas en haut qu'a eu lieu la guérison de l'anesthésie du membre inférieur. Quant au membre supérieur, la marche de l'amélioration était beaucoup plus irrégulière ; pourtant il est certain que, dans les derniers jours du séjour du malade à l'hôpital, la sensibilité renaissait plutôt dans l'épaule et le bras que dans Favant-bras et la main.

On peut voir, dans l'observation, qn'il ne s'agit pas d'un cas d*hémianesthésie absolument pure. Le membre supérieur droit était atteint aussi d'anesthésie, mais à un bien moindre degré que les deux membres du côté gauche. La sensibilité de ce membre supérieur droit n'est remontée à son degré normal, ou à peu près, que dans les derniers jours pendant lesquels on a observé le malade. L'anesthésie incomplète de ce membre a donc offert une résistance presque égale à celle que l'on consta tait pour l'anesthésie si complète du membre supérieur droit.

D'ailleurs, bien que l'anesthésie n'ait pas été nettement diniidiée, cependant elle offrait, du côté où elle était complète, les caractères qu'elle présente d'ordinaire dans les cas d'hémianesthésie franche de cause saturnine (comme dans les cas d'hémianesthésie hystérique) : les organes des sens de ce côté avaient perdu leur sensibilité générale, et certains d'entre eux, leur sensibilité spéciale.

La faradisation pratiquée de la même façon, c'est-à-dire bornée à une région limitée de la peau d'un des avant-bras, a été essayée aussi dans un cas intéressant d*anesthésie hystérique dont je crois devoir consigner ici l'observation.

Obs. VI. — Hystérie. Attaques hystériques, Rachialgie. Métrorrhagie, Anesthésie de toute l'étendue du corps^ à l'exception de la face et des organes de la vue, de l'odorat^ de l'ouïe et du goût. Traitement par la faradisation bornée à une région peu étendue de l'avant-bras droit d'abord, puis des deux avant- bras. Amélioration considérable. — La nommée L. H., âgée de dix-neuf ans, mécanicienne, entre le 5 décembre 1878, à Tbôpital de la Charité, salle Sainte -Madeleine, 18 (service de M. Vulpian).

Son père, d'une forte constitution, n*est nullement nerveux. Au contraire, sa mère a de fréquentes attaques nerveuses avec perte de connaissance et cri initial, mais sans convulsions, sans écume à la bouche. Ces attaques, d'après les descriptions de la malade, seraient plutôt épileptiques qu'hystériques: elles durent de dix à quinze minutes.

Son frère et sa sœur jouissent d'une bonne santé.

Pas d'affections strumeuses dans l'enfance.

A dix ans, L. H. eut une fièvre typhoïde d'une durée de six semaines. C'est la seule maladie grave dont elle ait été atteinte jusque dans ces dernières années. Fille a eu une pelvi-péritonite, à la suite d'un accouchement à terme, en novembre 1877, et peu après une vaginite et une cystite blennorrhagiques.

Les règles se montrèrent à l'âge de onze ans et furent régulières jusqu'au moment de sa grossesse. Elles reparaissent en janvier 1878, disparaissent en mars; puis, en juin, se déclarent des métrorrbagies qui durent une quinzaine de jours, et cèdent à l'ergotine. En novembre 1878, de nouvelles métrorrbagies se produisent, également traitées avec succès par.l'ergotine.

De tout temps, cette malade a été très excitable, riant et pleurant sans aucun motif. Tantôt elle riait à ne pouvoir s'arrêter; tantôt, au contraire, elle était plongée dans une profonde tristesse, sans pouvoir en dire le motif. Enfin, des larmes ^'échappaient quelquefois en grande abondance sans aucun sujet.

Sa santé la préoccupait beaucoup; elle se croyait gravement malade.

A quatorze ans, elle eut une première attaque de nerfs, sans avoir été avertie par quelque sensation particulière. En jouant avec ses amies, tout à coup, elle se met à rire aux éclats sans motif, puis elle est prise de mal de cœur, d'une oppression extrême, d'un étranglement ayant les caractères de la boule hystérique ; enfin elle tombe sans mouvement. Après un temps assez long, lui dit-on, elle revient à elle. Trois jours après, nouvelle attaque.

Pendant trois mois, elle eut des attaques semblables; une, presque chaque jour. Elle fut soumise à un traitement composé de fer, quinquina, bains sulfureux, douches; traitement sous l'influence duquel elle eut six mots de tranquillité à peu près complète.

Après une contrariété de famille, commence une nouvelle sjrie d'atta-

ques plus intenses et plus fréquentes que les premières. Cependant, entre ces deux séries, elle eut fréquemment les symptômes de la boule hystérique, et de la rachialgie.

Jusqu'à dix-huit ans, les attaques reviennent plus ou moins régulièrement^ deux ou trois fois par semaine.

Survient encore une période de rémission de six mois, mais pendant laquelle se manifestent des symptômes d'hystérie non convulsive.

Nouvelle série d'attaques, pendant plusieurs mois, à la snile d'une suppression menstruelle; puis nouvelle période de rémission.

Enfin, elle a de nouveau des attaques en novembre 1878, à la suite d'une métrorrhagie très abondante qui dura une quinzaine de jours.

Il y a deux mois, elle alla consulter un médecin qui constata une anesthésie de tout le corps, à l'exception de la face. A cette époque^ les régions ovariennes étaient le siège d'une souffrance assez peu prononcée du reste et la pression déterminait plutôt une oppression et une gêne respiratoire que de véritables douleurs. Il semblait que la pression sur l'un quelconque des ovaires faisait monter la boule hystérique comme au moment des attaques.

Vomissements glaireux et bilieux de temps à autre^ accompagnés d'efforts considérables.

Sommeil assez troublé, somnolence fréquente le jour.

Etat actîiel. — La malade est p&le ; à part cela^ elle semble d'une assez bonne santé.

Anesthésie de tout le corps (contact simple, pression, frôlement, piqûro^ pincement), la face exceptée; le froid et le chaud sont toutefois senli» d'une façon plus ou moins nette dans les parties insensibles aux autres modes d'excitation de la sensibilité. Les divers points de la thce sont sensibles comme dans Tétat normal ; cependant, près des oreilles et au meuton^ la sensibilité est déjà moins nette, plus confuse que sur les joues, le nez, le bas du front : dans ces points, la malade prend la pression, la piqûre pour un contact.

Analgésie dans tous les points où il existe de l'anesthésie. La faradisation, soit cutanée, soit profonde, n'est perçue ni sur le tronc, ni sur le cou, ni sur les membres.

Les conjonctives oculaires et les cornées conservent leur sensibilité normale.

Les sens spéciaux, ouïe, odorat, goût, vue, sont conservés.

L'examen chromatique de la vision donne des résultats normaux.

varie double.

Points de rachialgie en haut de la région dorsale et vers le milioii de la région lombaire avec retentissement lorsqu'on presse, à l'épi gastre pour le premier point, dans l'abdomen pour le second.

Névralgie intercostale du côté gauche (vers le sixième espace intercostal).

Aucun trouble permanent du mouvement. La malade, les yeux fermés, conserve des notions nettes sur la situation des divers points de son corps : toutefois, elle laisse échapper facilement ce qu'elle tient dans la main lorsqu'elle n'y fixe pas sa vue.

La malade est en outre atteinte d'accidents syphilitiques.

La poitrine est couverte d'une roséole eyphilitique en voie de disparition. Cependant cette éruption est encore assez appréciable entre les seins et sous les clavicules ; elle l'est très peu aux lombes et aux membres.

Tous les soirs, à la tombée du jour, vers les quatre ou cinq heures, vive céphalalgie, avec légère sensation de froid. A ces symptômes s'ajoute souvent la sensation de la boule hystérique^

L'examen des parties sexuelles fait reconnaître à la fourchette vulvaire une papule hypertrophique bien nette et une légère érosion à gauche, sans induration.

Les ganglions inguinaux sont un peu gonflés des deux côtés, et l'on sent aussi les ganglions cervicaux latéro-postérieurs tuméfiés.

Les poumons, le cœur, n'offrent rien d'anormal. Cependant, léger prolongement du premier bruit du cœur à la base ; souffle continu dans les vaisseaux du cou.

Appétit modéré, vomissements fréquents à la suite des repas. Constipation habituelle^

La malade a eu des attaques de nerfs assez fréquentes dans les dernières semaines avant son entrée à l'hôpital.

Traitement : deux pilules de protoiodure de mercure, de 5 centigrammes chacune; 2 grammes d'iodure de potassium; fer réduit par l'hydrogène; vin de quinquina.

8 décembre. Attaque d'hystérie très nette.

10 décembre, Electrisation faradique, faite à l'aide du pinceau métallique, sur Ta vant-bras .droit, sur une surface ovalaire de 4 à5 centimètres de longueur, sans aucun résultat soit sur l'anesthésie généralisée, soit sur l'ovarie. La malade ne sent absolument rien, môme dans la région directement faradisée. Comme le courant est fort, les muscles de l'avant-bras entrent en contraction, sans que la malade en ait conscience, lorsqu'elle a les yeux fermés.

Tous les deux jours, la malade est électrisée de la même façon, pendant dix minutes, sans plus de résultais.

23 décembre. Elle se plaint de douleurs à la gorge. Les amygdales, surtout la droite, sont fortement tuméfiées; elles sont recouvertes d'un enduit pultacé.

La luette, les piliers antérieurs et les bords du voile du palais sont rouges.

Difficulté de la déglutition .

Léger mouvement fébrile le soir, au dire de la malade ; quelques frissons.

Cessation du traitement antisyphilitique.

Cautérisation des amygdales avec le crayon de nitrate d'argent. Amélioration rapide.

4 januter 1879. Reprise du traitement antisyphilitique.

Electrisation faradique de douze minutes sans aucun résultat.

7 janvier, Eleclrisation de dix minutes (bornée, comme toujours, à une région très peu étendue de l'avant-bras droit). Au bout de quelque» instants de passage d'un fort courant induit, la malade ressent dans la région faradisée un léger picotement qui augmente et bientôt se change en une véritable douleur.

L'anesthésie reste complète dans la régioa de l'avant-bras située Audessous des points électrisés directement et sur la main< Au bras, au cou, sur le thorax du côté électrisé, sur le membre inférieur de ce même côté^ la sensibilité s'est un peu réveillée. A gauche l'anesthésie persiste, comme au début.

8 janvier. Nouvelle faradisation* La sensibilité fait des progrès du côté électrisé. La malade ne perçoit pas le simple contact, le frôlement, mais elle sent le pincement, les piqûres sur la moitié droite du tronc et du cou, sur le membre inférieur droit, sur le bras et Tavant-bras de ce même côtô. Elle commence à sentir un peu les excitations doloriflques sur la partie inférieure de Tavant-bras et sur la main.

Chaque jour, électrisation localisée sur Tavant-bras droit* La malade se plaint toujours d*éprouver de vives douleurs dans la région vertébrale dans les points mdiqués. Cinq injections de chlorhydrate de morphine (solution au centième) dans les vingt^quatre heures.

9 janvier. Le mai de gorge n'a pas complètement disparu. Hypertrophie des amygdales.

Vomissements après le repas, mais ce symptôme ne diffère pas de ce qu'il était avant les injections de morphine.

10 janvier, le matin. Attaque d'hystérie, à la suite de Ifiquelle Tanesthésie est devenue plus marquée que la veille ; mais elle est loin encore d^avoir repris ses caractères du début. Ainsi, la malade sent bien le frôlement, le contact simple, la pression, les différences de température ; mais elle n'a aucune conscience des pincements, ou des piqûres très vives qu'elle percevait hier. Nouvelle faradisalion. Amélioration considé-* rable à la suite de cette séance.

42. La sensibilité est rétablie presque entièrement du côté droit, oh Ton fait les électrisations.

Du côté gauche, même anesthésie.

14. Hier, légère attaque d'hystérie. La malade a perdu, à la suite, un grande partie de la sensibilité qu'elle avait recouvrée.

Cessation du traitement syphilitique.On continue les injectionsdechlor* hydrate de morphine ; 1 pilule d'un centigramme de nitrate d'argent.

Après une électrisation de dix minutes, la sensibilité est moins obtuse dans toute l'étendue du côté droit.

16. La sensibilité revient' à l'état normal dans tout le côté droit. L'auesthésie n'est évidemment plus aussi complète du côté gauche. Elle sent^ mais peu distinctement, les pincements violents portant sur un point quel' conque de ce côté; mais les autres modes d'excitation ne donnent lieu à aucune sensation. On commence à pratiquer la faradisation de Tavantbras gauche de la même façon qu'on l'a faite jusqu'ici sur l'avant-bras droit. Chaque matin on doit faradiser ainsi les deux avant-bras pendant quelques minutes. Deux pilules de nitrate d'argent chaque jour.

17. Sur le membre supérieur gauche, le frôlement, la pression sont perçus. Anesthésie presque complète k la piqûre, moins complète au pincement. Mêmes constatations pour le membre inférieur gauche.

20. La sensibilité revient du côté gauche. Le pincement, les piqûres sont reconnus. Trois pilules de nitrate dVgent. 24. Cette nuit, la malade a deux attaques d'hystérie.

La sensibilité a disparu sur tout le corps, excepté à la face.

35. Hémorrhagie utérine très abondante. On n'électrise que Tavant-bras droit.

Potion avec poudre d'ergot de seigle, 2 grammes.

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