‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 10 sur 206 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De V Asphyxie.

L'actiou de l'air dans la respiration est un des premiers phénomènes .qu'on ait examinés en physiologie, etTun des derniers que l'on ait étudiés avec fruit. La solution de cette question dépendait en grande partie d'une autre science qui n'a fourni cette lumière que dans des temps très-rapprochésdenous» Lorsque Priestley eut découvert le /gaz oxygène et sa, propriété de convertir le sang noir en sang rouge , et que Lavoisier eut jeté les fondemens de la nouvelle théorie chimique , Goodwin en fit l'application à l'asphyxie > et démontra, par des expériences exactes et combinées avec art , que l'ex-

clusion Je l'air, en empêchant la conversion du sang noir en sang ronge, causait la mort des animaux. Bichat feprit cet objet, et, sous le titre de Recherches sur la Vie et la Mort, fit un traité sur l'asphyxie. Il vit une grande partie de son sujet , et , par une belle suite d'expériences, chercha à déterminer le triple rapport du système nerveux, de la respiration et de là circulation. Il en conclut que le sang veineux, en pénétrant le cerveau , fait cesser ses fonctions , et qu'ensuite le cœur cesse d'agir par la même cause.

Legallois traita aussi de l'asphyxie dans l'ouvrage qu'il intitula : Recherches sur le principe de la vie , et fit voir que le sang veineux , en agissant sur la moelle épinière , faisait cesser les mouvemens du cœur.

11 est à remarquer que ces physiologistes firent leurs expériences , presque exclusivement , sur les animaux à sang cha^d. Cependant les phénomènes quQfïrent les* animaux à sang froid -méritaient une attention particulière. Spallanzani s'en était occupé dans ses Recherches sur les Rapports de Pair avec les êtres organises; ouvrage aussi remarquable par le nombre que par l'importance des faits. Les altérations que l'air éprouve de la part des organes susceptibles de le modifier était son objet principal , et les rapports entre les trois grandes fohetions sur lesquelles Bichat et Legallois ont tant insisté, avait peu fixé son attention; mais, à cette époque, la physiologie n'avait pas fait les progrès

Page 1