‹ De l'influence de la position dans les maladies chirurgicalesChapitre 18 sur 18 · ARTICLE V · texte numérisé non relu

ARTICLE V

Arthrites aiguës et chroniques.

Dans les maladies articulaires aiguës ou chroniques la position donnée à l'articulation affectée a pour but , tantôt de calmer les douleurs, et tantôt d'établir entre les deux surfaces articulaires menacées d ankylose des rapports en harmonie avec la fonction du membre ; elle exerce donc sur la plupart des maladies de cette classe une double influence : 1° une influence dont le caractère est essentiellement pathologique ; 2° une influence qui est en quelque sorte toute physiologique.

En l'analysant dans ses effets, on reconnaît que la première de ces influences manifeste son action par la tension ou le relâchement des parties qui sont le siège de l'inflammation ; si la position a pour résultat rallongement et la tension des parties enflammées, elle pio

voque de la douleur; si elle relâche au contraire ces mêmes parties, elle produit un phénomène opposé; dans la période aiguë de toute maladie articulaire, la position doit donc avoir pour but principal de relâcher le plus possible les principaux ligaments ; celle qui permettra d'atteindre le plus facilement ce but, est une légère flexion. C'est aussi celle que prennent instinctivement les malades. Les recherches expérimentales de M. Bonnet ont en outre démontré que lorsqu'elles deviennent le siège d'un épanchement , les articulations fléchissent légèrement même contre les lois de la pesanteur.

Lorsque les maladies articulaires marchent vers leur terminaison , si le chirurgien a lieu de craindre une ankylose, la position qui se trouve alors indiquée est celle qui sera la plus favorable aux fonctions du membre, ainsi que nous l'avons dit précédemment; mais il importe de ne pas attendre, pour ramener les surfaces osseuses à une semblable position, que les ligaments et toutes les parties fibreuses aient acquis une certaine rigidité; les tractions auxquelles il faudrait alors soumettre toutes ces parties pourraient devenir une cause d'inflammation et de douleur qu'il importe au plus haut point d'éviter; dès que l'état de flexion, dans lequel avait été placée l'articulation pendant la première période de la maladie, pourra être modifié sans ranimer les douleurs qu'il avait pour but de calmer, le chirurgien se laissera donc diriger, dans le choix de la position à donner au membre malade, par la perspective des suites probables de la maladie.

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