‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 103 sur 206 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De l'Asphyxie.

Nom avons vu, dans la troisième partie, que Le Gallois avait entrepris ses expériences sur l'asphy* xic des animaux & sang chaud nouveau nés , pour déterminer le temps qu'un foetus humain à ternie, séparé de sa mère, peut vivre sans respirer. Cependant, il ne fit aucune application & l'homme de ses nombreuses recherches ; c'est donc au leo» leur à e& faire, et d'après les résultats de ces expériences , il sert porté & croire qu'un enfant nouveau né , privé du contact de lVir, vivrait enriron une demi-rheure. "

Mais nous avons fait voir précédemment que les mammifères à leur naissance diffbrfent beaucoup eptre eux par la durée de la vie dans l'as<* phyiie, et se divisent, sous ce rapport < en deux groupes , les. un? vivant à-peu-près une demi** heure, les autres un bien plus court espace de temps, dont les limites > dans les expériences quo j'ai faite© , sont de cinq 'à onze minutes. Le Gallois avait bien reconnu' que le jetine cochon d'Inde ne Tivait cfuo peu de temps, lorsqu'on le privait cTaii? mais il ne nous donne aucun moyen dé jiigei4 apn proximativemènt deladurée delavie, empare i4cbs>

û6f. QUATRIÈME PARTIE.

d'un enfant né à terme. À en juger par sa faiblesse et par la longue dorée de cet état, il semblerait se rapprocher du genre de vitalité des jeunes chiens f des chats et des lapins, qui sont les es-* pcces qui peuvent se passer le plus long-temps de la présence de l'air j et Ton en conclurait, par ana^ logie, que l'enfant nouveau né vivrait de même «ma respirer environ une demi-heure. On serait d'autant plus porté à le croire, que le cochon d'Inde, qui vit si peu de temps lorsqu'il est privé d'air, nait avec la faculté de marcher et de pouiv voir à sa subsistance ; ce qui le rapproche siiw gulièrement de l'adulte.

Mais ce caractère induirait en erreur. Nous avons fait connaître, par des observations multipliées , Je rapport suivapt lequel les jeunes mammifères ont la faculté de vivre plus ou moins long-temps sans respirer. Ce mode de vitalité est intimement lié à la facilité de produire de la chaleur. C'est ici le cas dp rappeler la division que nous avons établie i cet égard entre les jeunes mammifères : i°. ceux qui produisent *i peu de chaleur qu'ils n'ont, pour ainsi dire, pas de température propre; a°. ceux qui en produisent assez pour conserver une température élevée , lorsque l'air n'est pas trop froid. Les premiers vivent le plus longrtejaps. dans l'asphyxie; les autres un court espace de tempe. I*e caractère extérieur qui sert à rapporter une es— pèce à l'un ou l'autre groupe, consiste, conrune pous IVon* reuprqué , daps )'ét#t de* yen*. Or,

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r enfant naît les yeux ouverts, et nous avons confirmé, par une multitude de preuves, qu'il appartient au groupe de ceux qui produisent le, plus, de chaleur. Il s'ensuit qu'il vivra aussi beaucoup moins de temps que les premiers lorsqu'il est privé du contact de l'air. Ce n'est quapproximati veinent que nous pouvons juger de cette durée. Bans les expériences que j'ai faites sur les jeunes mammifères qui naissent les yeux ouverts , elle a été de cinq à onze minutes.

Lorsque nous parlons de la durée de la via dans l'asphyxie, il est important de se rappeler que nous a en jugeons que par les signes extérieurs qui se ma* nifestent durant l'expérience. Ces signes consistent en des mouvemens volontaires ou involontaires. Lorsque F animal ne. donne plus de mouvemens spontanés , on cherche à en exciter en le pinçant. Dès que ce moyen est sans effet , on cesse l'expérience. Il existe encore des mouvemens intérieurs : le cœur continue abattre; mais comme on ne peut exciter des mouvemens apparens , et que l'animal n'en exécute pas spontanément, il tst alors dans l'état de mort apparente. Je ne traiterai pas ici de la durée de cet état, ni des conditions qui la déterminent ; c'est un ordre de phénomènes à pàift , . et qui exige des recherches particulières, que nous .réservons pour une autre occasion. Nous île noifc occuperons que des signes de vie qui se manifestent à l'extérieur durant l'as-* phyxie } et pour donner une idée précise des côn*

mènes qu'ils présentaient* Ce célèbre naturaliste a été induit en erreur par la facilité avec laquelle les petits chiens se sont rétablis. C'est que les mouvemens involontaires n'ayant pas cessé f la respiration a eu lieu de suite dans l'air; cependant l'un des individus qui avaient subi trois fois cette épreuve, mourut , non immédiatement après l'expérience > mais le même jour.

Il faut remarquer ici que les petits chiens peuvent donne* des signes de vie pendant plus d'une demi-heure , lorsqu'ils sont submergés. J'en ai va vivre sous l'eau pendant oh 54' } niais ce cas est rare. Si on les laissait dans l'e^u jusqu'au moment où ils ne donnent plus de mouvemens , soit d'euxmêmes, soit en les excitant, ils ne se rétabliraient plus par l'exposition à l'air; du moins je n'ai jamais eu l'occasion de l'observer ni sur eux ni sur d'autres espèces de mammifères: Je ne fais cette observation qu'en passant ; car elle se rapporte à la possibilité de rappeler à la vie après la mort apparente t sujet que je ne me suis pas propose de traiter ici. Je me contenterai d'observer que l'homme est dans une des conditions les plus favorables pour que l'exposition à l'air le ranime. Nées en parlerons ailleurs*

Par la description que j'ai donnée des phénomènes de la vie pendant la submersion , on jugera facilement si le moyeb proposé par Buflbn, dans le passage suivant, peut atteindre k bi\t

ctfAttThÊ vr*" a6g

qta'il s'était propose par la répétition de ce genre d'épreuves. '

m Je n'ai pas suivi , dît-il $ ces expériences plus loin; mais j'en fei assez tu pôiif être pferstiadé qae la respiration n'est pas aussi absolument né^ cessaire a l'animal nouveau né qu'à l'adulte , et qu'il serait peut-être passible, en s'y prenant avec précaution , d'efnpôcher de eetté feçoa le trou ovale de se fermer, et de faire, par ce moyen > d'excellens plongeurs et des espèces d'animaux amphibies, qtri TivraaeM également dans Pair et daus l'eau. » ' . » ' • *

Supposons que la répétition fréquente des submersions, à dater dé la naissance, paisse conserve*1 à l'adulte le même genre de vitalité qu'il avait dans l'enfance , par lequel il peut vivre un assez long espace -de temps sans respirer, il faut cependant, pour être bon plongeur, avoir l'usage des sens et des mouveinens volontaires ; or ; nous avons vu que les mammifères nouveau nés perdent ordinairement connaissance en trois ou quatre minutes, et qu'ils ont peu d'avantages à cet égard sur les adultes.

Je me suis souvent informé, auxëeôles de netation de Paris , du* temps que les meilleurs plongeurs peuvent passer sous Teau; j'ai appris *que le plus long espace est de trois. minutes; encore y a-t-il peu d'hommes en état de plonger aussi long-temps.

Quant à l'enfant, nous avons vu qu'à cause de

ijÙ QUATRIEME PARTIE:

sa grande prptl^qttoiX dp chaleur, il est «fanfc la classe de deux qui; à leur naissance, né vivraient que peu de temps lorsqu'ils sont submergés dans l'eau, eii faisant même abstraction de la différence des nrôuVemens. volontaires et involontaires; •

. La. c^alëuri, quelle soit ; produite 6U quelle sienaè du dfekttB»; a de* effets ôejnblaWes :sur ce tnotfc de vitalité; *»... . * .

Un est; pasde caractère physiologique tf&i distingué! phis éntinemment les, vertébrés à sang froid des animaux à sang chaud que .la grande dlfîéretf ce de da d&rée de leur Sic lorsqu'il» sont privés d'air; niais ee caractère dépend. moins de lent** rtâiurfe/qtw des conditions dans le&qiielfos ils sont /pitiés. Nous avons vu quedes hatracieua peuvntpmtttitdettf ou trot» jours dans de l'eau privée d'air; maiâ dans quelles circonstances? Cette longue durée de la vie dépend de. deux conditions extérieure*: i°^ que Tçau dans laquelle fissent plongés soit à aéro ou peu au-defcsas de éetermç; a^quela température de J air ait été, long-temps avant l'expérience, afun degré à^peuprte siemblûiley*pour que là constitution de ces animaux ait éprouvé unç modification dépendante de cette; longue durée du froid, ( Voyez première

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