‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 32 sur 206 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

en ce cas? Puisque l'air est la première des conditions pour prolonger l'existence de ces animaux sos l'eau , on pourrait croire que l'élévation de température agit en diminuant la quantité de ce ftiide.

Mais la température qui est fatale aux grenouilles séjournant sous l'eau aérée et. souvent renouvelée, ne change point d'une manière mai> qnée les proportions de l'air contenu dans ce liquide. M. de Humboldt, dans le travail qu'il a fait avec M. Provençal sur la respiration des poissons, a constaté que l'eau de la Seine contenait sensiblement la même quantité d'air dans les diverses analyses qu'il en a faites, du mois de septembre au mois de février. Or , la température de la Seine, dans cet espace de temps, varie au moins deo* à 16 ou 170, température supérieure à celle où j'ai trouvé que le plus grand nombre de grenouilles périssait dans la Seine lorsqu'elles y étaient submergées.

Puisque la quantité d'air reste la même, et qu'il n'y a que le degré de la température qui varie, c'est à cette cause qu'il faut attribuer les résultats diflerens.

Les expériences rapportées dans le dernier chapitre s'accordent parfaitement avec celles que je viens d'exposer. J'ai prouvé précédemment que lorsqu'on submerge des grenouilles dans deux décilitres d'eau aérée , la durée de leur vie y est Sautant moindre, que la température s'élève da-

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vantage de o° à 42% terme où elles meurent presque subitement ; et que, dans toute l'étendue de cette échelle , un petit nombre de degrés suffisait pour produire une grande différence dans la durée de la vie de ces animaux. La température ascendante, à partir de o°, tend donc à abréger la via des grenouilles sous l'eau.

Je viens de faire voir que 1 air renfermé dans F eau a une influence contraire, qu'il tend à prolonger la vie des batraciens séjournant sous ce liquide , et que la durée de la vie de ces animaux augmente avec les quantités d'eau aérée. Lorsqu'ils se trouvent dans dix litres d'eau aérée qu'on renouvelle une fois par jour, et que la température est comprise entre o° et io°, la chaleur n'est pas assez élevée pour balancer l'effet vivifiant de l'air; mais lorsqu'elle est arrivée à io°et 12*, l'influence délétère de l'élévation de température l'emporte sur l'action vivifiante de l'air contenu dans l'eau, et les animaux y meurent, à moins qu'on n'augmente la quantité d'air. Or , on peut augmenter la quantité d'air en fournissant dans le même temps une plus grande quantité d'eau aérée : c'est pourquoi uqe partie des grenouilles qu'on met dans une eau courante résiste à la température qui leur serait fatale dans les vases dont l'eau n'est renouvelée qu'une fois par jour; mais l'influence du renouvellement de l'eau est très-bornée au-delà de certaines limites; car ce liquide, comme on sait, ne contient qu'une petite

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