‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 38 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

tion des poumons , et ont vécu sans cet organe no long espace de temps. La peau remplit donc te fonctions plus importantes que les poumons ; mais c'est la seule conséquence que Ton puisse tirer de ce genre d'expérience : il ne peut servir à éclairer la nature de la fonction. En effet , cet organe en remplit plusieurs parmi lesquelles on ne saurait reconnaître l'influence de l'atmosphère; mais on peut conserver cet organe, et le soumettre à des épreuves qui ne nuisent aucunement à ranimai.

Voici l'appareil que j'ai employé. Je plaçai une grenouille dans un verre contenant deux décilitres d'eau. Une rondelle de bois à fleur d'eau l'empêchait de sortir, et une échancrure qu'on y avait faite laissait à l'animal la liberté de respirer l'air de l'atmosphère. Le liquide , qu'il salissait en quelques heures y était changé tous les jours. La température était de 1 a0, et elle s'est soutenue à ilf dans les derniers temps de l'expérience. Cette grenouille vécut ainsi trois mois et demi sans autre nutrition que la petite quantité d'eau dans laquelle elle était plongée, qu'on renouvelait tous les jours; et , après une si longue existence , ce n'est pas au défaut du contact de l'air sur la peau que l'on peut attribuer sa mort, comme on te verra dans la suite.

Dans cette situation, il est évident que l'animai n'a d'autres rapports directs avec l'atmosphère que

par les poumons. Par l'intermédiaire de l'eau, il

rjS ' PREMIÈRE fAHTIX.

peut , à la vérité , recevoir Faction d'une petite quantité d'air contenu dans ce liquide, ou qui peut être absorbé dans le cours de l'expérience; mais nous avons vu, dans les recherches précédentes sur l'asphyxie, que lorsqu'on plonge ces animaux dans un même volume (0^,2) d'eau i aérée d'une part, et d'eau non aérée de l'autre, sans qu'ils puissent respirer à la surface, cette quantité d'air ne prolonge pas sensiblement leur existence.

Cependant l'influence de cette petite quantité d'air, dans l'expérience précédente, n'étant pas rigoureusement déterminée, il pourra rester quelques doutes dans l'esprit, si l'on veut conclure que la respiration pulmonaire est seule suffisante pour entretenir la vie de ces animaux. On est en droit de présumer que cette quantité , qu'on peut négliger dans d'autres circonstances, peut être utile dans celle-ci , et contribuer à l'entretien de la vie, en aidant l'action des poumons. Un secours, quelque faible qu'il paraisse en lui-même, pourrait, dans des cas extrêmes, devenir un auxiliaire utile.

L'huile serait un moyen suffisamment efficace pour intercepter l'air , si ce liquide était d'ailleurs exempt de reproche. Si on le substitue à l'eau dans des verres avec une rondelle, comme dans les expériences précédentes, où les animaux ont la liberté de respirer, ils meurent dans un court espace de temps.

Je fis cette expérience sur dix grenouilles : six

Page 1