CHAPITRE XVI
fonctions relatives à l'azote dans l'acte de la respiration : par Tune, il exhale de l'azote; par l'autre , il en absorbe ; que l'exhalation de 1 azote est une fonction constante dans quelque gaz qu'il respire, jusqu'à ce que la source de l'azote dans l'économie animale soit tarie; que l'absorption est également une fonction constante, mais, ce qui est évident, c'est qu'elle ne peut s'exercer relativement à l'azote que lorsqu'il y en a dans l'air respiré, comme dans l'air atmosphérique; que pour m'assurer si en effet les deux fonctions s'exerçaient à la fois, je m'étais proposé de faire respirer des animaux dans un air factice composé d'oxigène et d'hydrogène, dans des proportions telles que l'hydrogène représentât l'azote dans l'air atmosphérique* Dans ce cas, il devait résulter une exhalation manifeste d'azote dans une proportion considérable , parce que l'animal me trouvant pas d'azote dans l'air factice; aucune absorption de ce gaz ne pouvait masquer les effets de l'exhalation; d'autre part, au lieu d'azote* il devait absorber de l'hydrogène, puisqu'il existait en grande proportion dans le gaz respiré * J'avais renoncé pour le moment à donner suite à ce projet d'expériences, parce que j'avais trouvé dans les travaux de MM, Allen et Pepys sur la respiration, une .expérience de cette espèce faite avec tous .les soins nécessaires pour en assurer l'exactitude, mais qui n'avait pas été faite dans cette vue.
464 çtjmiÈiife i^tie.
C est , en effet * ce qui résulte de l'expérience de MM. Allen et Pepys j et quoiqu'elle fût unique* je ne laissai pas de la regarder comme concluante * Cependant lorsque j'entrepris la série d'expériences sur l'exhalation de l'acide carbonique dans l'hydrogène qui fait le sujet de ce paragraphe, je saisi* l'occasion de vérifier le fait précédent , en analysant sous d'autres rapports qtie celui de l'acide Carbonique l'hydrogène respiré» Je n'en .parlerai que sommairement * ces faits étant relatifs à un sujet que j'ai déjà traité. Le résultat fut au-delà de mon attente : je trouvai dans l'hydrogène res^ pire une quantité considérable d'azote , dans une proportion au moins de cinq ou six pour cent , et quelquefois bien au-delà } de sorte que la quantité d'azote exhalée surpassait de beaucoup le Volume des animaux. L'absorption d'hydrogène n'était pas n^oins considérable.
Après m'en être assuré par moi-même, je ré* pétai une série d'expériences semblables avec M» Barruel f préparateur de chimie de la Faculté des Sciences. Nous lés fîmes sur des chats nouveau nes9 des grenouilles et des limaçons! avec le même résultat.
Je n'insisterai pas sut ces données # qui confirment celles sur lesquelles je me suis fondé précédemment } je dirai seulement qu'à cause de l'absorption d'hydrogène qui tend à égaler la quantité d'azote exhalée > il n'y a pas une grande différence dans le volume du gaz avant et après l'expérience.
mpîTHB ivt. 465
Reprenons les expériences dans l'hydrogène/ Nous avons constaté que les animaux y exhalent de l'acide carbonique. D'où vient ce gaz? Nous ne le voyons pas; ces expériences ne prouvent que le fait de l'exhalation , et non sa source.
L'exhalation de l'acide carbonique , quand un animal est placé dans l'hydrogène , peut s'interpréter de deux manières différentes.
On peut dire qu'il* provient du sang , source de toutes les sécrétions, de quelque manière qu'on envisage leur mécanisme ; ou Ton peut supposer qu'il provient uniquement de l'air dont les tissus seraient imprégnés.
Il est évident que cettç dernière interprétation est possible; mais je crois qu'il est également évident qu'une pareille explication n'est pas fort satisfaisante. Je place un animal dans l'hydrogène f et lorsque les conditions sont convenables , on le voit exécuter des mouvemens respiratoires avec la même ampleur et la même fréquence que s'il était dans l'aii* atmosphérique « Cet animal est un vertébré à respiration aérienne ; il inspire et expire alternativement le gaz dans lequel il est placé , comme si c'était de l'air atmosphérique; ce gaz se charge d'acide carbonique, et l'on doit croire que, lorsqu'il est dans l'hydrogène y il n'en produit pas de la marne manière que lorsqu'il est dans l'air atmosphérique ; que sa peau, qui en fournit aussi dans l'un et l'autre gaz > n'en fournit pas de la même manière; que ses tissus
sont imprégnés de ce gaz , qu'il dégage dès qu'il est en contact avec l'hydrogène ; mais que , placé dans de l'air atmosphérique, il le retient eh entier , et cependant qu'il produit une quantité plus ou moins équivalente de ce gaz par le contact de l'oxigène avec le sang & la surface du corps.
Je crois qu'il suffît d'exposer la conséquence de la seconde interprétation dû phénomène de l'exhalation de l'acide carbonique dans l'hydrogène pour qu'on répugne k l'admettre; et l'on sera, je pense , disposé à adopter l'autre explication si naturelle que lorsqu'un animal respire dans de l'hydrogène, et qu'il y exhale de l'acide carbonique , il le produit de la même manière que lorsqu'il respire dans l'air atmosphérique *
On ne fait aucune difficulté d'admettre que l'azote qui s'exhale dans l'hydrogène et dans l'air atmosphérique a la même origine : pourquoi ne ferait* on pas de même pour l'acide carbonique?
Nous conclurons que dans l'air atmosphérique , l'acide carbonique est dû à l'exhalation , et qu'il provient en tout ou en partie du sang. Nous Toi là arrivés aux sécrétions.
En rapportant l'acide carbonique expiré à un produit du sang , il se présente ici la question de savoir s'il s'en trouve de tout formé dans la circulation générale , ou s'il ne se produit que dans les poumons et la peau, d'où il s'exhalerait à mesure.
11 esl îles fails bien avérés qui prouvent qu'il