‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 104 sur 206 · CHAPITRE VTi XJÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VTi XJÏ

tensité de la chaleur précédente* Nous voyons déjà qu'ils ne diffèrent guère de quelques individus , parmi les animant à sang chaud nouveau nés , tels que de petits chiens qui peuvent vivre comme je l'ai dbservé ci-dessus, jusqu'à d * £4 ' > dans de l'éau également à 200. Maintenant, fifi au lieucle ce degré > oti porte Teàu à ta température de 4<A terme moyen de celle des animaux à sang chaud, les batraciens qu on y pi otage tie vivent? pës plus longtemps que les mammifères adultes, fl en est dcf même' des poissons > surtout de ceux des petites espèces; et la diflféfeftce pour lès autres n'est que de quelques minutes: Les lézards gris dans lés mêmes conditions ont vé*u à-peu^près o* 6'« On voit par là que là chaleur, soit produite soit extérieure, exerce une influence semblable sur la durée de la vie dans l'aSphyiie.- -

Relativement à L influence du froid, il est évi-

dent que nous rie*pouvofts pas obtenir des résultats aussi marqués dans les expériences comparatives sur les animaux à sang chaud' et les vetftébrés à sang froid. D'abord, les mammifères et les oiseaux , quel que soit leur âge , tie Supfxfrfent pas un aussi grand abaissements leurtëmpërature que les reptiles el les poissons ; eh second lieu 9 dans le cas d'un abaissement- égal de température, les anirtiâtrt à sang chaud ne peuvent pas, en général, persister long-temps dans cet état; condition la plus importante pour prolonger la durée de la vie dans l'asphyxie. C'est sous ce rap-

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port quje les vertébrés à sang froid différent cou* sidérablemeqt des animaux à sang chaud. Cependant s'il était! parmi les mammifères ou les oi*seauz , quelques espèces susceptibles de présenter les deux phénomènes suivans : i°* de subir un

.grand abaissement de température; a°j de vivre long-rtemps dans cet ^tat sous l'influence d'un air froid, il faudrait conclure , des rapports établis

.plus haut, que ces animaux à sapg chaud se rap*procheraïent beaucoup des reptiles et des pois*» sons, par la fucu)té de vivre long-temps sans le contact de .l'air. Or, nous savons qu'il existe de pareilles espèces i les mammifères hibemans. Il est facile de prévoir quelle sera à-peu-près la

.dyrée de leur vie> lorsqu'ils sont privés d'air par submersion dans l'eau en été» Rappelons - nous que , dans cette saison , ils ont «ne chaleur élevée,

.semblable à celle de beaucoup d'autres mammifères, et de plus, qu'ils ont étéjsoumis à l'influence

. de cette chaleur pendant toute la durée précédente

. de la belle' saison. Us seront donc dans des conditions qui déterminent la plus courte durée de la vie dans l'asphyxie.

J'ai asphyxié dans de Verni & ao° des chauves-souris, à une époque où elles n'étaient pas engourdies :

. elles ne vécurent que» de quatre à cinq minutes. Changeons maintenant les conditions de l'expérience ;. qu'une espèf e quelconque d'animaux hi-~ bernans ait subi le plus grand abaissement de température dont elle est susceptible; qu'elle ait vecu

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long-temps dans cet état sous l'influence d'un air froid, il est facile de prévoir que, participant alors de la manière de vivre des vertébrés à sang froid en hiver , elle présentera des phénomènes analogues dans la durée de la vie, lorsqu'elle sera privée d'air. Spallauzàni nous fournit des faits intcressans qui font voir la justesse de cette vue. 11 plaça 9 dans un récipient contenant de l'acide carbonique, à la température — 12% une marmotte profondément engourdie, et par conséquent dans les conditions que nous avons exposées plus haut* Elle n'y donnait aucun signe de malaise pendant toute la durée de l'expérience. Spallauzàni la retira au bout de 4b> sans qu'elle eût paru souffrit? de cette épreuve; et certes, elle y aurait vécu plus long-temps si on l'avait laissée dans le gaz. Remarquons, en outre, que ce gaz est très-délétère j qu'il n'agit pas seulement en privant 1 animal du contact de 1 air atmosphérique, mais aussi par une pcopriété qui tend à éteindre la vie, quoique quelques physiologistes aient pensé, d'après certains résultats d'expériences, qu'il n'est pas plus délétère que l'azote et l'hydrogène.

Les faits que je viens d'exposer prouvent évidemment que la température agit de là même manière sur tous les vertébrés pour augmenter ou J minuer la durée de la vie dans l'asphyxie. L'écaelie de température à laquelle ces observations *e rapportent est de p° à 4o° centigrades. Il est remarquable qu'à la limite supérieure il y ait si

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peu de différences dans le temps que les animaux peuvent vivre sans respirer. Ce n'est qu'à des degrés inférieurs que ces différences deviennent plas marquées, suivant les espèces, et d'autant plus que Ton approche davantage de la limite inférieure*

J'ai dit que ces différences dépendaient principalement de deux conditions, du degré d'abaissement de' température que les espèces peuvent supporter , et du temps pendant lequel elles peuvent persister dans cet état sous l'influence d'an air froid.

Le lecteur pensera peut-être que jerapporte toutes les variétés dans la durée de la vie , lorsque les animaux sont privés de la respiration , aux seules causes que je viens d'indiquer ; mais rien ne serait plus contraire à l'esprit de ces recherches. Dans les phénomènes de la vie, les causes qui les produisent et qui déterminent leur mesure sont toujours très-compliquées. Il me suffit d'avoir démontré que la température exerce, sur ce phénomène de la vie, une influence commune h tous les vertébrés , et d'avoir déterminé le sens dans lequel elle agit. D'autres causes , sans doute, comme celles qui dépendent de l'organisation, etc., concourent à modifier la durée de la vie, lorsque les animaux sont privés d'air; mais la recherche de toutes ces causes , en supposant qu'on puisse les déterminer, n'entre pas dans le plan de cet ouvrage.

fiaris le cas où un vertébi^est entièrement privé du contact de l'air* quelles sont les principales fonctions qui s'exercent dans ce mode d'existence, et quelle est leur influence? On sait qtie l'air at-» mosphérique , en agissant sur les organes respiratoires > donne au sang une qualité particulière que l'on reconnaît a sa couleur tertneille> et qu on désigne ordinairement sous le nom de sang artériel. Le sang privé de cette influence de 1 W prend une couleur* sombre; à cause démette nuance, on Ta souvent appelé saitg noir; Nous ne le distinguons avec d'autres physiologistes que sous le ûottl de sang veineux»

Lorsqu'on intercepte entièrement les rapports de Iair avec l'économie f comme dans la subtner* sioui la circulation continue; mais le sang qiii circule perd sa qualité artérielle* et devient bien-» tut du sang veineux. tJne autre fonction principale s* exerce en même temps : celle du système nerveux. Je ne m'occuperai que de celles que je tiens de nommer, puisqu'on est généralement (V accord pour regarder les autres comme leur étant subordonnées. Il s'agit de savoir si la circulation du sang devenu veineux contribue à l'entretien de la vie* On a vu dans le premier chapitre de cet ouvrage que cette question est décidée relativement aux reptiles* On peut se rappeler que je m'en suis assuré de la manière suivante : j'ai supprime la circulation sur un certain nombre de ba-, traciens; en excisant le cœur et le bulbe de l'aorte;

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j'ai laissé intacts d'autres individus de même es* pècej je plaçai les uns et les autres dans de l'eau non aérée à la même température. La différence, dans la durée de la vie était considérable , les salamandres dont la circulation était supprimée ne vivant que sept à huit heures, celles chez qui la circulation subsistait vivant trois fois plus long-temps.

La circulation du sang veineux contribne*t~eIIe à prolonger la vie des animaux à sang chaud lorsqu'ils sont alphyxiés? Cela est évident pour les jeunes mammifères. J'ai fait sur des chats des expériences analogues aux précédentes sur les reptiles. Les individus dont la circulation était supprimée par l'excision du cœur, et submergés dans de l'eau ne vivaient en général qu'un quart d'heure; d'autres que je laissais dans leur intégrité , plongés dans de l'eau à la même température, donnaient des signes de vie pendant environ une demi-heure (1).

On ne verrait pas facilement dans des expc-

(1) On peut-déduire un résultat analogue mais moins marque des expériences de Le Galois sur les lapins. Voyez le tableau de la durée des bâillemens et de celle de la sensibilité dans les lapins de difïérens âges, page 78 de son outrage. Après l'excision du cœur des lapins âgés d'un jour, les bâillemens duraient; terme moyen, oh 20'; dans l'asphyxie par submersion oh 27'. Il ne paraît pas avoir fait ces expérience* dans la vue que je me suis proposée : aussi ne tire-l-ii aucune conclusiou de celle différence ; et ne fait-il à cet égard aucune observation,

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