CHAPITRE H
moyenne a peu varié dans les deux saisons où j'ai bit ces expériences.
L'état hygrométrique de l'air est une autre condition qui modifie la vie. J'ai déjà fait voir la grande influence qu'il exerce sur les batraciens qui séjournent à l'air; mais on doit la regarder comme nulle lorsqu'il* peuvent habiter l'eau. Par une raison analogue , je ferai également abstraction des vents. Il ne nous reste donc de toutes les influences atmosphériques que nous avons énumérées que celle de la température; mais elle n'a pu agir sur les animaux pendant la durée de l'expérience; car ils étaient plongés dans de l'eau qui a été maintenue au même degré dans les deux saisons* La température actuelle de l'air ne pouvait donc pas avoir d'influence. Il n'en est pas de même de la température qui a précédé l'expérience pendant un certain espace de temps. Les eaux peu profondes que les grenouilles habitent ne tardent pas à suivre les températures de l'air, et i eu approcher plus ou moins. Ces animaux ont donc pu être modifiés par la température de la saison , un certain temps avant l'expérience. C'est sous ce point de vue que nous devons examiner ici les effets des saisons sur les batraciens. Les grenouilles soumises aux expériences du mois de juillet avaient été, durant le mois précédent, sous l'influence d'une température moyenne de l'air de i4°>&* Celles qui m'ontserviaumois de septembre avaient éprouve', pendant le mois d'août, l'effet d'une teui-
pérature moyenne de i5°,5, différence peu considérable. Aussi la durée de la vie de ces animaux , plongés dans l'eau au même degré , a peu différé dans les deux; mais les grenouilles que j'asphyxiai le 7 novembre, dans de l'eau au même degré que dans les autres expériences , avaient été soumises pendant le mois précédent à une plus basse température, dont la moyenne était de 7% 5. U en est résulté ce fait remarquable, que ces animaux ont pu vivre , dans cette saison , le double de ce qu'ils ont vécu en été dans de l'eau au même degré. En supposant ce résultat constant, et je le prouverai dans la suite , il s'est donc opéré un changement considérable dans la constitution de ces animaux p qui prolonge beaucoup leur existence dans F eau.
Si l'on pouvait attribuer cet effet k la température antérieure de l'air, on serait arrivé à apprécier un des élemens les plus importans dans l'influence des saisons.
Pour s'en assurer , il s'agit de déterminer si la durée de la vie de ces animaux suit toujours les changemens dans la température de l'air antérieure à l'expérience.
Le a5 novembre 1817, l'eau et l'air étant à 10% et la température moyenne de ce mois ayant été àpeu-près la même , je mtà cinq grenouilles dans de l'eau à ce degré. Dans cette circonstance, elles y vécurent de 5fc 10' à 1 1* 4°' : cc dernier terme étant environ le double de la durée de leur vie dans l'eau au même degré en été.