CHAPITRÉ T. Ç
et une grande quantité de chaux vive , marquait le degré de sécheresse de l'air.
Toutefois , les effets de l'air calme desséché progressivement durant le cours de l'expérience , nont pas laissé d'être très-remarquables. Dans le même espace de temps , toutes les autres circonstances étant les mêmes, excepté l'état hygrométrique , la transpiration dans l'air sec a été de cinq à dix fois plus grande que dans l'humidité extrême, suivant le degré de la sécheresse et la durée de l'expérience (i).
Si l'on compare l'influence de l'état hygrométrique de l'air avec celle qui résulte de son mouvement , l'on voit que; l'agitation de l'air , pourvu que ce fluide ne soit pas à l'humidité extrême, peut augmenter la transpiration dans une aussi forte proportion que le ferait un air plus sec et calme.
§ Y. Effets de la température.
Aux effets du mouvement de l'air et de son état hygrométrique, il importe d'ajouter ceux de la température. Pour faire ressortir son influence, il fallait également , dans l'appréciation de cette cause, écarter les perturbations qui peuvent naître de l'influence irrégulière des autres.
Il importait donc de la rendre uniforme dans toutes les expériences sur la chaleur; il importait
(i) Voyez tab. io.
q6 première partie.
aussi de la réduire , autant que possible, au minimum de ses effets d'après les expériences précédentes. Cest pourquoi les expériences sur l'influence de la température ont été faites dans un air calme et saturé d'humidité.
J'ai comparé l'influence de la température sur la transpiration, entre o* et4o° centigrades, qui sont les limites compatibles avec la yie et à-peuprès celles que présente l'atmosphère* Il en résulte d'abord que l'influence de la température sur 'a transpiration , en réduisant les autres causes , autant que possible , à leur minimum d'action, produit cet effet général de tendre, par son élévation , & égaliser les pertes dans des temps égaux, ou, en d'autres termes , à diminuer le décaissement de la transpiration , sur lequel nous avons beaucoup insisté au commencement de ce chapitre.
A la limite supérieure, c'est-à-dire à 4o°, l'égalité de transpiration d'heure en heure a eu lieu à de petites différences près , qui ne paraissaient plus dépendre de la disposition au décroissement. Mais on ne peut compter sur ce phénomène que pendant un certain espace de temps, car, lorsqu'on approche du terme de la vie, le décroissement commence à devenir sensible, mais dans une trèspetite proportion.
Quant à l'influence relative des différens degrés de température sur la quantité de la transpiration, entre o° et 4o° cent. , elle est beaucoup moindre qu'on ne serait porté à le présumer çans. moyens
/ CHAMTRÈ V. gf
exacts d'observation. En effet , dans l'espace de cinq heures , la transpiration à' 20° > comparée à celle qui a lieu à 0% n'a guère été que deux fois fbs grande ; différence bien moindre que celle <pe nous avons obtenue par l'action des autres ciuses. De même, la quantité de transpiration qui résulte pendant un égal espace de temps de l'influence de 4°° y comparée à celle de o° , est sept fois plus grande, et dans le même rapport que les effets que nous ayons obtenus d'un air sec et calme, comparés à ceux d'un air humide (1).
(1) Voyez lab. il , 12 et i5.
g$ premiers partie;