‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 144 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

En réfléchissant sur ces faits/ on voit que Fac* tion de la lumière tend à développer les différentes parties du corps dans cette juste proportion qui constitue le type de l'espèce. Ce type n'est bien caractérisé que dans l'âge adulte. Les déviations en sont d'autan^ plus marquées que l'époque -est plus rapprochée de la naissance * et à tel point que certaines espèces , dont on ne verrait que de jeunes individus, seraient méconnaissables. S'il en était qui fussent dans des circonstances défavorables k leur développement ultérieur, on pourrait con-* cevoir des espèces toujours subsistant $ous un type très^différent de celui que la nature leur avait «destiné i vivant toujours avec le caractère propre au jeune âge. Le protée anguiforme parait être de ce nombre- Les faits que je viens d'expo-* ser sur l'influence de la lumière et de l'obscurité tendent à confirmer cette opinion. En eflfèt, le pro-» tée anguiforme vit daris les eaux souterraines de 1» Carniole» où l'absence de la lumière concourt» avec la basse température de ces lacs, à em-* pêcher le développement de la forme propre à l'adulte.

Le principe que nous avons déduit des expériences sur les animaux: notts conduit aux con-* sidératiuns suivantes > relatives k l'homme. Dans les climats où la nudité n'est pas incompatible avec la santé , l'exposition de toute la surface du corps k la lumière sera très^favorable à la conformation

Sgulière du corps ; cette application est confir-

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mée par nue observation de M. de Humboldt, dans son Voyage aux régions équinoxiales ( in-4°. Paris, i8i4> p. 471*) Voici comment il s'exprime eh. parlant des Chaymas : « Hommes et femmes ont le corps très-musculeux, mais charnu, à formes arrondies. Il est superflu d'ajouter que je n'ai tu aucun individu qui ait une difformité naturelle ; je dirai la même chose de tant de milliers de Caribes , de Muyscas, d'Indiens Mexicains et Péruviens y que nous avons observés pendant cinq ans. Ces difformités du corps , ces déviations, sont infiniment rares dons de certaines races d'hommes , surtout chez les peuples qui ont le système dermo'ide fortement coloré. Je ne puis croire qu'elles dépendent uniquement du progrès de la civilisation et de la mollesse de la vie, de la corruption des mœurs » Quelle que soit la multiplicité des causes qui peuvent y influer , nous ne Saurions douter que l'action de la lumière sur toute la pean n'y* contribue. D'autre part .nous devons aussi conclure que le défaut d'une liimière suffisante doit faire partie des causes extérieures qui produisent ces déviations de forme dans les parties' molles et dures chez les enfans affectes de scrophules : aussi cette conclusion est- elle appuyée par l'observation , que cette maladie se développe de préférence chez les enfans pauvres qui habitent des rues étroites et peu éclairées. Nous déduirons du même principe que, dans lc% cas où ces déviations

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de formes chez les en fans ne paraissent pa& incurables , l'insolation à l'air libre est un des moyens qui tefident à les ramener à ime bonne conformation. Les praticiens qui savent tirer parti de tous les moyens curatifs ne négligent pas celui-ci , en ayant soin d'éviter l'exposition à une lumière1 trop vive. Il est vrai que la lumière qui donne sur nos vêtemens n'agit que par sa chaleur, dont nous faisons ici abstraction ; mais les parties découvertes reçoivent l'influence propre de la lumière, et parmi ces parties, on aurait tort de regarder les yeux comme uniquement destinés à nous faire apercevoir leâ couleurs, les formes et les dimensions ; leur sensibilité exquise pour le fluide lumineux doit les rendre plus aptes que toutes les autres parties dit système, nerveux à transmettre cette action de la lumière qui influe sur toute l'économie* Il est évident que la lumière, en agissant sur les yeux; àé se borne pas uniquement aux sensations de la vision, puisque l'impression d'une lumière, mëiûe modérée, sur ces organes produit Pexacerbatiôn générale des symptômes dans plusieurs maladies aiguës.

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