CHAPITRE IT
de ces animaux vécurent de 7 à 8 heures; les qtatre autres moururent le lendemain. La tempentnre était & 210, comme dans les expériences avec Teau.
Je me suis proposé de déterminer Faction propre de l'huile sur la peau; et je me suis aperçu que cette substance n'était pas absolument inerte. Je mis des grenouilles comparativement dans des rares contenant deux décilitres d'huile et d'autres dans la même quantité d'eau , sans leur laisser la faculté de respirer : les grenouilles dans l'huile disaient des mouvemens extraordinaires, et même plusieurs efforts de vomissement; cependant elles vécurent sensiblement le même temps dans l'un et dans l'autre liquide.
Si, dans ces deux cas, au lieu de supprimer la respiration , on la laisse libre, comme dans les expériences que j'ai rapportées plus haut , la différence devient considérable. L'eau qui contient où absorbe un peu d'air a une tendance opposée à Faction irritante de l'huile , et la respiration pulmonaire, avec ce faible secours d'une part et ce léger obstacle de l'autre, se trouve alternativement en état ou hors d'état de suffire à l'entretien de la ne. Si donc on pouvait réduire ces animaux , dans leurs rapports avec l'atmosphère , à la seule respiration pulmonaire , ils se trouveraient , pour ainsi dire, sur les limites de la vie et de la mort. ,
Cest cette considération qui m'a engagé à rechercha s'il n'y aurait pas d'autres animaux de la
même famille à qui la respiration pulmonaire fAT insuflisante pour l'entretien de la vie, malgré le secours de la petite quantité d'air contenue dans l'eau.
Les rainettes sont des animaux de cette famille ; elles diffèrent des grenouilles et des crapauds par une petite pelote à l'extrémité des doigts, qui leur sert à grimper perpendiculairement sur les arbres, et même sur les murs lisses et unis.
L'espèce sur laquelle j'ai expérimenté est la plus commune en France. Pour la contenir et faciliter sa respiration, il a fallu employer plus de précautions que dans l'expérience précédente. Je me suis servi du même appareil, en fixant à l'échancrure de la rondelle un petit filet assez lâche pour pouvoir être tiré en haut par un crochet de fil de fer suspendu au bord du vase par un autre crochet. La rainette , mettant la tête sous le filet, respirait ainsi dans l'atmosphère sans pouvoir s'échapper de lfeau qui l'environnait. Je mis successivement en expérience huit de ces animaux dans l'espace de cinq jours; la température varia de 17* à ao°; il n'y avait dans chaque verre qu'environ deux centilitres d'eau, qu'on changeait toutes les vingt -quatre heures et même plusieurs fois par jour. Cependant ils n'ont pas vécu au-delà de trois à quatre jours.
Dans les diverses expériences que j'ai faites, l'e£» fet a été uniforme et constant. Il est donc évident que les rainettes ne peuvent vivre lorsque l'action
CÎIA*ITRE IV* 8l
de 1 atmosphère sur la peau esl supprimée quoiquelles jouissent de la respiration pulmonaire, Ctiie conclusion est d'autant plus juste que l'eau
a contact ayeeleur peau fournissait un peu d'air qti devait favoriser leur existence. La situation (bns laquelle on les avait mises ne pouvait avoir aucune influence nuisible sur elles; elles n'avaient étésoumises à aucune opération; quoiqu ellessoient des animaux terrestres , l'eau n'exerce pas sur elles une action délétère; et bien qu'elles se plaisent davantage sur la terre, elles ne laissent pas de frécpœater l'eau. Il est vrai cependant qu elles n'y séjournent pas , et l'on en voit maintenant la raison;
Cest que la respiration pulmonaire ne suffit pas pour entretenir la vie des rainettes dans, ses rapports avec l'atmosphère, et que son influence sur b peau est nécessaire pour qu'elles puissent exister dans les circonstances où je lésai placées.
D'autre* animaux de la même famille sont dans le même cas. La même expérience m'a réussi avec les crapauds accoucheurs, et l'on peut présumer que les autres batraciens, à qui la respiration pulmonaire parait suffire, dans les conditions rapportées plus haut, pourraient succomber en faisant une légère modification à l'e*pérîepç£.
Je mis dix-sept grenouilles dans un v*$e contenant 4,0 litres d'eau de Seine, en leur laissant 1& fcculté de respirer à la surface ; la température était la même que dans les expériences précédentes. Quatre jours après il en mourut sept.
J'ai répété cette expérience sur vingt grenouilles placées dans les mêmes circonstances , en ayant soin de renouveler les 4>° litres d'eau tous les jours : il en mourut neuf dans l'espace de trois jours; tandis que celles qui étaient mises comparativement dans des verres, avec deux décilitres d'eau , vivaient toutes. .
La différence tient à la profondeur de l'eau. Dans des verres, ces animaux, soutenus par le fond, respirent à volonté; dans les vases de 4>° litres, dont la profondeur est d'un pied, ils ont, à la vérité, la liberté de respirer , et se soutiennent un certain temps à la surface ; mais après avoir expulsé plus ou moins d'air de leurs poumons , leur gravité spécifique devenant alors prédominante , ils vont au fond du vase ; ils remontent et descendent ainsi alternativement , et cette légère modification de la respiration leur devient funeste. C'est que la respiration puliponaire, lors même qu'elle est continue , suffisant à peine pour l'entretien de la vie des grenouilles, devient insuffisante lorsque, éprouvant cette légère intermission , elle n'est pas soutenue par l'action d'une eau bien aérée sur la peau : c'est ce qui arrive dans ces vases. On conçoit donc comment, dans leur état de liberté , elles peuvent impunément interrompre la respiration pulmonaire et plus souvent* et plus long-temps en été, saison si défavorable à la prolongation de leur vie sous l'eau. C'est que l'eau aérée qui se renouvelle, ou qui est on quantité suffisante, comme dans les