‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 146 sur 206 · CHAPITRE XVf · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVf

verte des parties constituantes de l'air atmo-* sphérique, les proportions de l'oxigène et de l'azote n'étaient pas déterminées avec exactitude. Cette imperfection devait être une source d'erreurs dans les résultats ; mais, depuis le perfectionnement de l'analyse de l'air, les résultats n'en sont pas plus d'accord; il a fallu en chercher la cause ailleurs; dans le mode d'expérience, ou dans la nature des individus qu'on y soumet. Quant au procédé, jamais il n'imite parfaitement la respiration habituelle à l'air libre; il altère ou le rhythme de la respiration. ou la pureté de l'air inspiré. Delà, on conteste ou l'on adopte certains résultats, suivant que le procédé éloigne ou rapproche la respiration du mode naturel. Enfin, il peuty avoir une autre cause de différence qui se rapporterait aux individus. Celle-ci dépendrait delà nature. En ce cas , ce ne serait pas là faute del'expérimentateur. C'est à quoi on a le moins pensé ; car, à l'exception de Spallanzani et de M. dfe Homboldt,presque tous les expérimentateurs sesont exclusivement occupés de la respiration de l'homme, et de deux espèces de mammifères, le cochon d'Inde et la souris. Relativement à l'homme, il se présente d'autres difficultés que celles que j'ai déjà exposées r le volume de ses pouihotis renferme une grande quantité d'air avant et après l'expérience ; l'évaluation en est indispensable dans un très-grand nombre de cas; mais elle est tellement incertaine que les résultats qui en dépendent sont un sujet perpétuel de doute et de discussion^ '

^OÔ QUATRIÈME PARTIE:

Les expériences de Spallanzani embrassent presque toute l'échelle des êtres animée. L'étendue et la généralité de ses résultats , la sagacité et le talent de l'expérimentateur , devaient inspirer upe grande confiance; mais il a eu peud'înfluçnçç sur F opinion des physiologistes rekfivetuent aux altérations de l'air dans la respiration, soit parcç qu'il vécut à une époque où les proportions des parties constituantes de l'air atmosphérique n'étaient pas bien déterminées, soit parce qu'il ne fit pas d'expériences sur l'homme. Cependant , j'obsçryerai qu'un savant qui a contribué avec M, Qay-Lussac à établir les proportions exactes 4ç- l'oxigène et de l'azote , M. de Humboldt , dans ujo travail très-étendu qu'il a fait avec M. Provençal sur la respiration des poissons, a prouve .que cette classe de vertébré? ^Itéraient l'air de la même manière que Spallanzani l'avait indiqué pour les autres vertébréç* Vers le même temps, up autre savant, dont le nom lait époque dans l'histoire de la chimiç et de la physique, Davy, obtji^ ljea mêmes résultats sur l'homme et une espèce de mammifères. Les travaux successifs que je viens de citer semblaient devoir fixer les opinions ; mais MM. Allen et Pepys entreprirent de nouvelles recherches, et par les précautions qu'ils prirent , donnèrent une grande autorité à leurs résultats.

Suivant eux, la respiration* libre et naturelle se réduit aux dçux faits primitivenrent découverts ,

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la disparition d'une portion d'oxigène ' et la prodnction d'une quantité équivalente d'acide carbooique.

La respiration devenait ainsi d'une grande sitrtplicité : l'oxigène qui disparaît était exactement représenté par la quantité d'acide carbonique p de sorte que l'oxigène né semblait jouer d'autre râle que d'entrer en Contact avec le sang des poumons , pour en briller une partie du carbone • et être expulsé aussitôt. De la, si Ton raisonna d'après les idées reçues, point d'oxigène absorbé et porté dans le torrent de la circulation , soit pdur y fermer de nouvelles combinaisons , soit pour y exciter et vivifier l'économie. L'azote ne paraissait pour rien dans les phénomènes de ta respirations Quelque exactitude qu'ils aient mise dans leurs expériences , il ne s'ensuit pas que leurs résultats soient constans. Ils n'ont opéré que. sur l'homme et une seule espèce de vertébrés , les cochons d'Inde. Nous retombons ainsi dans plusieurs causes d'incertitude que j'ai indiquées plus haut. Je ne voyais qu'un moyen d'en sortir : c'était d'avoir égard à toutes, et de varier les expériences de ma* nière à rendre les conclusions indépendantes de ces sources d'erreurs ; car il y en a toujours : il s'agit d'en évaluer l'influence par la combinaison des résultats , afin d'en dégager la vérité.

Je me suis donc proposé de multiplier les expériences, non-seulement sur des individus de même espèce, mais, ce qui jÊtait essentiel; d'y soumettre

des individus d'espèces différentes 9 prises dans lea trois classes de vertébrés à respiration aérienne j

De varier les conditions dépendantes de l'Age et des circonstances extérieures)

De diversifier le mode respiratoire depuis le degré le plus laborieux jusqu'à celui qui appro-i ehe le plus de l'état naturel;

D'établir un tel rapport entre la quantité d'air respiré et le volume des individus que la quantité et le volume de l'air restant dans les poumons ne put affecter sensiblement les résultats ;

De faire .une attention scrupuleuse aux mesures, et d'apprécier jusqu'à quel point les erreurs qui en sont inséparables peuvent affecter les conclurions (0'

Comme aucun procédé ne laisse la respiration absolument dans l'état naturel , il était essentiel

(i ) Il y a deux méthodes par lesquelles on peut rapprocher également le procédé respiratoire du mode naturel. Par la première, on renouvelle et Ton recueille l'air respiré comme l'ont fait MM. Allen et Papys-) mais il faut remarquer qu'on ne renouvelle jamais assez promj>tement l'air pour qu'il so^t aussi pur que l'air libre > par la seconde , on peut parvenir au même résultat en faisant séjourner l'animal pendant un court espace de temps dans une grande quantité d'air relativement è son volume.

J'ai choisi celle-ci , parce qu'elle permet l'appareil le pins simple; oe qui est un point très- important sous bien de» rapports, et surtout lorsqu'on se propose de multiplier beaucoup les expériences.

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