À. — SELON LE TERRAIN
a) Tuberculose par péché originel. — La dénomination de « tuberculose par péché originel », qui est la première variété envisagée dans l'étude de cet auteur, ne répond plus à une réalité. Kuss a établi que les enfants des tuberculeux ont seulement une hérédo-prédisposition. Cette hérédité est à La fois physique et morale et voici l’état mental de ces malades tel que l’a décrit Laignel-Lavastine : « Lymphatiques et féminins, ils sont paresseux comme par une prévision de leur nature vite fatiguée, doux et caressants comme par sentiment de leur faiblesse, voluptueux, d'une tendance plus cérébrale que médullaire, et pouvant s’éteindre dans des équivalents mystiques; distingués par rareté des gestes, efforts musculaires dont ils sont économes, sympathiques enfin. Leur intelligence précoce étonne par un antagonisme paradoxal entre l’activité musculaire nulle et l’intellectualité déliée. Le repos forcé nécessité par la maladie produit un état d'âme presque fatal ; l’activité diminue, l'affectivité augmente, l'intelligence s'élève, avec des oscillations variables selon la valeur de l'étincelle primitive, mais dans une orientation toujours à peu près la même, de besoin de rêve, d'amour et d'infini. »
(4) Laignel-Lavastine, La psychologie des tuberculeux, Revue de médecine, 10 mars 1907.
AS
b) Tuberculose par accident. — Dans ce cas, l’état mental de ces malades n’est que l'accentuation de leur état de santé, le développement de leurs tendances particulières ; une activité accrue se manifeste chez les uns, tandis que chez les autres la paresse se mue en nonchalance. Il n'y a rien de particulier à ces formes psychiques, si ce n’est souvent l'adjonction d'un peu de délicatesse ou de finesse et parfois d'optimisme.