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CHAPITRE III

Fera, je n'ai jamais tu aucun mouvement de dégktkmn ; et en supposant qu'elle ait respire quelfoefois dans les momens où je ne l'observais pas, quelle influence a pu avoir sur la (vie quelques in- ^pîeatîens rares dans un si long espace de temps, Wsque Ton considère qu a l'air cet «aimai respire si fréquemment ? {Une expérience de AL de Ilumboldt est analogue à celle que je riens de rapporter, et en confirme le résultat. Ayant compté le nombre d'inspirations d'une grenouille dans Me quantité déterminée d'air atmosphérique , il y introduisit une mesure d'azote , et vit .aussitôt le nombre d'inspirations diminuer. Il augmenta successivement le nombre des mesures d'azote , et vit aussi le nomhre des inspirations diminuer graduellement; mais ni l'aeate, ni rbydrogène» ni l'acide carbonique n'agissent aussi <ptu0sam~ ment que l'eau your arrêter les inspirations, J'ai souvent observé des monveroens de déglutition «cbez les grenouittes plongées dans ces gaz. Spal- Umani l'avait déjà remarqué ; mais (dans les nombreuses expériences que j'ai foi tes sur l'asphyxie des grenouilles dans Peau aérée , il nem estairrvé que dans un très - petit nombre de cas de voir quelques mouvemens de déglutition., et jSpallanzani «a jamais eu l'occasion d'en observer*

Ces expériences pourraient être regarcLéestcoawae suffisantes pour constater que ce ji'est ipas au moyen des poumons que ees animaux ^reçoivent l'influence de l'air; mais ce fait me parut trop im-

portant pour ne pas le soumettre à un examen pi us approfondi. Si les grenouilles prolongent leur existence sous l'eau aérée en inspirant ce liquide , il faudrait au moins en trouver dans leurs poumons. Après en avoir laisse long-temps dans l'eau* je les ai retirées ; en usant de beaucoup de précautions, j'ai mis les poumons à découvert, et je n'y ai pas trouvé d'eau. Cette expérience, que j'ai fréquemment répétée, m'a toujours donné le même résultat. Spallanzani , qui a ouvert un grand nombre de grenouilles après les avoir asphyxiées dans l'eau, n'a jamais trouvé d'eau dans leurs poumons.

Les grenouilles font un mouvement d'expiration en resserrant leurs flancs : or , si un petit nombre d'expirations suffisait pour vider leurs poumons , on pourrait supposer que lorsqu'on retire de l'eau une grenouille pour examiner ses poumons, elle aura eu le temps de les vider avant qu'on ait pu les mettre à nu; mais les observations suivantes prouvent le contraire. D'abord, lorsqu'on met une grenouille dans urt vase d'eau renversé sur une cuve, on ne tarde pas à voir quelques bulles d'air s'échapper de sa poitrine. Ces bulles se dégagent à difierens intervalles, et il faut souvent plusieurs heures pour qu'on ne trouve plus d'air dans les poumons. En second lieu, lorsqu'on tient une grenouille dans l'air , et qu'on lui ouvre les flancs avec précaution, pour ne pas léser les poumons, on y trouve toujours de l'air. Or, la douleur qu'elles

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épouyent alors, et les mouvemens qu'elles font, k suffisent pas pour expulser l'air dans cet espace de temps. Ainsi , l'air contenu dans l'eau n'agit point sur les poumons des grenouilles qui y séjournent. On ne peut donc rapporter son action qu'à la peau; car c'est le seul organe en contact avec ce liquide.

Mais comment l'eau aéréeagit-elle, en ce cas, sur la peau ? Est - ce comme sur les branchies des poissons? C'est ce que j'examinerai dans une autre occasion. Tout ce qui concerne les altérations que les organes font subir à l'air est étranger à ce travail.

Je dois donc me borner ici au fait que je viens de constater, que les grenouilles peuvent vivre plusieurs mois sous Feau aux dépens de l'air qui fi y trouve, et que la peau est l'organe qui reçoit l'influence de ce fluide. J'ajouterai seulement que pendant qu'elles vivent sous l'eau aérée, journellement renouvelée, on peut voir que les vaisseaux desmembranes placées entre les doigts contiennent oo sang vermeil.

S IV. Eau courante.

Dans l'expérience précédente, l'eau était en repos autour de la grenouille j mais- vivrait-elle submergée dans l'eau courante? Cette question semblerait peut-être oiseuse , si Spallanzani n'avait pas conclu de ses expériences qu'elles mouraient

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plutôt dans Peau courante que daqs l'eau stagnante des vases de son laboratoire.

JYi cherché à décider cette question de la manière suivante : le 6 novembre, je mis une gre- BouiHe dans un filet, ataquel j'avais suspendu un poids; je le jetai au fond delà Seine, dansun endroit où il y avait dix pieds d'eau ; je l'attachai ensuite & un bateau immobile* Le 1 1 du mêmemois, je retirai 4e filet, et je trouvai la grenouille vivante et en trèsbon état. Je la remis de suite dans l'eau, et, 1 ayant retirée le 17, je la trouvai également vivace. . Maïs à Ja même époque, des grenouilles plongées sous des verres contenant deux déciliiresd'eau aérée, et non renouvelée, ne vivaient que quelques heures.

Je pénsàis<que les salamandre* aquatsqitesétaient douées , ainsi que les grenouilles, de la feoulté de vivre sous l'eau aux dépens de l'air de oe liquide : -pour m'en assurer, je mis, le 6 décembre, une salamandre crétée dans dix litres d'eau d'Arcueil, en da tenant sous la surfltce au moyen d'un diaphragme de fil de fer, et en renoa vêlant l'eau tous les jours : elle y vécut jusqu'au mois de février. Je Os une expérience aeraMaltfc ïur la salamandre abdominale de M. Latreille ; elle vécut ainsi plus de six semaines, et périt en mêtae temps que la grenouille, l'eau n'ayant pas été renouvelée « Je remarquai, à l'égard de .ces deux espèoes de salamandres, que ni. l'une ni loutre ne «est engourdie dans l'eau à la température de

C1IAPITJIE m. Bj

S les salamandres aquatiques et les grenouilles oit la propriété de vivre sous l'eau aérée et eu juetité suffisante, an ne peut rien eu conclure, f*r analogie 9 en faveur du crapaud brun, qui est arc espèce terrestre. ,

Le 6 nevemJfrre 1*817, j'enfermai un crapaud dans on filet, auquel je suspendis un poids; je le coulai dans la Seine et l'attachai a un bateau immobile. Le crapaud vécut sous l'eau depuis cette époque jusqu'au 17 ; ae qui fait un espace de onze jours. Lorsqu'un mois après je retirai le filet, je n'aperçus que l'animal s'était échappé. Il est à remarquer qu'à la même époque, les crapauds qae je mettais dans deux décilitres d'eau aérée n'y tiraient que quelques heures.

L'expérience que je viens de rapporter suffit donc pour prouver que le crapaud commun jouit aussi de la faculté de 'vivre sous l'eau aux dépens

de l'air qu'aile renferma

§ V. Limites de ce genre de vie.

Après avoir déterminé que cette faculté appartint aux trois genres de batraciens que j'ai soumis à mes expériences , il importait de rechercher les conditions qui pouvaient influer sur ce genre dé fie.

C'est pourquoi il était nécessaire d'examiner si tes animaux jouiraient du même avantage dans d'autres saisons , et quelle serait l'influence de la température.

nouvelle l'eau tous*lcs jours, et quelle.se trouve entre o° et io° centigrades ; mais lorsqu'elle est à ce degré, ces animaux oat.de la peine à exister,.etpé rissent bientôt si lfi température arriveà 1 2°ou 14*

Ces effets de la température sont tyieo remarquables, et sopt plus frappans que ceux que nous avons exposés .dans le chapitre précédent* doul ils confirment les résultats. • ••

Dans les expériences que je viens de rapporter : les animaux étaient tenus dtas des vases don* on renouvelait l'qau toutes les wfcgt -quatre heures.

Mais éprouveraient-ils Je même eflVt delétèr* de cette faille élévation de tempériturc* . s'ils étaient te^us pçus l'eau des étangs et des riyiùres \ Lorsqu'ils y vivent en liberté, rieu.im les cdii pêche de venir à la surface quand re*U;eat,à<eU( • température.

Cependant si ces animaux y étaient retenus d« manière à ce qu'ils ne pussent monter à la surfaa pour respirer, succomberaient-Us ,à la menu température qui leur est si fotale dans . Ws vase aii je les ai soumis à l'expérience ? On pourrai d'abord croU$que les circonstancefrsont les mêmes parce que les quantités d eau , dans l'un et l'autr cas» sont indéfinies, puisqu'on Ja renouvelle dan ces vases; mais le renouvellement de ce liquide uneseqle ibis par jour, pourrait ne pas suffire au besoins de l'animal, tandis que, dans une rivière l'eau sç renouvelle constamment. Comme cet!

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