CHAPITRE II
heures 5o', et l'autre 6* i5' : ce qui est près du double de la plus grande durée obtenue dans les quarante-deux expériences précédentes. Ayant ensuite porté la température } zéro, et la maintenant à-peurprès à ce terme, j'y submergeai huit grenouilles, qui n'y moururent qu'au bout de & 7', et de 8* 18' : ce qui fait plus du triple du premier résultat.
On Toit donc que la plus grande durée de l'as* phyxie, dans l'eau à 16* ou 17% est plus que doublée dans l'eau à 10% et que même à la tempe-' rature de zéro , la durée peut être plus que triplée .
Puisque dans cette échelle, la durée de la vie des grenouilles a été inverse de la température , il était intéressanjt de déterminer quel serait Feffet des températures ascendantes, à partir de 17V L'air étant à 20°, je plongeai quatre grenouilles dans de l'eau aérée à 22° ; elles n'y vécurent que de soixante-dix & trente-cinq minutes.
On remarquera que ia plus longue et la^plug ecrarte durée sont à-peu-près la moitié des durées extrêmes dans les expériences précédentes, qui ont été faites à i5* ou à 170.
' Je submergeai ensuite trois grenouilles dans de f eau que j'avais portée à 32e , c'est-à-dire , à une température plus élevée de io° que dans Texpé^ rience précédente ; elles n'y vécurent que de trente* deux 2 douze minutes. Ainsi, en comparant le* plus grandes et les plus petites durées de l'asphyxie* Ma température de 5a0, aux lh&ites correspondante*
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de l'asphyxie -à a 2°, on verra que la durée de la vie a diminué à-pett-près de moitié dans l'une de ces limites , et de deux tiers dans l'autre.
En portant ensiy te la température . & 4^° > les grenouilles y trouvent, pour ainsi dire, une mort sabite. Dans dix expériences , elles y pnt vécu de quelques secondes à deux minutes.
Il est remarquable que la température à la* quelle les grenouilles cessent de vivre dans l'eau soit à-peu-près celle qui est naturelle aux animaux à sang chaud.
Si donc , dans une saison semblable à celle où j'ai &it mes expériences, on prend pour limites , d'une part, la température de l'eau à zéro, et, d'autre part, celle de l'eau à 4?% on verra que la vie des grenouilles qu'on y pUnge va toujours en diminuant avec l'élévation de température, jusqu'à ce qu'elles y meurent à 4a°-
Des effets aussi opposés, produits par des temperdures si voisines, méritent de fixer l'attention •
Une température près de o° est éminemment favorable à la vie des grenouilles plongées sous l'eau; mais que l'on ne croie pas qu'elles s'y engourdissent, et que ce soit la raison pour laquelle leur existence y est prolongée. Le degré de froid qui a lieu à o° ne les engourdit pas dans l'eau ; elles y sont moins agiles à cette température; mais elles y exercent des mouyemens volontaires, et j ouissent de l'usage de leurs sens.
A mesure que l'on éleva la température, on
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voit on petit nombre de degrés d'une chaleur tempérée, produire des décroissemens considérables dans l'existence de ces animaux. On voit aussi leur agilité augmenter, jusqu'à ce qu'enfin elle devienne très-grande au degré où la température leur est si promptement fatale.
Les crapauds , soumis aux mêmes expériences , m ont donné des résultats analogues. Les mêmes limites de température et les degrés intermédiaires produisent sur eux des effets à -peu- près semblables.
On pourrait être disposé à croire que, dans les climats, chauds , les batraciens vivent dans l'eau dont la température s'élèverait quelquefois à 4°* ou 42° - Mais en l'admettant, ce fait ne serait pas eu opposition avec les expériences que je viens de rapporter. Les circonstances seraient bien différentes. Dans un cas , les animaux ont la liberté de respirer ; dans l'autre , ils en sont privés. J'ai déterminé la température- à laquelle ils périssent lorsqu'ils sont plongés sous l'eau, et par conséquent, sans communication avec l'air de l'atmosphère; j'ai examiné l'influence de la température swr ces animaux asphyxiés dans l*eau, et non pas son action dans les cap où ils auraient la liberté de respirer. C'est une question différente, et que j'examinerai dans la suite, mais qui ne doit pas nous occuper maintenant
Je ferai la même remarque relativement à l'influence de la température opposée , c'est-a-dire,
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de l'eau à zéro, qui a été la plu» favorable à la vie des animaux qui y étaient plongés ; car on pourrait m'objeeter que ce n'est pas cette température de ]*eau qu'ils recherchent en hiver; mais il s'agit ici d'asphyxie , e* est-à-dire, de ce qui se passe hors du contact de Pair.
Je ferai voir, dans la suite, le rapport qu'il y a entre ces phénomènes et le genre de vie de ces animaux en hiver.
Quant aux différences que la température peut amener dans la quantité d'air contenu dans l'eau , j'en fois abstraction jusqu'à ce que j'examine, d'une manière spéciale, toute l'influence qui peut résulter de la présence ou de l'absence de l'air dans l'eau.
Dans les expériences que j'ai faitessur l' influence des diverses températures de l'eau , depuis o° jusqu'à 4a°, la température moyenne de l'air était de i4° ^ i5°; celle des grenouilles n'était supérieure à la température de l'atmosphère, au moment de l'expérience, que d'environ i°,5oua°.
On sait que c'est un caractère des animaux & sang froid de suivre les variations de température extérieure , et d'en différer très-peu. Or, on pour— rait me demander si les changemens brusques de température que j'ai fait subir à ces animaux , en les plongeant dans l'eau à des degrés élevés , ne sont pas plutôt la cause de leur mort que cette élévation même de température, puisque le plus haut degré de cette chaleur pourrait être regardé
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comme modéré , ne surpassant guère c#lwi de noire sang.
Cette question est importante , et exjgç qu'on [examine ici ; car elle ne tendrait à rien moins qu'à renverser des résultat* q*û doivent servir de base & d'antres travaux. Mais ces expériences mêmes prouvent le contraire; car si en passant subitement à des températures plus élevées, la, dorée de la* vie de ces animaux a été abségée, elle a, an contraire, été augmentée dap$ dea transitions également brusquçs dwft VécbaUe des» tendante.
Les transitions brusquçs ne sont doçu? p*s U casse des effets nuisibles des élévations de tempe- . rature , et c'est à l'augmentation de la chaleur (juilfaut principaleipent rappQrter ces effets. Mais de savoir si des transition? insensibles n'apporteraient pas des modifications dans ces résultats, est une question qui tient à l'influence de l'habitude sur les effets de la température. C'est un objet intéressant de recherches qui nous occupera plus, tard.
A peine avons-nous fait les premiers pas Aam les recherches expérimentales , en nous occupant d'une question en apparence de la plus grande simplicité , qu'il s'est présente une foule de considérations qui viennent la compliquer, telles que. l'influence du climat , la manière de vivre de ces animaux , l'action de l'air contenu dans l'eau , et ses rapports avec la chaleur , enfin l'effet de
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l'habitude. Il n'y a pas une seule de ces conditions qui ne renferme des élémens nombreux et corn-* pliqués, dont chacun n'exerce une influence particulière.
Pour pouvoir rapporter les effets à leurs causes , dans des expériences ou les conditions qui influent sur les résultats sont si compliquées , il faut , autant que possible , n'en faire varier qu'une seule , les autres restant les mêmes , et les combiner ensuite, à mesure qu'on avance dans l'appréciation de chaque condition.
C'est ainsi que j'ai considéré la température , en la fiiisant varier, tandis que toutes les autres conditions étaient, autant que possible, les mêmes.
Nous avons , par ce moyen , obtenu une échelle de température depuis o° jusqu'à 42% avec les durées correspondantes de la vie de ces animaux plongés dans l'eau. Dans cette série d'expériences , la température seule de l'eau a changé : tout d'ailleurs était semblable : même quantité d'eau aérée, même mode d'expérimenter, même température le jour de l'expérience, même saison. Or, en faisant les mêmes expériences, mais en ne variant qu'une de ces conditions , on ajoutera l'appréciation d'une nouvelle cause à celle qui a déjà été déterminée.